PROLOGUE DE L'AUTEUR
peu de bien quand ils Boni trop rares. En second lieu, lesprédiqts ae descendent pas pour L'ordinaire dans les particularités que noua venons d'indiquer, le plus souvent ils ne parlent des vertus que d'une manière générale ; et, il faut le reconnaître , la morale présentée ainsi sous un point de vue général, n'est pas d'un très-grand avantage. Ajoutons à cela qu'il y a beaucoup de sermons plutôt faits pour exercer la patience des auditeurs que pour les édifier et les instruire.
D'autres «liront que la lecture des bons livres peut devenir une source de désaffection et d'éloignement pour les instructions de l'Eglise. Mais il est bien aisé de répondre que la saine doctrine renfermée dans les livres, loin de nous faire mépriser la parole de Dieu, nous apprend à l'estimer chaque jour davantage. Et si quelqu'un pouvait de là concevoir un tel mépris , ce serait la faute de son orgueil, et non celle du livre qui lui fournit cette bonne doctrine. Or, parce qu'il y aurait quelques orgueilleux dans le monde, faut-il priver le grand nombre du bien qu'on doit trouver dans les bonnes lectures.
J'entends objecter aussi que de telles lectures ont pour effet de jeter certaines personnes dans les exercices de la spiritualité , à tel point que ce goût leur fait négliger le gouvernement de leurs maisons, celui de leurs familles, et les devoirs qu'elles ont à remplir à l'égard de leurs maris ou de leurs pères. Mais je réponds à cela que rien ne condamne plus hautement un semblable désordre que ne le fait la doctrine des bons livres; car nous y voyons à chaque instant que les choses d'obligation doivent passer avant cehVs il- dévotion, que le précepte l'emporte sur le conseil, les devoirs oécessaires sur les actions laissées à notre libre volonté , ce que Dieu commande sur ce que l'homme peut se proposer dans un élan de ferveur. C'est donc à la personne et non à la doctrine qu'il faut attribuer le désordre dont on se plaint.