‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 152 sur 308 · LIVRE PREMIER, CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAPITRE XXII

le grand législateur des Hébreux recommandait si vivement à son peuple l'observation de la divine loi ; il voulail que ce fût là l'unique préoccupation de leur vie, sachajil bien qu<- cette base étant solidement établie, loul le reste viendrai! sans effori el s ins peine. Voici comment il s'en explique : « Mettez dans vus cœurs les parafes que ]e viens de vous adresser , portez-les attachées à vos mains comme an perpétuel avertissement , qu'elles Bottent sans cesse devant vos yeux; enseignez-les à vos enfants, pour que jamais ils n'en détournent leur pensée. Quand vous serez assis dans votre demeure, quand vous marcherez dans le chemin, à votre lever comme à votre coucher vous les aurez présentes à votre mémoire; écrivez-les sur les lambris et les portes de vos maisons , de telle sorte que vous ne puissiez ne pas les voir; et vous verrez alors se multiplier les jouis de votre vie et ceux de la vie de vos enfants, dans la terre que Dieu vous donnera. » Beut. vi, Cet seq. 0 saint Prophète, qu'aviez-vous aperçu, qu'aviezvous découvert dans la pratique des divins commandements pour en recommander l'observation d'une manière aussi pressante? Ah ! sans doute , initié que vous étiez aux conseils du Très-Haut, vos lumières prophétiques vous montraient dans tout son éclat et dans toute sa profondeur ce trésor inestimable ; vous compreniez, vous, (pie tous les biens sans exception , présents et à venir, du temps et de l'éternité, spirituels et corporels, sont renfermés dans cet unique bien . que l'homme qui se possède , les possède tous en même temps, (le n'est pas vous qui pouviez révoquer en doute cette simple et magnifique vérité, que la vie humaine ne saurait avoir de plus utile emploi que l'étude et l'observation des préceptes du Seigneur; c'est alors seulement que l'homme travaille avec fruit à sa vigne , arrose et cultive son jardin , entasse ses récoltes et remplit ses greniers ; en agissant ainsi , l'homme gère mieux ses affaires que s'il y mettait lui-même la main ; car il s'en repose sur Dieu , qui ne peut manquer d'y mettre la sienne.

Telle est donc la condition de cet accord et de ce pacte que Dieu fait avec l'homme vertueux : quand celui-ci s'appliquera à garder sa loi sainte , Lui , de son côté , ne cessera de veiller à la conservation de nos biens ; et certes ce n'est pas de la part de Dieu que

LA GUIDE DES PÉCHEl lis.

te contrat pourrait Béchir; si nous nous montrons des serviteurs fidèles. Usera pour nous un maître encore plus généreux. Voilà

quelle est !;i seule chose nécessaire dont le Sauveur nous parle dans son Evangile, et qui consiste eu définitive à connaître et à aimer Dieu; n'ayons d'autre souci que de satisfaire ce bon Maître, cela suffit ; nous n'avons plus à nous préoccuper de rien , tout nous est assuré. Le grand Apôtre disait, écrivant à son cher disciple :«La pieté est utile à tout; pour elle sont les promesses de la vie présente et celles de la vie future. » I Tim. iv, 8. Pouvait-il nous garantir eu termes plus formels, si la vraie piété vivait dans notre àme, c'est-à-dire, si nousétions vraiment fidèles au culte du Seigneur, non-seulement la suprême félicité des cieux, mais encore les 1 liens de la terre, autant du moins qu'ils peuvent, nous servir et nous seconder dans la conquête de cette gloire éternelle. Ceci ne veut pas dire, toutefois, que l'homme doit négliger de se livrer à un travail honnête et de faire ce qui est en son pouvoir , suivant les exigences de son état et les devoirs de la position qu'il occupe.

Des nécessités et de l'indigence que souffrent les méchants.

Voulez-vous savoir maintenant combien sont grandes les calamités , profondes les misères, réservées aux méchants ; lisez le vingt-huitième chapitre du Deutéronome , et vous y verrez des choses qui vous frapperont à la fois d'étonnement et d'épouvante. Voici quelques-unes des paroles qui s'y trouvent renfermées : «Si vous refusez d'écouter la voix du Seigneur votre Dieu et d'obéir à ses préceptes , les malédictions suivantes éclateront sur votre tète et vous saisiront de toutes parts. Vous serez maudits dans vos villes et maudits dans vos champs , maudits dans vos celliers et jusque dans les restes de votre table ; maudit sera le fruit de vos entrailles, celui de votre terre , celui de vos étables et de vos bergeries ; maudits serez- vous dans vos entrées et vos sorties, c'està-dire dans toutes vos démarches et toutes vos entreprises. Le Seigneur enverra sur vous la stérilité et la faim; la confusion régnerai dans toutes les œuvres de vos mains, jusqu'à la complète destruction de votre être. 11 vous enverra la peste ou la guerre

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