LIVRE PREMIER, CHAPITRE Wll
Voulez-vous savoir, d'une mao ore plus étendue, <•< >m-
Iticii la Bécurité des bons repose but de solides basée, écoutez les
promesses que Dieu fan* dans le Deutéronome à oeui qui gardent
odèiemeni sa loi : « Si vous écoutez la voix du Seigne .r votre
Dieu, si voua observez ses commandements, il vous élèvera,
eroyez-extà sa parole, au-dessus de toutes les nations répandues1
sur la barre, el sur vous s'accompliront toutes ces bénédictions :
Denis sciez-vous (Luis vos demeures, et bénis dans vos champs.
Bén sera li' IVuit de vos entrailles, celui de votre terre, et celui de
vos bergeries. Bénis seronl vos greniers, bénies les ressources de
Votre table. Bénis serez-vous dans vos entrées et dans vos sorties;
toute chose à laquelle vous mettrez la main prospérera. Dieu fera
toui!>er .'i vos pieds tous les ennemis qui s'élèveront contre vous ;
ils seront venus par un chemin, il leur en faudra sept pour la fuite.
La bénédiction de Dieu s'étendra sur vos celliers, elle enveloppera
votre existence tout entière. Dieu pour sa propre gloire veut faire
de vous un peuple saint; il vous en a donné sa parole, si toutefois
vous gardez ses commandements et marchez dans les sentiers de
sa justice. Vos prospérités s'élèveront si haut, qu'en les voyant
tous les peuples de la terre connaîtront que le nom du Seigneur a
été invoqué sur vous, et vous serez pour eux un sujet de crainte.
Dieu répandra sur vous l'abondance de tous les biens. Il ouvrira
les deux pour en faire tomber les trésors de sa miséricorde. Une
pluie fécondante arrosera vos terres dans un temps opportun;
toutes les œuvres de vos mains prospéreront sous la bénédiction
du Très-Haut. » Dcuî. xxvui, 1 et seq. Ainsi parle Dieu par la
bouche de son Prophète. Et maintenant, je vous le demande,
toutes les richesses de l'Inde peuvent-elles être comparées à ces
bienfaits célestes?
En supposant même que ces divines promesses regardaient plutôt la nation juive que le peuple chrétien, celui-ci devant recevoir de Dieu, comme l'annonce Ezéchiel, xxxiv et xxxvi, des biens d'un ordre supérieur, les biens de la grâce et de la gloire, il faut néanmoins reconnaître que ui les juifs fidèles n'étaient privés des biens spirituels, ni les chrétiens vertueux ne le sont des prospérités temporelles qui peuvent s'accorder avec leur salut ; et ces
LA GUIDE DES PÊCHEURS, pn Bpérités accordées même sous la loi nouvelle présentent des avantages qui sont inconnus aux méchants. Le premier de ces avantages, c'est que Dieu, comme un habile el sage médecin n'accorde aux justes las biens et les richesses <!«■ ce monde, que dans la mesure qui convient à leur véritable bonheur, et de telle sorte qu'ils y trouvent une honnête existence, non un sujet de complaisance et d'orgueil. Celte mesure est toujours méconnue par les méchants ; il entassent des biens de la te: re autant qu'ils peuvent en saisir, sans considérer que L'excès est ici non moins préjudiciable à 1 ame que l'est au corps une trop abondante nourriture. En effet, s'il est nécessaire de manger pour vivre, manger avec excès es! funeste à la vie; et si La vie de L'homme gît principalement dans le sang, il n'en est pas moins vrai que l'homme meurt souvent tué par la force de ce sang même.
Le second avantage , c'est qu'avec inoins de bruit et d'apparat, les biens que les justes possèdent, leur procurent un repos plus réel , un plus parfait contentement ; et n'est-ce pas là ce que les hommes se proposent dans la possession de tous les biens terrestres? Ce que le Seigneur peut faire au moyen des cuises secondes, c'est-à-dire par le ministère des créatures, ne peut -il pas l'accomplir par lui-même, et d'une manière incomparablement supérieure? Ainsi l'a-t-il fait à l'égard de tous les saints; et le grand Apôtre disait au nom de tous: «Nous n'avons rien ; et nous possédons tout, » 11 Gorinth. vi, 10 ; ce qui signifie que les véritables amis de la vertu trouvent autant de joie dans le peu qu'ils possèdent que pourrait leur en donner la possession du monde entier. Les voyageurs aiment à changer en pièces d'or ce qu'ils doivent emporter pour la route ; car delà sorte ils marchent plus légers sans en être moins riches. C'est ainsi que les justes sont à la fois enrichis et allégés par la main du Seigneur ; si leur charge est moins lourde, leur contentement n'en est que plus grand. Ils vont cheminant dans les chemins de la vie, heureux au sein même de l'indigence, pauvres et riches en même temps; Les méchants, au contraire, meurent de faim au milieu des trésors, ils ont l'eau àla Louche, comme le Tentale des païens, et ilssont torturés par la soif.
I est pour ce motif et pour tant d'autres du même genre , que