DEUXIÈME PARTIE
Telle est, mes frères, la maladie mortelle des âmes figurée par le sourd-muet de notre évangile. Le Médecin céleste nous en montre la gravité et le danger, lorsque, pouvant la guérir par une seule parole, il a voulu avoir recours à tant d'actes étranges et insolites, a Ayant pris cet homme à part hors de la foule, il lui mit les doigts dans les oreilles et de sa salive sur la langue, et levant les yeux au ciel, il poussa un soupir et dit : Ephpheta, c'est-à-dire, ouvrez-vous. » Chacune de ces actions a un sens, une signification mystérieuse. Mais ce qui étonne le plus tout d'abord, c'est que notre Seigneur « poussa un soupir. » Car il faut qu'il s'agisse d'un mal bien grave pour arracher un soupir au Tout- Puissant. Dieu éprouva quelque chose de semblable au commencement du monde, lorsque toute chair eut corrompu sa voie; « il fut, dit la sainte Ecriture, touché de douleur jusqu'au fond du cœur, » tactus dolore cordis intrinsecus. Gènes, vi, 6. De même le Sauveur, en voyant l'incroj'able aveuglement des Juifs et la ruine prochaine de la ville sainte et de la nation entière, pleura en disant : a Si tu avais connu, du moins en ce jour, etc. » C'est ainsi que notre Seigneur poussa du fond de sa poitrine un pro-
fond soupir à la vue de ce malade, figure des sourds-muets dans l'ordre de la grâce.
De quelle douleur ce gémissement fut l'expression, celui-là seul peut le comprendre qui connaît la charité de Jésus-Christ. En effet, la douleur naît de l'amour, et plus l'amour de la chose perdue est grand, plus la douleur est vive. Mais quelle éloquence serait capable d'exprimer tout l'amour des âmes renfermé dans l'âme de Jésus-Christ. Elle a pu dire comme l'Epouse du Cantique : « Il m'a introduit dans le cellier ; il a ordonné en moi la charité. » Introduxit me in cellam vinarimn, ordinavit in me charitatem. Cant. II, A. Une autre leçon porte : « 11 a mis sur moi l'étendard de l'amour, » posuit supra me vexillum amoris, c'est-à-dire, le Père céleste m'a placé dans l'Eglise comme le prince, le chef, le modèle le plus parfait de l'amour. Les soldats dans la bataille liennent les yeux attachés sur leur étendard. Ainsi quiconque aspire à la perfection de la charité, qu'il jette les yeux sur cet étendard de l'amour et sur le porte-étendard, qui invite tous les hommes à le suivre, en disant : « Mon commandement est que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés. » Hoc est pncceptujn meum, ut diligatis invicem, sicut dilexi vos. Joann. xv, 12. Suivez-moi donc, imitez ma charité ; je l'ai poussée jusqu'à donner ma vie pour le salut de mes amis et de mes ennemis. Ceux qui assiègent une forteresse, dès qu'ils l'ont prise , y plantent aussitôt leur étendard, annonçant par là qu'ils en sont les maîtres. Ainsi, lorsque l'àme très-sainte de Jésus-Christ confesse que l'étendard de l'amom^ a été mis sur elle, elle s'avoue vaincue par son ardente charité pour les hommes. Car, dans ce combat de l'amour, c'est le vaincu qui "remporte la palme. Et si vous voulez comprendre jusqu'à quel point a été vaincue l'âme du Sauveur, son incarnation, sa naissance à Bethléem, sa vie, sa passion, sa mort pour le salut des hommes le proclament avec éclat.
