‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 154 sur 308 · LIVRE PREMIER, CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAPITRE XXII

manger. Ce trait esl consigné dans les Livres saints , IV lin/, vi, 18 et 19; i'i l'historien Josèphe rapporte que ceslamentables scènes se renouvelèrenl an siège de Jérusalem. Les diverses captivités de ce peuple H la complète destruction de sa puissance et de sa liberté son! demeurées célèbres dans L'histoire. Les onze tribus Furent amenées captives chez les assyriens, jamais ne l'ut révoqué L'arrêt prononcé contre elles. La seule qui restait debout, fut ren-

\cisi I réduite en esclavage, quelques siècles après, par les

armées romaines; Le nombre des captifs fut effrayant, mais celui des morts L'était encore davantage, au rapport du même historien.

Celui-là ne se tromperait pas moins qui penserait que de telles calamités étaient uniquement réservées à ce peuple ; elles s'étendent à tous les peuples qui , connaissant la loi du Seigneur, la dédaignant et lafoulentaux pieds. Dieu lui-même nous l'atteste par L'un de ses prophètes : « N'est-ce pas moi, par hasard, qui ai fait sortir les Hébreux de l'Egypte, les Philistins de la Cappadoce, les Syriens des terres de Cyrène? Les yeux du Seigneur sont fixés sur tout royaume prévaricateur, il le renverse et le fait disparaître de la face de la terre. » A mos, ix, 1 et 8. Nous voyons clairement parlà que les révolutions qui surviennent dans les Etats, que l'élévation des uns et la ruine des autres, sont le contre-coup des péchés commis. Et si nous voulons nous convaincre à quel point ces vérités nous regardent nous-mêmes , parcourons les annales du passé , et nous verrons comment d'un seul coup Dieu renverse les nations coupables , celles surtout qui ont connu sa loi sainte et ne l'ont pas observée. De vastes contrées , dans l'Europe, l'Afrique et l'Asie, autrefois peuplées de chrétiens, remplies d'églises catholiques, sont maintenant ravagées par des nations infidèles et barbares. Que de ruines entassées, que de pertes causées à l'Eglise par les Gots, les Huns et les Vandales! Du temps de saint Augustin , les barbares ravagèrent la province d'Afrique , n'épargnant dans leur fureur, ni les hommes ni les femmes, ni les enfants ni les vieillards. Vers la même époque, ils s'étaient déchaînés sur la Dalmatie et les contrées environnantes avec une telle fureur que saint Jérôme, dont ce royaume était la patrie, nous dit que le

LA GUIDE DES l'Kf.MKi RS.

voyageur, en parcourant ces pays, n'apercevait an loin que le et la terre, la terre nne et désolée.

Tout cela nous montre de ia manière la plus évidente que la véritable vertu, une religion sincère et forte, en nous faisant acquérir les biens éternels, nous est encore d'un grand secours pour server ceux de la terre. Kt cette considération, comme '-elles qui vont la suivre, est bien laite pour attacher notre cœur à cette même vertu, qui nous délivre de tant de maux et devient pour i. source de tant de biens.

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