‹ Œuvres complètes de LaplaceChapitre 89 sur 268 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

u étant la température, que je représente ici par la densité du fluide discret produit par les rayonnements des divers corps renfermés dans un espace. Pour un autre gaz, on a

p' étant la densité de ce nouveau gaz. Suivant la loi de M. Gay-Lussac, la pression P restant la même, le rapport de p' à p reste le même, quelle que soit la température u; le rapport de <f{u) à ^{u) est donc constant, quel que soit u^ ce qui donne

q et q' étant des constantes et n(i/) étant une fonction queIconqu«' de u, commune a tous les gaz; alors on a

Désignons par R le rayonnement d'une molécule d*un gaz; ce rayonnement est égal à l'absorption du calorique discret de l'espace par la molécule, en vertu de l'équilibre de température, et cette absorption doit être supposée proportionnelle à u; on a donc

R=>, /étant une constante dépendante de la nature du gaz; donc

^ qiL[u) ^ 9U('')

Ainsi, en considérant le rayonnement comme produit par une force agissant sur le calorique c de la molécule proportionnellement à ce calorique, l'intensité de cette force sera proportionnelle à pcr; or pc est, par le n^ 6, proportionnel à la force répulsive du calorique du gaz; la force productrice du rayonnement est donc proportionnelle à cette force répulsive. La même chose a lieu relativement au mélange de plusieurs gaz, car, ce mélange étant supposé soumis à la même pression et à la même température que le gaz dont je viens de parler et que je

suppose entrer dans ce mélange, le rayonnement d'une molécule A de ce gaz sera le même dans ces deux cas. Lorsque le gaz est entré dans le mélange, les forces extérieures qui agissent sur la molécule, savoir la température et la force répulsive du calorique environnant, qui est

proportionnelle à pc-+-pV-h... ou à l/r' étant supposées les mêmes,

Tétat intérieur de la molécule A doit être encore le même; ainsi la chaleur libre c de la molécule, sa chaleur absolue c + 1 et son rayonnement R doivent être les mêmes dans le cas oii le gaz existait seul et dans le cas où il entre dans le mélange. On a donc encore dans ce dernier cas, comme dans le premier.

R-V^"vfr.,.---(P^-+-P'^' + - O^rrï

q\i[u) '^ ^^ '"' qn[u)

Le rayonnement est ainsi proportionnel à la force répulsive du calorique du mélange. Il est donc naturel de prenclre cette force répulsive pour la force même qui fait rayonner le calorique de la molécule. Otte force produit par son action l'état gazeux du fluide, sa pression P et le rayonnement R de ses molécules, en détachant les parcelles du calorique qu'elles tendent à retenir par leur attraction. Si, comme il est naturel de l'admettre, ce dernier effet ne dépend, comme le second, que du produit de cette force par le calorique c contenu dans

la molécule A, alors îi-r— : devient une constante. C'est d'ailleurs la mania)

nière la plus simple de concevoir que la fonction U{u) soit commune à

tous les gaz, et nous l'avons adoptée. On voit ainsi que les hypothèses

sur lesquelles ma théorie de la chaleur est fondée sont toutes indiquées

par les phénomènes.

TRAITÉ

DE

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