‹ Œuvres complètes de Laplace (volume 4)Chapitre 41 sur 45 · YZ · texte numérisé non relu

YZ

1 e/Z dadl) d[Zd(ZdL)]

oTT/i dU ^djlJdU) ^d\J]d{TdL)'\

la question se réduit ainsi à déterminer h. Nous y sommes parvenu dans l'article XVIII où, y = x^{\ — a?)^, au moyen du beau théorème de M. Stirling sur la valeur du produit I.2.3...Z/, lorsque u esjt un très grand nombre; mais ce procédé est indirect, et il est naturel de penser qu'il existe une méthode pour déterminer directement h, quel que soit j^, et dont ce théorème est un corollaire : celle que je vais exposer m'a paru remplir cet objet de la manière la plus générale.

Puisque la valeur dey conduit, par la supposition, à une équation de cette forme j^cfcr = tLzdy^ on a

dx

en sorte que logj' est très grand et de l'ordre de -; d'ailleurs, a étani

la valeur de x correspondante au maximum dey, si l'on fait a? = a ^- G, et que l'on nomme A la plus grande valeur de y ou sa valeur lorsque 0 = o, on aura, en réduisant en série,

alog/ = alogA- Ô«(/-H/'Ô 4-/'ô«4-. . .),

le terme multiplié par 0 disparaissant, parce que l'équation â? = a ou 0 == o rend y un maximum. On aura ainsi

et

fydx = kfe''^'^^'''^-'de,

e étant le nombre dont le logarithme hyperbolique est l'unité. Soit

OU, ce qui revient au même,

logA — logy =z t'y on aura par la méthode du retour des suites

partant

de = J dl(h -^^ 2h('^ olU -h ^h^^^ (xl*-h , . .),

ce qui donne

fydx=zJAfe-'''dt{h-h2h('^Je-h3h(^)<xt^-h...) = k.

L'intégrale j ydx doit être prise depuis x = o jusqu'à a? = i; or, ^ étant nul, on a 7 = o et logj = — oo : donc /* = 00. Lorsque a: = a, on a 6 = o, partant / = o; d'ailleurs, lorsque 6 change de signe, / en change pareillement, en sorte que les valeurs de /, correspondantes à celles de x, depuis ^ = 0 jusqu'à a? = a, ont un signe différent de celles qui correspondent aux valeurs de a?, depuis a7 = a jusqu'à x=i\ or, j? étant^i, on a j^ = o, ce qui donne t^= 00; les valeurs de / s'étendent conséquemment depuis / = — oo jusqu'à / = oo. Dans ce cas, on a

parce que, t^"-*e~^* se changeant en — i^^^^e''' lorsque / est négatif, la somme de ces deux quantités est nulle; on a, par une raison semblable,

y*/"» e-*' dt = aft^'^e-^ di

(la seconde intégrale étant prise depuis ^ = o jusqu'à / = 00) ; or cette supposition donne

ft^'^e-^dt =z — -ft^'^'^e-'^dt;

pareillement

et ainsi de suite; donc

On aura ainsi

Âvrz 2a'A( A-h 1.3 a h 1.3.5 a' — j- -h 1.3.6.7 a* —5- -*-••• ) / e-^^dl.

Il ne s'agit donc plus que d'avoir l'intégrale fe^*dt depuis / = o jusqu'à / = «. Pour cela, considérons la double intégrale

et prenons-la depuis ^ = o jusqu'à ^ == oo et depuis // = o jusqu'à u = 'x>\ en l'intégrant d'abord par rapport à s, on aura

Or on a, comme on sait,

du TT

Tz étant le rapport de la demi-circonférence au rayon ; donc

jye-'^^-^^^^dsdum

Si l'on prend cette double intégrale d'abord par rapport à u, en fai sant uyjs =zt, elle deviendra / ^""'-7= / e~^*dt; soit / e-^'dt = B (l'intégrale étant prise depuis t = o jusqu'à / = 00), on aura

Or, en faisant s = s'^, on a

Ce-'y^ ife'^'ds^^ 2B

(l'intégrale étant prise depuis ^' = o jusqu'à f' = oo) ; donc

ff e-^i'^^^^ds du = 2B^='!^

d'où Ton tire B = ^v^, partant

(5) k=:A^an{h -hi.3 h i.3.5 — 5 h 1.0. 5. 7 — h. . . 1.

