CHAPITRE PREMIER
pour saper Thistoire soue la. chimère et pour agir par la violence, à contre-eens.de la nature, en délournant les peuples et les princes d'une puissante et naturelle confédération italienne.
Le comte Capponi rentra alors dans la retraits en faisant des voeux pour l'Italie sous toutes ses formes. Une cécité précoce condamna à l'inaclion de ce grand et généreux citoyen, que l'estime et la reconnaissance de sa patrie accompagnent jusque dans mt invalides du patriotisme. Puissent ces lignes lui apprendre que l'amitié survit au delà du bonheur et de la popularité pour les hommes dignes d'vtre aimés à tous les âgesl
l.a comtesse d'Albani m'accueillit avec une gracieuse bonté dans ce cercle étroit des nationaux et des étrangers qui venaient honorer dans sa personne moins la reine d'un empire évanoui que la souveraine légitime de la grâce et de l'asprit dans la conversotion. On ne pouvait s'empêcher de chercher encore sur sa figure douce, fine, intelligenle et passionnée, les traces de la beauté qui l'avait fait adorer dans un autre âge. On ne les y retrouvait que dans la physionomie, cette immobilité du visage. La nature flamande de sa carnation rappelait les portraits
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de Rubensplus que ceux des belles Italiennes du moyen &ge ; son corps s'était alourdi par la chair ; ses joue^', encore fraîches, donnaient trop de largeur à sa figure; mais réclat tempéré de ses beaux yeux lleus et le sourire fn^s-aF^cctueux de ses lèvres faisaient souvenir de l'attrait qu'ils devaient avoir à quinze ans. On ne s'étonnatt pas qu'elle eût été aimée pour ses charmes avant de l'être pour ses aventures et pour ses iiifortunes; c'était de la poésie encore, mais de la poésie survivant aux années, qui la surchargeaient de leur embonpoint sans l'effacer, parce qu'elle est de l'àme et non de la chair. Le feu doux de la passion mal éleinte illumine encore les traits où elle a resplendi. Le reflet de l'amour est l'illumination du visage jusque dans l'ombre des années.
Ma renommée de poète h peine éclos, ma qualité de diplomate français, l'accueil dont j'étais l'objet & la cour du souverain, monbonheur intérieur, la présence de mes meilleurs amis, le loisir réservé à la poésie de ma vie comme & celle de mes pensées, ma reconnaissance pour tous ces dons de la Providence et mon penchant à la contemplation pieuse qui s'est toujours accru en moi dans les moments heureux de mon existence, comme les parfums de