‹ Œuvres complètes de LamartineChapitre 26 sur 186 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Lance, au retour des nuils, des gerbee de clartés; La mer rougit des feux dans son sein reflétés; Et les vents agitant ce panache sublime.

Comme on pilier en feu d'un temple qui s'abtme, Font pencher enr Pœstum, jusqu'à l'aabe des jours, La colonne de feu, qui s'écroule toujours. A la sombre laeor de cet immense phare, Harold longe les bords oili frémit le Ténare ; Où l'Elysée antique, en un désert changé, Étalant les débris de son sol ravagé, Du céleste séjour dont il ofiTmit l'image Semble avoir conservé les astres sans nuage.

Mais là, près de la tombe on le grand cygne dort, Le vaisseau, tout à coup, tourne sa poupe au bord. Fuyant de vague en vague, Harold, avec Iristesse, Toit sous les flots brillants la rive qui s'abaisse ; BîentAt son œil confond l'océan et les cieuz ; Kt ces bords immortels, disparus h ses yeux, Semblant s'évanouir en de vagues nuages, Comme un nom qui se perd dans le lointain des âges.

« Italie 1 Italie I adieu, bords que j'aimais !

Mes yeux désenchantés te perdent pour jamais [

terre du passé, que faire en tes collines?

Onaod on a mesuré tes arcs et tes ruines,

Et fouillé quelques noms dans l'urne de la mort,

On se retourne en vain vers les vivants : tout dort.

Tout, jusqu'aux souvenirs de ton antique histoire,

Qui te feraient du moins rougir devant ta gloirel

Tout dort, et cependant l'univers est debout 1

Par le siècle emporté tout marche, ailleurs, partout t

Le Scylhe et le Breton, de leurs climats sauvages

Par le bruit de ton nom gnidés vers tes rivf^^.

Jetant sur tes cités un regard de mépris,

Ne t'aperçoivent pins dans tes propres débris.

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Et, mesurant de l'œil tes arches colossalee,

Tes temples, tes palais, tes portes triomphales.

Arec uD rire amer demandent vainement

Pour qui l'immensité d'un pareil monument.

Si l'un attend qu'ici quelque antre César passe.

Ou si l'ombre d'un peuple occnpe tant d'espace?

Et ta sooffres sans honte un affront si tanglantl

Qne dis-jfl? ta souris au barbnre insolenl;

Tu lui vends les rayons de ton astre qu'il aime ;

Avec un l&che orgueil, tu lui montres loi-méme

Ton sol partout empreint de tes nombrenx héros.

Ces vieux murs où leurs noms roulent en vains échos.

Ces marbre» mutilés par le fer du haiitare.

Ces bustes avec qui son oi^ueil te compare.

Et de ces champs féconds les trésors superflus,

Et ce ciel qui t'éclaire et ne te connaît plus !

Rougis!... Mais non : briguant une gloire Frivole,

Triomphe I On chante encore au pied du Capitole.

A la place du fer, ce sceptre des Romains,

La Ijre et le pinceau chargent tes faibles mains ;

Tu saie assaisonner des voluptés perfides.

Donner des chants plus doux aux voix de tes Armides,

Animer les couleurs sous un pinceau vivant.

Ou, sous l'adroit burin de ton ciseau vivant ,

Prêter avec mollesse au marbre de Blanduse

Les traits de ces héros dont l'image t'accuse.

Ta langue, modulant des sons mélodieux,

A perdu t'ftprelé de tes rudes ateux ;

Douce comme an flatteur, fausse comme un esclave.

Tes fers «d ont usé l'accent nerveux et grave ;

Et, semblable au serpent, dont les nœuds assoni^is

Du sol fangeux qn'il couvre imitent tous les plis.

Façonnée à ramper par un long esclavage,

Elle se prostitue au plus servile usage,

Et, s'exhalent sans force en stériles accents,

Ne fait qu'amoUir l'Ame et caresser les sens.

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