Si Ton met l'équation

logA — log/=r^*

sous cette forme

V logA — log^ on aura, pour déterminer les coefficients A, h^*\ h^^\ . . . de ia série

l'expression générale

,,x «""Ucn)- ^4^'-"'(iogA-iog.rP"^1

pourvu que l'on suppose d^ constant et 0 = o après les différentiations. [Voir sur cela les Mémoires de l'Académie pour l'année 1777, p. ii5(*).] Lorsque /i = o, on a

a*A = 6(logA-— log/) *; or

log^ = Io6A + ôi^H-il(^-^,)+...,

y^ dy, d^y, . . . , dans le second membre de cette équation, étant ce que deviennent ces quantités lorsqu'on y suppose 0 = o; cette supposition

donne

dy y^t, ei ^=0;

(1) Œuvres de Laplace, T. IX, p. 829.

on aura donc

Partant on aura à très peu près, lorsque a est très petit,

ou, ce qui revient au même.

(^) [Jydx^'^

l'intégrale fydx étant prise depuis x :^o jusqu'à ^ ~ i, et les quan-

tités y et ^-^ du second membre de cette équation étant ce qu'elles deviennent lorsqu'on y suppose x =^a.

En substituant a + 0 au lieu de x dans logj et en réduisant en série, la condition du maximum de j^ fait disparaître la première puissance de 0 dans cette série; mais cette condition peut, comme l'on sait, faire disparaître la première, la deuxième et la troisième puissance de 0 ou la première, la deuxième, la troisième, la quatrième et la cinquième puissance, et ainsi de suite, pourvu que le nombre des puissances qui disparaissent soit impair. Voyons cc.que devient alors l'intégrale fydx^ prise depuis x =^ o jusqu'à x = i .

Supposons que la première, la deuxième et la troisième puissance de 0 disparaissent, on aura pour alogr une suite de cette forme

alog7=^alogA-^^(/-h/'ô-h/^^'4-...);

donc, si l'on fait

OEuiret de L. - IX. 57

on aura

logA - \ogy — i^

et

e -- Jt{h "h h^^)Jt-h A(*)a*/*-l- A<'>a^/»-f- ah^'U^-h,, .),

d'où l'on tire

On prouvera, comme dans l'article précédent, que l'intégrale relative à / doit être prise depuis / -- -- oo jusqu'à / = «; or on a dans ce cas

et

l'intégrale du second membre étant prise depuis / = o jusqu'à / = oc. Si l'on y suppose ensuite n ~ 21, on aura

et, si /i = 21 -h I, on aura

en supposant donc

fe'^dt =C,

ft^e''*di C, on aura

aa

et il est aisé d'en conclure, par analogie, les valeurs de fydx dans le cas où la condition du maximum de v ferait disparaître un plus grand nombre de puissances de 0.

Tout se réduit donc à déterminer les valeurs de C et de C : nous

MÉMOIRE SUR LES PROBABILITÉS. k6i

observerons d'abord que, C étant connu, C le sera pareillement, car, si Ton prend la double intégrale /T^~''*^"*^û/irfw, depuis ^ = o jusqu'à s = ce et depuis u~ o jusqu'à u = cc, on aura, en intégrant d'abord par rapport à s.

Si l'on fait ensuite u\Js ^t, on aura

Soit s = s'\ et l'on aura

donc

ce qui donne

8Cv/2

Quant à la valeur de C, il ne m'a pas encore été possible, malgré plusieurs tentatives, de la ramener aux arcs de cercle ou aux logarithmes; mais j'ai trouvé qu'elle dépendait de la rectification de la courbe élastique rectangle ou, ce qui revient au même, de l'intégrale

/^ y prise depuis a? = o jusqu'à x = i\ si l'on désigne par tz' la valeur de cette intégrale, on a trouvé

Tt'^:: 1,31102877714605987 (*).

Cela posé, considérons la double intégrale /T^~*'^**^''*^fi&rfw, prise depuis 5 = 0 jusqu'à s'^ » et depuis w = o jusqu'à « = qo; en faisant

u yjs — /, elle deviendra

fe-s^^re-'^dt ou cA-'$.

( •) Foir le Traité de M. Stirling, De sommcuione et inierpolatione serierwn, p. 58.

