CHAPITRE XYII
£h( i | riviîége de la vertu, ou de la douce confiance qu'ont en la
dtviru mis* ricorde les hommes vt rtueux; comme aussi de Paveugle et vaine confiance dans laquelle se bercent les méchants.
A la joie de la bonne conscience vient s'ajouter l'heureux sentiment de confiance qui remplit le cœur des vrais serviteurs de Dieu. Le grand Apôtre disait : « Soyez pleins de joie dans l'espérance, de force dans les tribulations, » Rom. xn, 1-2, unissant à dessein la force et l'espérance , celle-ci devant produire celle-là , par la raison qu'elle nous montre en Dieu le puissant auxiliaire et le magnifique rémunérateur de tous les travaux que nous avons à supporter sur la terre. C'est ici l'un des plus riches trésors de la vie chrétienne. Pour les enfants de Dieu , il remplace avantageusement les plus grands héritages et tout l'or des lointains climats. C'est le remède le plus efficace à toutes les misères de la vie.
Mais avant d'entrer dans ce sujet tâchons de prévenir une illusion par cette simple remarque. De même qu'il y a deux sortes de foi , l'une que nous appelons la foi morte , laquelle n'accomplit pas les œuvres de vie, et c'est la foi des mauvais chrétiens ; l'autre justement appelée vivante, informée et vivifiée qu'elle est par la charité, féconde en bonnes œuvres, telle enfin que nous la voyons agir dans les âmes vraiment vertueuses ; il fautégalement distinguer deux sortes d'espérance , l'une morte et stérile , qui ne donne à l'âme ni lumière dans ses obscurités, ni force dans ses travaux , ni consolation dans ses peines; l'autre vive et agissante, produisant les effets de la vie parce qu'elle en possède le principe, effets qui consistent à nous ranimer , consoler et réjouir , à nous