‹ Œuvres complètes de LaplaceChapitre 70 sur 268 · LIVRE XIÏ · texte numérisé non relu

LIVRE XIÏ

En supposant P = P', R{u) sera proportionnel à (^; la fonction n(a} sera donc exprimée par le thermomètre d'un gaz maintenu a une pression constante.

Mais que doit-on entendre par la température m, et quelle est sa mesure? Il parait naturel de prendre pour cette mesure la densité même du calorique produit dans un espace par le rayonnement des corps environnants; alors n(a) devient w, et cette densité est mesurée par les degrés du thermomètre à air ou par (^. Pour i degré d'accroissement de température, en partant de la température de la glace fondante* s^ croît de 0,00375 y, suivant les expériences de M. Gay-Lussac, la valeur de ç k cette température étant exprimée par ç\ d'où il suit que la densité du calorique de l'espace dont la température est celle dé la glace fondante est représentée par 266°! .

Une supposition qu'il parait très-naturel d'admettre est que l'action du calorique d'une molécule des gaz sur le calorique d'une autre molécule ne dépend point de la nature de ces molécules, ce qui donne

Alors on a les équations suivantes, relatives au mélange d'un nombre quelconque de gaz, renfermé dans i litre, par exemple, mélange qui n'est dans un état stable d'équilibre qu'autant que chacune de ses plus petites portions contient les molécules des divers gaz en même rapport que le mélange total :

P=rfr(pCH-p'c'-+- p'^c" H- . . . ) ^

kpc (pe-4-p'c'-f-pV-}-. . .) z=^qpUy ( A ) [ kpc' [pc -f- p'c' -h pV H- . . . ) -^ q'9'u\

kp''c''[pc -h p'c' -+- p^c'''^- ,.,) — qYu\

P est la pression du mélange ; k est une constante dépendante de l'intensité de la force répulsive mutuelle des particules du calorique; c, c\ c", ... sont les quantités de chaleur contenues dans i gramme du premier gaz, du second, du troisième, etc.; p, p', p", ... sont les nombres de grammes de ces gaz dans i litre du mélange; u est la

température du mélange et, q^ q\ q'% . . . sont des constantes dépendantes de la nature de chaque gaz.

Les équations (A) donnent

on a donc

pc " qp' pc "^ qp'

pc -h p'c' -f- p'c'-k-. . . = (pç -f- pY -I- fq"-^ •••)"■

Ainsi, en faisant

p? + pY-+-pV-+----=(?)(p)' p-hp' -+-P'' -f-...= (p),

<i les équations (A) donneront

(5) P = Ar(p)aC»,

Ces équations sont les mêmes que les équations (2) et (3), relatives à un fluide simple. Elles reviennent à considérer comme molécule du fluide composé un groupe infiniment petit dans lequel les molécules des divers gaz entrent dans le même rapport que dans le mélange entier. C est le calorique contenu dans 1 gramme de ce mélange; (p) est le poids de i litre du mélange.

L'air atmosphérique est, comme on sait, composé de quatre difl*érents gaz, savoir Tazote, l'oxygène, la vapeur aqueuse et un peu d'acide carbonique; on peut donc appliquer à ce fluide composé les équations (5) et (6). On peut encore, dans les vibrations aériennes, considérer l'air comme formé de groupes pareils a ceux que je viens d'imaginer. A la vérité, chaque molécule d*un de ces groupes étant sollicitée par des forces difl'érentes, les molécules devraient, dans leurs mouvements, se séparer; mais les obstacles que les autres groupes opposent à cette séparation suffisent pour les retenir ensemble, en sorte que le centre de gravité de chaque groupe se meut comme si ces

Page 1