‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 15 sur 308 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du premier motif que nous avons de pratiquer la vertu et de servir Ditu, à savoir, que Dieu soit ce qu'il est, où Von traite dès lors des perfections dhi

Deux choses principalement ont coutume, lecteur chrétien, d'exciter et de mouvoir les volontés humaines vers un honnête labeur : L'obligation rigoureuse où l'on est de l'entreprendre ; les heureux résultats qu'on en attend. Aussi tous les sages s'accordent-ils à proclamer que tel doit être avant tout l'objet de notre science. L'honnête et l'utile sont les deux grands ressorts de notre volonté; c'est là ce qui la pousse dans toutes ses déterminations. Si nous comparons maintenant ces deux choses entre elles, nous voyons que l'utile est communément plus désiré, mais que l'honnête, le juste, a de soi plus de puissance. Nul avantage, en effet, dans ce monde , que l'on puisse égaler à l'excellence de la vertu ; comme aussi n'y a-t-il pas de perte, pour grande qu'elle soit, que l'homme sage ne doive accepter, plutôt que de tomber dans un

LA M IDE DES PÉCHE1 us.

vi.v quiconque. Gela est enseigné par Aristote lui-même. Notre bol étant donc, dans ce livre, d'offrir à l'attention et à l'affection

hommes, la merveilleuse beauté de la vertu, nous croyons devoir commencer par ce qu'il y a de principal, c'est-à-dire par leur bien faire connaître l'obligation où nous sommes de l'aimer, et cela i raison de l'amour môme que nous devons à Dieu; car, Dieu étant la bonté par essence, on ne saurait rien imaginer qui lui Boit plus agréable que la vertu, rien qu'il nous ordonne ou nous demande «l'une manière plus pressante. Examinons donc dès L'abord, avec tout le soin dont nous serons capables, les titres auxquels ce >. luverain Seigneur exige de nous un aussi légitime tribut. M lia comme Le nombre en est trop grand, comme ils sont même vraiment innombrables, nous n'en présenterons que six parmi les principaux, et de chacun de ces titres il résultera que l'homme doit à Dieu en toute justice tout ce qu'il peut et tout ce qu'il est,

- exception aucune. Le premier et le plus grand, celui aussi qu'il est le moins facile d'exposer, c'est l'être divin lui-même, c'est que Dieu soit ce qu'il est. Dans un tel sujet rentre la grandeur de sa majesté et de toutes ses perfections : l'incompréhensible étendue de sa bonté, de sa miséricorde, de sa justice, de sa sagesse, de sa puissance, de son élévation, de sa beauté, de son immutabilité, de sa vérité, de sa bienfaisance, de sa béatitude, de sa majesté, et

antres Immenses richesses et perfections infinies que renferme son être. Elles sont telles, dit un Docteur, qu'en supposant que le monde entier pût être rempli de livres, que toutes les créatures fussent autant d'écrivains, et que toute l'eau de la mer fût chan-

en encre, les livres auraient rempli l'univers, les écrivains i bout de force et la mer aurait été «'puisée, avant qu'une seule des perfections divines eût été expliquée telle qu'elle est. Et ce même Docteur ajoute : Si Dieu créait un nouvel homme dont le «•«eiir aurait la grandeur et la capacité de tous les cœurs du monde, et -i ce cœur venait à être frappé de l'une de ces divines perfections, comme d'un trait de lumière insolite et inattendu, il courrait grand danger de défaillir «•! d'être comme absorbé par HnunensKé du bonheur et de la joie où il se trouverait plongé, si Dieu ne le Bontenail par une faveur toute spéciale.

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