CHAPITRE XXI
lht !ixiémeprv:iJnje de la vertu : seonirs et consolation que les bons reçoivent dans hurs peines , et , par opposition, isolement et tristesse que les méchants éprouvent dans les leurs.
I n merveilleux privilège que le ciel accorde à la vertu, c'est d'avoir la force, de nous faire traverser avec courage, souvent même avec joie, les tribulations et les misères qui sont si fréquentes dans la vie. Nous l'avons dit plus d'une fois, il n'y a pas de mer au monde plus inconstante et plus orageuse , que ne l'est la vie humaine. Il n'est pas de bonheur tellement assuré qui ne -•■il sujet à mille divers accidents, à mille revers soudains, qui peuvent nous assaillir à toute heure. Or, c'est une chose bien remarquable et non moins instructive de voir combien les bons diffèrent des méchants, en face de ces épreuves. Les premiers, se » -avenant qu'ils ont Dieu pour père, que c'est lui qui leur présente cette coupe d'amertume, que le breuvage dont elle est remplie est à la fois le châtiment et le remède de leurs infirmités, acceptent le calice avec soumission et générosité. Ils savent que la tribulation esl comme une lime de fer entre les mains de l'ouvrier suprême, et que plus elle est rude , plus elle enlève aisément de notre âme toute la rouille des vices ; ils ont appris à l'école du divin Maître que la souffrance rend l'homme plus humble dans ses pensées, plus fervent dans ses prières, plus austère dans ses mœurs, plus