‹ Œuvres complètes de LamartineChapitre 23 sur 186 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

1& terre qui s'élèvent mieux sous les rayons du soleil que sous les frimas des mauvais climats, semblaiwit me promettre une félidté ealme dont je remerciais ma destinée , lorsqu'on événement étrange et inattendu vint changer da jour au lendemain cet i^réable état de mon âme en une sorte de proscription sociale qui se déclara soudainement contre moi, et qui me fit craindre un moment de voir ma carrière diplomatique coupée et abrégée au moins en Italie, ce pays du monde dont j'aimais le plus à me Taire une patrie d'adoption.

Voici cette bizarre et malheureuse péripétie de mon bonheur.

Peu de temps avant mon départ de France pour mon poste à Florence, le plus grand, selon moi, de tous les poêles modernes, était mort en Grèce, tout jeune encore et dans le seul acte généreux, désintéressé, héroïque, qu'il eût tenté jusque-là pour racheta par la vertu les excentricités et les juvénilités peu sensées et peu louables de sa vie. Je veux parler de lord Byron, ce proscrit volontaire de sa famille et de sa patrie, qui avut eu le courage , comme le Renaud du Tasse, de quitter mieux qu'Armide, pour Toler aux secours d'une ombre de peuple par amour pour rhumanité et pour ce que nous ^pelions alors ta gloire.

aUTB. COXHL. — ILI. 4

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SO PIOR D'ALIZA.

A Bon arrivée à Missolonghi avec de l'or et des a le ciel lui avait refmé l'occasion d'illustrer deux fois bod Dom de poète en y ajoutant le nom de héros* d'homme d'Ëtat et de libérateur de la Grèce. S'il vivait aujourd'hui, la Grèce, selon toute probabilité, ne chercherait pas d'autre roL

Lord ByroQ avait commencé sa réputation immortelle par ta publication d'un poëme en quatre chants, ou ptutdt d'une grande excentricité poétique, aussi originale et aussi vagabonde que son imagination, intitulée le Pèlerinage de Child Harold. C'était comme un lai de sirvenies, comme ime légende du moyen &ge, dont les seuls événements étaient ses impressions et ses amours, ses songes dans les difTérentes terres et dans les différentes mers qu'il avait parcourues.

Ce poème avait allumé Timi^nation de son temps k proportion du plus ou moins d'élément combustible que ces imaginations portaient en elles-mêmes. La mienne en avait été incendiée, et c'est une de ces impressions que l'^e, les vicissitudes prosaïques de l'existence n'ont pas affaiblies en moi. Les morsures du charbon sacré ne se cicatrisent pas dans le cœur des poètes.

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