Soit s — *'', et l'on aura

A-'' j. = ife-''ds'= aC.

partant

Supposons maintenant s^i-i-u* = s', et nous aurons

•'-^ J \J\->ru'"^ ^^ J s'x + u"

^> prise depuis u = o jusqu'à

M = X, on aura

QC«=iEv^7r,

ce qui donne

Si Ton fait — ^—. = ^\ on aura

/du _____ r ds

l'intégrale relative à s étant prise depuis s —\ jusqu'à 5 — o, en sorte que

l'intégrale relative à s étant prise depuis s ~ô jusqu'à 5 =: i . Considérons présentement la double intégrale / / — jy

prise (*) depuis x=^o jusqu'à a? = i et depuis s = o jusqu'à 5 = 1;

( * ) n faut sans doute comprendre que cette intégrale doit être étendue à toutes les valeurs positives de x et de z vérifiant l'inégalité

de sorte que, pour une valeur donnée de z, x varie de o à (i — z')^; x augmentant encore jusqu'à i, Télément différentiel deviendrait imaginaire.

{Note de Véditeur.)

en faisant -^ — ar', elle se changera dans celle-ci

ces intégrales étant prises depuis x' --o et 5 ™ o jusqu'à x' —i et 5 ~ i^ ce qui donne

/dz n ^ r dx -,

on aura donc

ttE

Si Ton fait ensuite — z\ on aura

or on a

r r dxdz __ rdx r dz'

/dx TT \J\ — x^ aV^

D'ailleurs, si l'on suppose i — 5'^ = /\ on aura

l'intégrale relative à / étant prise depuis t—.\ jusqu'à / = o; cette in tégrale est évidemment égale à — ir' : donc

r dz' ce qui donne

r r dxdz __ itn' __ ttE

partant

E=-7rV'2?

d'où Ton tire

C^ivVv^ et C'= ' ^

4 vV v^î

Pour appliquer la théorie précédente à quelques exemples, soit

en faisant /7 — - et y — -, on aura, dans le cas du maximum de j,

partant (art. XXIII)

et

«logA-.:^log(^)-+-Iog(-^);

on a d'ailleurs et, si Ton fait

on aura

« logj =:. ^log(-p3^^ - ô) -f. log(^— -f- ô) ; donc

logA -logj^-- ilog[i^ (i4-fx)0] - ^log(i ~ i:tJf 9)

(iH-fxVfiH-fx) (i4-fx)Mi — fx*) ^,^ (i4-fx)»(i-hfx») .

'ja/ji 3afx' 40CfA

d'où l'on tirera, en vertu de la formule (z) de l'article XXIII,

t/. V/2fxa

(i-+-fA)

La formule (s) de l'article XXIII donnera donc

. v/â«B/"' i. , a[(i + f*)'-i3fx] , I

(H-fx) «

ce qui est conforme à ce que nous avons trouvé dans l'article XVIII.

Si (JL — I, ou, ce qui revient au même, si p^q, on déterminera plus simplement de la manière suivante les coeflicients de la série en /, qui exprime la valeur de G; pour cela, on observera que, dans ce cas,

logA - logj r- - - log(i — 4^*) "-- 1\

ce

ce qui donne et

Soit

en prenant les différentielles logarithmiques des deux membres de cette équation et multipliant en croix, on aura

or on a

^-«'•=i-ar»+ — °LL^ 4 ....

Si l'on substitue cette valeur dans l'équation précédente, on aura entre les coefficients /, Z', /", T, . . . les équations suivantes

et généralement

o-iiil^^^ — (2i—3) h (2/— 6)

456 MÉMOIRE SUR LES PROBABILHe.^.

en continuant cette suite jusqu'à ce qu'on arrive au coefficient /. On déterminera donc facilement t, /", T, ... lorsque ce coefficient sera connu; or, si l'on néglige les puissances de / supérieures à l'unité» on a

donc l=[\ la formule {s) donnera ensuite, en observant que dans ce

cas A = -^ >

If* \ a îi* /

On a généralement

k— f xP(i-'xydx- . Ç f ;

la supposition Aq p = q donne

or le premier membre de cette équation est le terme moyen du binôme (i -f- 1)*''; on aura donc la valeur de ce terme par une suite très convergente, lorsque p est un très grand nombre. Si l'on compare la manière dont nous y sommes parvenu avec celles qu'ont employées MM. Stirling et Eulcr, le premier dans son Ouvrage De transformatione et interpolatione serieruniy et le second dans ses Institutions de Calcul différentiel, on trouvera, si je ne me trompe, que, indépendamment de sa généralité, elle a l'avantage d'être plus directe, en ce que les procédés de ces deux illustres auteurs supposent que l'on connaît d'avance l'expression, en facteurs, du rapport de la demi-circonférence au rayon, expression que Wallis a donnée; celui de M. Euler est, de plus, fondé sur la valeur en série du produit i . 2 . 3 . . .p, lorsque p est un grand nombre; cette valeur est encore très facile a déterminer par notre méthode. Pour cela, soit

y ~ xf*e

on aura, en intégrant depuis x = o jusqu'à x = 00,

JœPe~^ dx = pJxP~^ er^ dx,

d'où il est aisé de conclure

j xPe~'dx=ii .2.3. . ./?.

