DE LA PRÉCESSION DES ÉQUINOXES
Notice historique des travaux des astronomes et des géomètres
sur cet objet.
1. La plus ancienne observation de la position sidérale des solstices ou des équinoxes remonte au commencement du xii^ siècle avant notre ère. Tcheou-Kong» qui gouvernait alors la Chine pendant la minorité de son neveu, fixa la position du solstice d'hiver à 2 degrés chinois de nUf constellation chinoise qui commençait par e du Verseau. Cette détermination, que Ton peut rapporter à Tan iioo avant notre ère, ne diflère pas de 92 minutes centésimales du résultat des formules du Livre YI, différence qui paraîtra bien petite si Ton considère Timperfection des moyens dont on pouvait alors faire usage pour obtenir un élément aussi délicat. La même tradition qui nous a transmis ce précieux résultat nous a pareillement transmis l'observation des ombres du gnomon aux solstices d'hiver et d'été, faite par le même prince. L'accord de l'obliquité de l'écliptique qu'elle donne pour cette époque avec les formules du Livre VI ne permet pas de révoquer en doute cette observation, regardée comme incontestable par le missionnaire Gaubil, l'homme le plus versé dans l'Astronomie chinoise, qu'il
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27fc MÉCANIQUE CÉLESTE.
avait approfondie pendant un long séjour à la Chine. Dans le v^ siècle avant notre ère, les astronomes chinois placèrent le solstice d'hiver au commencement de la constellation chinoise nieou, dont la première étoile était S du Capricorne. 11 est fort vraisemblable, dit le savant et judicieux Gaubil, que ces astronomes, en comparant cette position du solstice d'hiver avec celle que Tcheou-Kong lui avait assignée et qui leur était bien connue, remarquèrent le mouvement rétrograde des solstices par rapport aux étoiles; mais rien dans l'Astronomie des Égyptiens, des Chaldéens et des Grecs n'indique que ces peuples aient eu connaissance des observations chinoises. Il faut descendre de huit siècles depuis Tcheou-Kong pour avoir des observations de leurs astronomes sur la position sidérale des équinoxes. Aristille et Timocharis, premiers observateurs de l'école d'Alexandrie, déterminèrent la position de plusieurs étoiles par rapport à l'équinoxe du printemps, et ce fut en comparant leurs observations aux siennes qu'Hipparque reconnut le changement de la position équinoxiale des étoiles, changement que les Égyptiens et les Chaldéens paraissent avoir ignoré. Les périodes que les Chaldéens assignaient aux mouvements sidéraux du Soleil, de la Lune, de ses nœuds et de son périgée, périodes que Geminus et Ptolémée nous ont transmises, supposent une année sidérale de SGoPj, la même que l'année tropique admise généralement par les anciens astronomes; ils ne supposaient donc pas dans les étoiles un mouvement par rapport aux équinoxes. Ptolémée, qui pouvait mieux que nous connaître ce que l'on avait avant lui pensé sur cet objet, dit expressément qu'Hipparque soupçonna le premier ce mouvement, et qu'il y fut conduit uniquement par la comparaison de ses observations avec celles d'Aristille et de Timocharis. Hipparque reconnut que, depuis le temps de ces astronomes, les étoiles s'étaient avancées en longitude, comptée de l'équinoxe du printemps, de i degré sexagésimal par siècle, sans changer de latitude au-dessus de l'éclip tique, ce qu'il expliqua en faisant mouvoir la sphère des étoiles autour des pôles de l'écliptique. Ptolémée confirma par ses propres observations la découverte d'Hipparque ; mais, ayant conclu de ses ob-