‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 9 sur 308 · PROLOGUE DE L'AUTEUR. Î · texte numérisé non relu

PROLOGUE DE L'AUTEUR. Î

Dieu ; et la force dont il a besoin, il la puisera dans des considérations appropriées à ce but. Or, comme c'est là un sujet tellement vaste qu'il n'est pas facile de l'embrasser ou de s'y reconnaître , c'est un grand avantage pour le chrétien de posséder devers soi un certain nombre d'idées, quelques considérations propres à chacune des vertus dont il s'agit. Et c'est dans les bons livres , dans les livres solides et substantiels, que nous trouverons une instruction aussi nécessaire.

Quelqu'un dira peut-être , en reportant un regard sur tout ce qui a été dit, que c'est là beaucoup exiger. Voici ma réponse : Quand on juge que pour être chrétien il suffit de la foi toute seule, et qu'on ne doit en aucune manière s'occuper de la vie , je comprends un tel sentiment , mais si l'on veut être chrétien par la pureté de la conscience , par l'horreur et la fuite de tout péché mortel, on ne trouvera pas assurément que j'en ai trop dit; l'expérience des dangers , des tentations et des occasions que l'on rencontre dans le monde nous fait voir , au contraire , que ce qui a été dit est encore peu de chose ; et savez-vous pourquoi? c'est que le chemin qui va de la terre au ciel n'est pas lui-même peu de chose. Rien de ce qui a été dit n'est donc superflu , tout est nécessaire pour nous communiquer un élan en rapport avec la sublimité de notre but.

Mais , en m'accordant même que tout cela soit nécessaire , on dira peut-être que les sermons et les instructions ordinaires que les chrétiens entendent à l'église suffisent pour cela , et qu'il n'est pas nécessaire d'avoir recours à la lecture des bons livres. A cela je réponds , premièrement qu'il y a beaucoup d'endroits où l'on manque de sermons ; et, si les sermons quand ils sont fréquents perdent beaucoup de leur attrait , et par là même de leur utilité , selon la remarque de saint Grégoire, Moral, vi, 24, ils produisent

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