Le maximum à% y ^ lieu lorsque x =p^ ce qui donne p^e^P pour ce maximum; soient donc p = - et a: = — h 0, on aura

Si l'on fait

on aura

soit

log^' — \0%pPe-Pz=i ^ log(i 4- a9) — 0;

J jrdjc = pPe'Pj e* d9.

log(i -+- a9).— «0 = — a^S

9 = ' (a + h'Jt -h h'(xl*-h h'Jt*-h.. . ),

on trouvera

et Ton aura

e/9 = ^ (a -+- aA'a^/ 4- 3 A'a/» + . . .) ;

donc

f y dx = p^^'^ e-P f dt{h -h a/i'a^^ -h 3A'ût^«-4-. . .)«-*.

L'intégrale en x doit être prise depuis x = q jusqu'à a? = ao; or, ar étant

nul, on a 6 = — i, et par conséquent /* = ao; x étant égal à 00, on a

6 = oc, partant /* = oo; on doit donc prendre Tintégrafe relative à dt depuis / = — 00 jusqu'à / = oo, d'où l'on tire, par l'article XXIII,

Ç ydx=.p ^erP\Jn\h -hi.3 h 1.3.5 — 5 !-•..),

QEurret dt L, — • IX. 58

partant

i .2.3. . .p=: p ' e-'' v^^lr ( I H a 4-...).

Nous pourrions appliquer cette méthode à beaucoup d'autres exemples, et par là étendre et perfectionner la théorie des suites; mais cette digression nous écarterait trop de notre objet principal.

La méthode précédente donne une solution fort simple d'un problème intéressant, qu'il serait peut-être très difficile de résoudre par fl'autres méthodes : on a vu (art. XIX) que le rapport des naissances des garçons à celles des filles est sensiblement plus grand à Londres qu'à Paris ; cette différence semble indiquer à Londres une plus grande facilité pour la naissance des garçons : il s'agit de déterminer combien cela est probable.

Pour cela, soient

u la probabilité de la naissance d'un garçon à Paris;

p le nombre des naissances des garçons observées dans cette ville;

g celui des filles ;

u — xlsL possibilité de la naissance d'un garçon à Londres;

p' le nombre de naissances des garçons qu'on y a observées ;

g' celui des filles.

On aura, pour la probabilité de ce double événement,

H étant un coefBcient constant; donc, si Ton nomme P la probabilité que la naissance d'un garçon est moins possible à Londres qu'à Paris, on aura

ffuP(i — u)^{u — x)P' (i — a -t- xY dx du

l'intégrale du numérateur étant prise depuis u = o jusqu'à ii = a; el

depuis x = o jusqu'à x = i. Celle du dénominateur doit être prise pour toutes les valeurs possibles de a? et de m ; or, si Toïi fait u — x = s, ce dénominateur deviendra

ffuP{i — u)'isP'{i — sy du dSy

la double intégrale étant prise depuis ££ = o jusqu'à </ = i et depuis ^ = o jusqu'à 5 = I : on aura ainsi

ffuP{i — u)9{u^ x)P' (i — Il 4- xY' dx du fJ'uP{i'-u)'rsP'(i — s)9'dsdu

Déterminons d'abord l'intégrale du numérateur. En nommant^ la quantité

UPil— U)9{U-' X)P' (l — tt-h X)9\

on aura à très peu près, par la formule ([x) de l'article XXIII,

V au*

en substituant pour </, dans le second membre de cette équation, sa valeur en x, qui rend 7 un maximum; soit X cette valeur, on a

ày ^ (p q ^ £ ç' \

au \u i—a a — j? j — u-^xj

et

\u I — Il II — X I — u-\-x)'

ày(P 1

du

Si l'on substitue X au lieu de ii, on a, par la condition du maximum ^ = o, partant

du» ~-^LX« "^ (I- X)« "^ (X-a:)« "*" (,-X-4-^)«J'

d'où Ton tire

Jydu=:

(X — o?)* (I — X-ha?)«

X étant déterminé par Téquation

OU

o = X(i-X)[(/>-f-/^')(i-X)-(7 + 7')X] (O { 4.^j(^'H.^')X(i-X)-h(i-aX)[9X-/^(i~X)]j

Soit, pour abréger,

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