L'amour étant donc, comme nous l'avons dit plus haut, la cause de la douleur, où jamais a-t-on vu un tel amour de nos âmes qui ait produit une si grande douleur de leur perte? Nous lisons dans la vie de notre bienheureux père saint Dominique
398 SEliMONS POUR LE PROPRE DU TEMPS.
qu'il était consumé, comme une torclie, du zèle de ceux qui se perdaient. Si la charité de ce bienheureux Père était la cause d'une douleur si vive, quelle douleur ne produira pas la charité de Jésus-Christ, qui avait reçu la grâce sans mesure? Ajoutez que lui seul connaît pleinement la malice du péché, et que seul, par conséquent, il peut pousser un soupir qui réponde à cette malice. La raison en est facile à trouver. Comme l'homme, par le péché mortel, perd Dieu, et que Dieu est un bien incompréhensible, il s'ensuit que personne ne peut connaître la gravité d'un acte qui entraîne la perte d'un tel bien ; en d'autres termes, le mal qui nous prive d'un bien incompréhensible doit être luimême incompréhensible. Donc Dieu seul, qui se connaît pleinement, comprend la difformité et la malice du péché. Il n'est donc pas étonnant qu'il gémisse de la sorte le Médecin qui seul connaît la gravité de la maladie.
Il y a dans ce grand malheur quelque chose de plus. Nonseulement le pécheur perd Dieu, c'est-à-dire le bien souverain et infmi, mais il fait, d'un ami fidèle, un ennemi acharné. Au lieu d'avoir pour lui une charité paternelle et de le combler de ses bienfaits. Dieu l'abandonne, comme un ennemi, à tous les caprices de ia fortune, à tous les hasards de la vie. Le Prophète royal exprim^^dans un passage ces deux effets du péché : « Les yeux du Seigneur, dit-il, sont attachés sm' les justes, et ses oreilles sont ouvertes à leurs prières. Mais le Seigneur regarde d'un œil sévère ceux qui font le mal, pour exterminer leur mémoire de dessus la terre. » Oculi Domini super jus tos, et aures ejus inpreces eorum. Vultus autem Domini super facientes mala, utperdat de terra memoriam eorum. Ps. xxxui, 16, 47. Ainsi, Dieu est un ami pour les justes, un ennemi pour les pécheurs ; pour les uns un père, un juge pour les autres; pour les uns un bienfaiteur, pour les autres un adversaire; pour les uns, selon le langage de Moïse (Exod. ix), comme un aigle qui étend ses ailes et y porte ses petits ; pour les autres, selon la menace d'Osée, comme une lionne et un jeune lion. « J'irai, dit-il, j'irai moi-même prendre ma proie; je l'enlèverai, et personne ne me l'arrachera de mes mains. « Quoniam ego quasi lexna Ephraim, et quasi catulus leonis domui Juda; ego,
erjo capiam, et vadam; tollam, et non est gui eruat. Ose. v, 14. Quoi de plus malheureux que de déchoir de cette paternelle providence dont le Seigneur couvre ses amis, et de tomber sous cette justice sévère dont il poursuit ses ennemis?
Un autre mal suit de près, non moins déplorable et non moins teiTible : je veux dire la peine due au pécheur qui , par un acte impie et criminel, s'est détourné du bien infmi, immuable, pour s'attacher à un bien frivole et passager. Cette peine, d'après les lois très-équitables de la justice divine, est nécessairement infinie, puisqu'elle est imposée pour une offense à la Majesté infinie. Ajoutez le supplice du feu, qui tourmentera pendant toute l'éternité, non-seulement le corps, mais encore l'âme des damnés. Car après des milliers et des iiiilliers d'années , ces supplices recommenceront comme au premier jour.
