LIVRE PREMIER, CHAPITRE Wll
la taire, la hum-, el toui ce qu'ils renferment. » Vsalm. cxlv, 3 al stM|. Encore une fois , pourrait-on demander une différence plue marquée, une opposition plus grande ? Le même prophète la fait
encore ressortir en d'autres termes : « Ceux-là se confient en leurs chars el leurs chevaux ; pour nous nous avons mis notre confiance dans le nom du Seigneur. Ils se sont enlacés dans leurs propres pièges, ils sont tombés; et nous, nous sommes encore debout , nous nous élevons de plus eu plus. » l'salin. xix , « et 9. C'est-à-dire que les effets de l'espérance répondent toujours à ses principes et à ses fondements, l'une prépare la chute et la défaite, l'autre nous donne la force et la victoire.
Aussi est-ce ajuste titre que les partisans de la vaine espérance du monde sont comparés à cet homme de l'Evangile qui avait bâti sa maison sur le sable, et qui la vit s'écrouler et tomber en ruines au premier souffle de la tempête; tandis que les hommes de l'espérance divine sont comparés à celui qui avait bâti sa maison sur la pierre, et qui par suite la vit demeurer inébranlable à tous les assauts de l'inondation et de l'orage. Matth. vu. Cette même différence nous est manifestée par le prophète Jérémie sous une forme qui n'est ni moins belle ni moins énergique. « .Maudit soit l'homme qui met sa confiance dans un autre homme, et qui, détournant son cœur du vrai Dieu, prend une chair fragile pour le bras et le soutien de sa vie. Cet homme sera comme l'arbrisseau sauvage qui naît dans le désert; il ne profitera pas de la belle saison quand elle viendra, mais plutôt il sera condamné à une sécheresse continuelle, sur une terre insalubre et qui repousse la vie. » Puis il dit de l'homme juste : « Béni soit celui qui met son espérance dans le Seigneur, puisque le Seigneur sera son défenseur et son appui. Cet homme ressemblera à un arbre planté le long du cours des eaux, lequel fécondé par leur douce influence étend ses racines de plus en plus, conserve sa vigueur au temps même de la sécheresse; ses feuilles seront toujours vertes, il ne cessera jamais de donner des fruits. » Jcrem. xvu, 5 et seq.
Le Prophète pouvait-il s'exprimer d'une manière plus touchante et plus cl dre ? Que faudrait-il de plus, je vous le demande, si les hommes étaient doués d'un sens droit, pour leur bien montrer la
différence qui existe entre le sort des bons et celui des méchants, à tes considérer seulement du coté de l'espérance, entre le bonheur des uns et relui des autres? Que peut-il y avoir de plus heureux pmir un arbre que d'être dans la situation que nous peint ici le Prophète? Or tel est l'état où se trouve L'homme juste, tout concourt à sa véritable prospérité, il est [liante, lui aussi, sur le courant des eaux de la divine grâce. Peut-on. au contraire, imaginer pour un arbre un sort plus malheureux, que d'être infructueux et sauvage, de n'avoir autour de lui qu'une terre aride et desséchée, loin de la vue et de la main de l'homme ? Rien ne saurait mieux nous représenter le misérable état de ceux qui détournent leurs yeux et Leurs coeurs de celui en qui réside la source intarissable des eaux vives, pour les tenir attache s aux attraits décevants d'une fragile créature. Voilà bien cette terre aride et déserte que l'homme ne saurait habiter. Combien le sort du inonde n'est-il donc pas digne de larmes et de pitié ? C'est bien lui qui se trouve planté dans une terre funeste ; nul solide fondement à son espérance , si toutefois on peut appeler cela une espérance , et s'il ne faut pas plutôt lui donner le nom de piège et de mensonge.
Peut-on, je le demande encore, concevoir une plus profonde misère, une indigence plus absolue, que d'être ainsi privé des suprêmes consolations de l'espérance chrétienne? Car, enfin, si l'homme est réduit par le péché à un état de dénuement aussi complet que nous avons essayé de le dire nous-même dans un chapitre précédent, s'il a tellement besoin de pouvoir au moins espérer en la divine miséricorde , qu'en est-il de celui qui ne conserve plus même ce dernier bien ; que deviendra-t-il après avoir vu se briser la seule ancre qui maintenait encore son fragile vaisseau ? Nous voyons tous les autres animaux pourvus en naissant de tout ce que réclame leur nature , de tout ce qui est nécessaire au développement de leur vie. Mais l'homme, depuis qu'il a été frappé par le péché, est demeuré dans un état incomplet et défectueux, il ne possède plus dans leur intégrité aucune des choses qui lui sont nécessaires, tout lui doit venir par emprunt et par aumône, il faut que la main de Dieu soit incessamment tendue vers lui. Et s'il se prive lui-même de ce secours, il n'a plus en quelque sorte qu'une