‹ Œuvres complètes de Laplace (volume 2)Chapitre 211 sur 295 · LIVRE IV. - CHAPITRE XVIIL · texte numérisé non relu

LIVRE IV. - CHAPITRE XVIIL

liquide, on trouve, par l'Analyse, que les intensités respectives de ces attractions, à égalité de volume, sont proportionnelles aux carrés des poids nécessaires pour détacher les disques du liquide. Quand la force attractive du disque sur le liquide surpasse celle du liquide sur luimême, l'expérience ne fait connaître que cette dernière force ; car alors une lame liquide adhère fortement à la surface inférieure du disque et forme un nouveau disque qui seul élève le liquide. Par cette raison tous les disques de même figure et de même grandeur, formés de diverses substances que l'eau mouille, telles que le verre, le marbre et les métaux, adhèrent également à la surface de ce liquide. Mais dans le cas où l'attraction du disque est plus petite, le frottement de ce liquide contre les disques et sa viscosité apportent de grandes différences dans les résultats des expériences sur leur adhésion à sa surface : c'est ce que M. Gay-Lussac a éprouvé dans celles qu'il a faites sur l'adhésion d'un disque de verre au mercure. Le maximum de cette adhésion est, par ce qui précède, à fort peu près proportionnel au sinus de la moitié de l'angle aigu que forme, avec la surface supérieure des parois d'un tube de verre qui plonge verticalement dans ce liquide, un plan tangent à la surface de ce liquide, à l'extrémité de la sphère d'activité sensible du tube ; or on sait, par l'observation journalière du baromètre, que cet angle peut augmenter considérablement lorsque le mercure descend avec une grande lenteur, le frottement du mercure contre les parois du tube et sa viscosité empêchant la descente des parties de ce liquide contiguès à ces parois. Les mêmes causes empêchent la colonne de mercure de se séparer du disque. €ette séparation n'a point lieu directement entre les deux surfaces du disque et du liquide, comme si le mercure formait une masse solide ; il faudrait alors employer une force incomparablement plus grande que celle qui la produit. Mais, en soulevant le disque, la colonne liquide commence a se détacher de ses bords ; ensuite elle se rétrécit de plus, en plus vers le milieu du disque, jusqu'au moment où elle le quitte. Le frottement du mercure contre la surface inférieure du disque et sa viscosité doivent donc empêcher cet effet et augmenter, comme dans la

descente du baromètre, Tangle aigu du contact de la surface du disque avec celle du mercure» et si, par l'extrême lenteur avec laquelle on ajoute les petits poids dans le plateau de la balance, toutes les molécules de la colonne liquide ont le temps de s'accommoder au nouvel état d'équilibre qui convient à cet angle, on conçoit que l'on peut considérablement accroître le poids nécessaire pour détacher le disque, de la surface du mercure.

L'attraction et la répulsion des petits corps qui nagent à la surface des liquides sont encore des phénomènes capillaires que l'on peut soumettre à l'Analyse. Imaginons deux plans parallèles formés de la même matière et plongeant verticalement par leurs extrémités inférieures dans un liquide indéfini ; supposons d'abord que ce liquide s'abaisse entre eux ; il est visible que cet abaissement à l'intérieur des plans sera plus considérable qu'à leur extérieur, et qu'il le sera d'autant plus que ces plans seront plus rapprochés. En vertu de celte différence, les plans seront évidemment pressés l'un vers l'autre par le liquide extérieur. Le même effet a lieu, si le liquide s'élève entre les plans. Pour le faire voir, concevons dails le liquide intérieur un canal infiniment étroit et vertical, qui passe par le point le plus bas de sa surface, et supposons que ce canal se recourbe horizontalement, pour aboutir à un point de la surface intérieure de l'un des plans plus élevé que le liquide extérieur. Ce point éprouvera d'abord la pression de l'atmosphère, ensuite celle du liquide contenu dans la branche verticale du canal. Mais ces pressions sont diminuées par l'action du ménisque liquide que retrancherait un plan tangent au point le plus bas de la surface du liquide à l'intérieur, et cette action fait équilibre au poids de la colonne entière du liquide contenu dans la branche verticale du canal en la supposant prolongée jusqu'à la surface de niveau du liquide indéfini ; le point intérieur du plan éprouvera donc une pression moindre que celle de l'atmosphère qui presse le point correspondant à l'extérieur ; cette différence de pression tend donc encore à rapprocher les deux plans. L'Analyse conduit à ce théorème : Soit que le liquide s'élève ou s'abaisse entre les plans, la pression que chaque plan éprow^e

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