LIVRE PREMIER, CHAPITRE XX. :'SJ
béissance des justes. S'ils se montrent fidèles et soumis à la voix de Dieu, Dieu oe l'es! pas moins à écouter leur voix suppliante; s'ils lui répondent avec docilité quand il les appelle, il les paie de retour, comme ils l'attestent eux-mêmes, «m répondanl toujours à leur appel. Voilà pourquoi le plus sage des rois disait que l'homme obéissant parlera de scs victoires; car il est juste que Dieu lassela vol. mie ilf l'homme, alors que l'homme fait La volonté de Dieu.
C.V.sl le contraire qui a lieu par rapport aux prières des méchants. Voici ce que Dieu leur dit , par la 1 touche de son prophète. « Quand vous tendrez les mains vers moi, je détournerai mes yeux de vous ; vous aurez beau multiplier vos prières, je ne les écouterai [tas. » Isa. i, 15. In autre prophète leur fait entendre ces menaces de la part du Seigneur : « Dans le temps de la tribulation ils s'écrieront : Levez-vous, Seigneur, et venez nous délivrer; et Dieu leur répondra : Où sont maintenant les dieux que vous avez adorés ? qu'ils se lèvent et qu'ils vous délivrent. » Jcrem. u, 27 et 28. Nous lisons dans le livre de Job, xxvn, 8 et 9 : « Quelle espérance peut avoir le méchant après qu'il a dérobé le bien d'autrui? Dieu daignera-t-il écouter sa prière, quand le malheur aura fondu sur lui ? » Voici ce que dit à cet égard l'apôtre de la dilection : «Frères bien-aimés, si notre conscience ne nous reproche rien, nous sommes en droit d'espérer que nous obtiendrons de Dieu tout ce que nous lui demanderons ; et cela parce que nous gardons ses divins préceptes et que nous faisons tout ce qui est agréable à ses yeux. » l Joan. in, 21 et 22. Le Roi-Prophète avait dit dans le même sens : « Si j'ai commis l'iniquité dans mon cœur, Dieu ne m'écoutera pas; c'est parce que je serai pur qu'il exaucera ma prière. » Psalm. lxv, 18 et 19.
Il serait facile de trouver dans les Livres saints un nombre infini de semblables passages; mais ceux-là suffisent pour vous montrer la différence qui existe entre les prières des bons et celles des méchants ; d'où résulte aussi l'incomparable avantage que présente l'état des premiers par rapport à celui des seconds. Les uns sont écoutés et traités comme des enfants ; les autres sont repoussés comme des ennemis. Mais faut-il s'étonner qu'une prière qui n'est pas secondée par de bonnes œuvres, une prière qui n'a ni ferveur,
LA G1 lin. DES PÉCHE1 lis.
m charité, ni humilité, ne soit pas entendue? L;i demande n'est
! se, comme s'exprime admirablement saint (\prien,
quand l'oraison esl frappée de stérilité. 11 Tant néanmoins le t#+
connaitre, bien qu'il (111 soit généralement ainsi, la magnificence
et la honte de Dieu sont si grandes que parfois elles s'étendent à la prière mêmedes méchants; elle n'est pas méritoire ; mais cela ne l'empêche pas d'être impétratoire , c'est-à-dire qu'elle obtient de la bonté de Dieu ce que l'homme ne mériterait pas par lui-même. Le mérite, dit saint Thomas, a sa source dans la divine miséricorde, et cette miséricorde n'exclut pas les pécheurs. Summ. Theol. IIa II*,quaest. 1AWI11. art. 15 et 1<>.