Maintenant, mes frères, au nom de notre foi commune, au nom de votre salut, je vous prie et vous conjure de fixer un moment le regard de votre âme sur cette éternité, afin de l'éviter pour des années qui ne finiront point. Vous qui ne pouvez souffrir la faim pendant un seul jour, supporter pendant une seule nuit les ardeurs de la fièvre, et retournez sur votre couche votre corps malade sans fin et sans fruit, vous qu'impatiente le bourdonnement d'un moucheron où la morsure d'un insecte, comment pourrez-vous lutter avec des flammes éternelles? Les historiens du paganisme donnent les plus magnifiques louanges au courage et à la force invincible de Mucius Scsevola, parce qu'il tint un moment immobile son bras nu sur une torche enflammée. « Pour moi, dit Sénèque; je n'hésite pas à glorifier la main brûlée de Mucius au-dessus du bras victorieux des plus braves capitaines. Il resta debout, méprisant ses ennemis et les ravages du feu, contemplant sa main dévorée par la torche ardente, jusqu'à ce que le roi Porsenna, favorable au supplice, mais plus jaloux de la gloire, ordonna, au grand regret de la victime, de mettre fin à ses souffrances. » Je suis confus, mes frères , je suis confus de m'arrêter à de pareils exemples, d'avoir recours à de si chétives images pour vous donner une idée de si grandes choses. Mais , puisque l'antiquité païenne n'a rien de mieux à nous offrir, il faut
bien nous en contenter, et apprendre, comme on dit, à juger le lion par l'ongle. Si donc nous regardons comme un supplice épouvantable de tenir la main sur le feu quelques instants seulement, qui pourra décrire, qui pourra concevoir le supplice de l'enfer, où non-seulement la main, mais le corps tout entier sera livré aux flammes vengeresses, non pour un moment, mais pour toute l'éternité? Quelle intelligence serait capable d'apprécier un semblable tourment! Ce qui n'est circonscrit dans aucune limite du temps ne saurait être compris non plus par aucune intelligence créée. Seule la raison iucréée, seul le Fils de Dieu, qui connaît parfaitement l'étendue de ce tourment, nous en donne une idée par le soupir qu'il pousse dans notre évangile.
Que devons-nous donc faire, mes frères, nous qui croyons ces vérités de la foi la plus ferme, afin d'échapper à un si grand malheur? Rappelez-vous la pénitence des Ninivites. Jonas étant entré dans la ville, il se mit à crier à haute voix : « Encore quarante jours et Kinive sera détruite. » Adhuc quadraginta dies, et Ninive subvertetur. Jon, m, -4. A cette annonce la ville entière et les chefs eux-mêmes sont bouleversés. « Le roi se leva de son trône, quitta ses habits, se couvrit d'un sac, et s'assit sur la cendre. Il fit crier partout et publier dans Ninive, comme venant de la bouche du roi et de ses princes : Que les hommes, les chevaux, les bœufs et les brebis ne mangent rien; qu'on ne les mène point aux pâturages, et qu'ils ne boivent point d'eau. Que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs, et qu'ils crient au Seigneur de toute leur force. Que chacun se convertisse, qu'il quitte sa mauvaise voie et l'iniquité dont ses mains étaient souillées. Qui sait si Dieu ne se retom^nera point vers nous pour nous pardonner, s'il n'apaisera point sa fureur et sa colère, et s'il ne changera point l'arrêt qu'il a donné pour nous perdre *? »
* Et surrexit rex de solio suo, et abjecit veslimentam suum a se, et indiifiis est saccOj et sedit in cinere. Et clamavit et dixit in Ninive ex ore régis et priucipum ejas, dicens : Homines, et jimienta, etboves, et pecora non gustent quidquam, née pascaulur, et aquam non bibaut. Et operiantur saccis horaiues, et clament ad Dominuin in fortitudiue, et couverlatiir vir a via sua mala, ab iuiquitate quae est ia manibiis eorum. Quis scit si couvertatur et ignoscat T)eu5, et revertatiir a furore irce sua;, et uoû peribiaius?
