‹ Œuvres complètes de LamartineChapitre 75 sur 186 · CHAPITRE QUATAIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATAIÈME

— Oh ! qut», dit-il, ils ont bien ea le cœor de coaper lespaoofweB qui rnootent innoeemnoeot de père en fila jusqu'à votre foyer t. .. ttélasl c'e^ trop vrai,, ajouta-t-il en levant les maias au ciel et en regardant Us feuilles mortes qui n'avaient plus ta furce de supporter te poids de kur& lourdes grappes flétries. Se peut-il que la ma%mlâ de& luHDmes aille jusque-là? Ail 1 que j'y ai passé de bons soir» à causer h. l'ombre, avec vos braves pères, en buvant une goutte du bon jus de vos ceps et en bénissant san Francisco des duis de Dieu pour Les cœurs âmple&l Mais à présent, continoa-t-il, je ne repasserai jamais là sans maudire la perversité des méchants!.. . Mais non, ajouta-t-il eu se reprenant, non, De maudissons personne, même ceux qui noua fout du naal; pla^nons^-les, an lieu de les haïr. La pitié est la charité des persécutés enrers les persécuteurs : c'est la seule vengeance qui plaît à Celui qui est là-haut. Prions pour eux ; n'est-ce pas plus malheureux d'être bourreau que d'être victime?

zed.yGOOg[e

PIOR D'ALIZA.

C'est ainsi qu'il nous consola, en prenant part, par ses larmes, è. la mort de notre treille, et qu'il tourna notre colère en miséricorde pour nos ennemis. Puis :

— Voyons donc, dit-il, ce fatal papier qui vous a dépossédés de rtiéritage des Zampognari, que j'ai toujours cru aussi k vous que ce rocher est à la montagne, ou que cette mousse est à ce rocher. Je suis bien vieux, j'ai plus de quatre-vingt-dix ans d'âge ; qui sait peut être si le bon Dieu ne m'a laissé vieillir ainsi inutile à moi et au monde, que pour rendre témoignage pour tes pauvres Zampognari contre quelques traits de plume de scribe, qui cherche des procès pour gagner son pain dans des paperasses, comme l'écureuil cherche la noisette dans la mousse en retournant les feuilles mortes? Donnez-moi ce papier : la première fois que j'irai encore à Lucqucs, je le ferai voir au professeur de droit Manzi, mon vieil ami.

Le père Hilario emporta le papier, et noua n'y pensâmes plus que pour pleurer notre vendange égrenée & terre ; les oiseaux du ciel eux-mêmes semblèrent la pleurer avec nous ; les passereaux, les grives, les colombes, les merles, quand ils s'aperçurent que les pampres noircissaient, que les feuilles tombaient en été comme après une

zed.yGOOg[e

Page 1