‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 141 sur 308 · LIYRE PREMIER, CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

LIYRE PREMIER, CHAPITRE XX

miivs leur sont spécialement ad C'est comme une première

récompense de leur soumission el de leur Ûdélité; Dieu leur promet de venir à leur secours , de les exaucer dans toutes leurs prières. C'est ce que nous atteste 1»' saint roi David : a Les yeux

du Seigneur sont Qxés sur les justes, et ses oreilles sont attentives à leurs prières. » Psalm. xxxin, 16. [saie proclame celte même vérité d'une manière encore pins formelle, en s'adressanl à celui qui aura fidèlement observé les commandements de Dieu : « Alors vous invoquerez, le Seigneur, et il sera propice à vos vœux; vous l'appellerez, et il vous dira : Me voici , je suis près de toi pour accomplir tout ce que tu désires. » Isa. lviii, 9. Mais ce n'est pas seulement quand on l'invoque , que Dieu l'ait éclater sa miséricorde; il prévient même nos désirs, an témoignage de ce même prophète. Citons enfin une promesse qui l'emporte sur toutes celles-là, puisqu'elle nous est donnée par le Sauveur lui-même : « Si vous demeurez en moi et gardez mes paroles, vous n'aurez qu'à demander tout ce que vous voudrez , et cela s'accomplira. » Joim. xv, 7. Et comme la grandeur d'une telle promesse semblait dépasser tout ce que l'homme peut croire , le Sauveur y revient avec encore plus d'énergie: « En vérité , en vérité je vous le dis , quelque chose que vous demandiez à mon Père en mon nom , il vous l'accordera. » ïbid. 23. Peut-on concevoir une faveur plus grande , une plus magnifique richesse , un pouvoir plus étendu? Tout ce que vous désirerez , dit-il , vous n'aurez qu'à le demander, pour l'obtenir aussitôt. 0 parole vraiment digne de celui qui l'a prononcée ! Et qui donc pouvait faire une telle promesse, si ce n'est Dieu? Quelle puissance, autre que celle de Dieu, serait assez vaste pour réaliser cette même promesse ? et quelle autre bonté que la sienne pouvait s'y engager ?

N'est-ce pas là donner à l'homme une sorte de toute-puissance, lui livrer , pour ainsi dire , la clef de tous les trésors divins? Tous les autres dons, toutes les grâces que le Seigneur nous accorde se trouvent renfermées dans certaines limites ; cette faveur porte seule, comme le royal cachet de la grandeur et de la bonté suprêmes, le caractère de l'infini. Ce n'est pas tel bien ou tel autre , que Dieu nous promet dans ce passage de l'Evangile , c'est tous

les biens à la fois, tout ce que nous pourrons désirer , pourvu que l'objet de DOS. désirs ne soit pas en opposition avec notre salut. Ali ! si Les hommes savaient apprécier les choses à leur juste valeur, quels sentiments ne Leur inspireraient pas nue telle promesse? In homme dont le crédit et la faveur auprès d'un grand monarque lui permettraient de disposer à son gré de la puissance royale, combien ne serait-il pas heureux et fier d'une semblable position ! Mais qu'est-ce donc, qu'un roi de la terre, en comparaison du Roi des deux ?

Et, pour que vous ne soyez pas tentés de croire que ce sont là, non des faits , mais de simples paroles , portez un instant vos regards sur la vie des saints, et voyez combien d'œuvres sublimes ils ont accomplies par la seule puissance de la prière. Que ne fit pas Moïse, en priant seulement, soit sur la terre d'Egypte, soit dans ce long voyage des Hébreux à travers les déserts ? Quelles merveilles n'accomplirent pas Elie et son disciple Elisée par la seule vertu de la prière? Par la prière, les apôtres n'ont-ils pas opéré les plus étonnants miracles? C'est l'arme avec' laquelle les saints ont combattu ; par elle ils ont terrassé les dénions, par elle ils ont triomphé du monde, par elle ils ont régné sur les éléments. C'est avec le secours de la prière qu'ils ont changé en douce rosée les flammes dévorantes, ils ont désarmé le courroux de Dieu, ouvert les sources de sa miséricorde, obtenu, en un mot , tout ce qu'ils ont souhaité.

On raconte de notre patriarche, saint Dominique, qu'il n'avait jamais rien demandé au Seigneur, comme il l'avoua lui-même à l'un de ses grands amis, sans obtenir l'objet de sa demande. Et comme cet ami lui suggéra de demander à Dieu qu'il donnât à son ordre le docteur Réginald, l'un des hommes le plus célèbres de ce temps, le saint consacra l'oraison de cette nuit à demander à Dieu un tel disciple ; et l'un des jours suivants à l'heure matinale où l'on commençait l'hymme de Prime : « L'astre du jour est déjà levé, » celui qui devait être le flambeau de cette religion nouvelle entra tout à coup dans le chœur, et se jetant humblement aux pieds de Dominique, lui demanda l'habit des frères prêcheurs. Voilà quel est le prix par lequel Dieu se plaît à récompenser l'o-

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