Que de choses dignes d'admiration dans cette pénitence des Ninivites, auxquelles nous ne pouvons nous arrêter dans une courte instruction! Quelle épouvante, quel deuil^, quelle agitation de toute la ville, quelle pénitence que celle qui revêt de sacs et condamne au jeûne, non-seulement les hommes, mais encore les chevaux, les bœufs et les brebis ! Quel crime avaient commis ces innocents animaux pour prendre part à l'affliction universelle? Qui pourrait décrire la désolation de cette immense cité, où retentissaient à la fois et dans le même moment le bêlement des troupeaux, le mugissement des bœufs, les cris des animaux affamés, les voix confuses des enfants et des femmes? Quelle était la cause d'une si extraordinaire pénitence? Il n'y en avait pas d'autre que la crainte de la mort et l'attachement à la vie présente; une espérance, qui n'était rien moins que certaine, produisit cette tristesse, ce deuil public. « Qui sait, avait dit le roi, si Dieu ne se retournera point vers nous pour nous pardonner, et s'il ne changera point l'arrêt qu'il a donné pour nous perdre? » Eh bien 1 mes frères, si l'attachement à une vie si courte, si la crainte de la mort, qui vient en un moment, inspire aux hommes une si grande épouvante, que devons-nous faire, nous à qui la religion met devant les yeux la vie éternelle du ciel et la mort également éternelle de l'enfer? Y a-t-il une comparaison possible entre cette vie courte et misérable et la vie éternellement heureuse, entre la mort corporelle et cette mort éternelle, où les damnés ne cesseront pas, mais en vain, d'appeler la mort comme une déhvrance? Le fini peut-il se comparer à l'infini? Si donc les Ninivites, par amour pour la vie pi'ésente, par crainte de la mort, ont ainsi fait pénitence, quel motif bien plus puissant n'avonsnous pas de les imiter dans l'amour de la vie céleste, dans la crainte de la mort éternelle? Toutefois, le Seigneur n'exige pas de nous une semblable pénitence; ce qu'il nous demande, c'est que nous pleurions nos fautes, et que, les ayant pleurées, nous ne les commettions plus de nouveau. Par ce court et facile travail delà pénitence, nous pouvons, non-seulement éviter des tom'ments éternels, mais acquérir une félicité qui ne passera point. Quel homme assez insensé, assez ennemi de lui-même, refuse-
TOM. T. i^
rait de mettre la main à l'œuvre, et de mériter ainsi la délivrance de tant de maux, en même temps que la jouissance de si grands biens?
Quelle serait, je vous le demande, la conduite des damnés, si Dieu leur accordait le temps de faire pénitence, faveur que saint Jean Damascène, ainsi que saint Thomas, affirme avoir été accordée à l'empereur Trajan, grâce aux prières de saint Grégoire? Ce qu'ils feraient, je l'ignore; mais je veux vous dire ce que fit un saint ermite à qui Dieu, par une faveur exceptionnelle, donna de contempler les feux de l'enfer. Voici ce que raconte saint Grégoire au livre IV* de ses Dialogues (ch. xxxvi) : « La divine miséricorde, dit-il, permet quelquefois qu'un homme, après être sorti de cette vie , y revienne , et qu'ayant vu de près les tourments de l'enfer, il soit ainsi amené à redouter ce qu'il avait toujours refusé de croire. Un certain Iliricianus était mort d'une maladie avant de s'être retiré au désert. Mais, rendu aussitôt à la vie, il attestait avoir vu les supplices de l'enfer et les vastes espaces remplis par les flammes, au milieu desquelles, ajoutait-il, il avait reconnu des hommes autrefois grands dans le siècle. Comme on l'amenait lui-même pour y être plongé, un ange revêtu d'une robe éclatante empêcha d'exécuter la sentence, et lui dit ces paroles : Retourne sur la terre, et prends garde comment tu dois vivre désormais. Après quoi, la chaleur vitale étant revenue peu à peu dans ses membres, il s'éveilla du sommeil de la mort éternelle, et raconta tout ce qui lui était arrivé. Il se condamna dans la suite à des jeûnes si rigoureux et à des veilles si pénibles, qu'à défaut de ses paroles, sa vie pénitente aurait suffi pour attester qu'il avait vu le feu de l'enfer. » Cet exemple, mes frères, nous apprend ce que nous devons faire, nous qui admettons d'une foi inébranlable les supplices réservés aux méchants.
Mais, dira quelqu'un, cet ermite ne croyait pas seulement à ces peines, il les avait vues ; or, ce qu'on a vu soi-même fait sur l'âme une impression bien plus vive que ce qu'on nous a raconté. — Je l'accorde, quoique les vérités de la foi nous donnent une certitude plus grande que les vérités sensibles; car dans ce der-
ONZIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE, SKRM. I. 403 nier cas rillusion est possiljle, tandis qu'elle ne l'est pas dans le domaine de la foi, qui s'appuie sur la véracité divine. Toutefois, je veux mettre sous vos j^eux une image des feux de l'enfer qui pourra ébranler vos esprits (pour peu que vous sachiez réfléchir), plus que ne le ferait mon discours. Représentez-vous donc, mon frère, une fournaise où les pierres dissoutes par la chaleur deviennent de la chaux ; imaginez la terreur qui vous saisirait si l'on vous jetait au milieu de ce brasier, où vous perdriez en un instant la vie, et avec elle le sentiment de la douleur, et concevez quel supplice ce sera d'être tourmenté, sans pouvoir jamais mourir, non pas un moment, mais durant les siècles éternels, dans une fournaise beaucoup plus ardente que celle dont je viens de parler. Plaise à Dieu, mes frères, que vous, qui consumez dans l'oisiveté tant d'heures du jour, vous en consacriez au moins une à la considération de ce feu éternel ! Plaise à Dieu que, vous arrêtant au bord de cette fournaise, vous raisonniez ainsi en vous-mêmes : J'admets d'uue foi certaine ce que le dernier article du symbole me propose à croire, savoir : o Ceux qui auront fait le bien, iront à la vie éternelle; ceux qui auront fait le mal, au feu éternel. » Puis vient cette exclusion : « Telle est la foi catholique; celui qui ne l'admettra pas d'une foi- inébranlable ne pourra être sauvé. » Enfant de l'Eghse, cette foi est la mienne. Elle m'enseigne donc qu'il existe pour les méchants une fournaise beaucoup plus ardente, plus profonde et plus rigoureuse que toutes celles de la terre ; qu'ils y seront tourmentés non pas une heure, un jour, une année, des milliers d'années, mais éternellement, sans espoir de pardon, sans que leur supphce trouve ni terme, ni adoucissement. Une fournaise terrestre m'inspire une vive horreur ; je ne reculerais devant aucune fatigue pour éviter d'y être enfermé un seul moment, et quand il s'agit des flammes éternelles, de la fournaise de l'enfer, je n'éprouve aucune crainte, aucune frayeurl je ne tremble point dans mon corps et dans mon âmel 0 profondes ténèbres de l'esprit humain! ô épouvantable folie! ô démence incompréhensible, qui fait que des hommes menacés d'un tel dan- .uer rient, jouent et se livrent à la joie des festins ! Quel charme nous aveugle donc, quelle illusion nous ^gare, que nous refusions
de racheter par un court et léger travail ce qu'aucun supplice ne rachètera jamais? Les paroles manquent, la raison fait défaut pour expliquer un semblable aveuglement. Aussi ne faut-il pas nous étonner que le Sauveur Jésus, si zélé pour le salut des hommes, découvrant, sous l'image du sourd-muet de l'évangile, tant de pécheurs endurcis dans leurs crimes, et prévoyant la sentence que le souverain Juge portera contre eux, pousse un soupir du fond de son cœur, pour nous apprendre par son exemple à gémir sur nos fautes. La même charité qui le porta , à la vue de Jérusalem, à pleurer sur cette ville ingrate dont il apercevait la ruine dans un prochain avenir, et qui négligeait les jours de paix et de salut, lui arrache aujourd'hui un gémissement en présence du sourd-muet, qui lui rappelle la difformité du péché et la rigueur de la justice divine.