‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 155 sur 308 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

I '-/ : combien ibnirr et JOQtmê est la mort des justes: et, par opposition, combien celle du méekmUt est triste et douloureuse.

Il est un dernier privilège accordé à la vertu, et qui peut être considéré comme le résultat et le couronnement de tous les autres;

-! la mort glorieuse des fidèles serviteurs de Dieu. S'il est vrai que ce n'est qu'à la fin , comme on le dit, qu'il faut chanter victoire, quelle est la fin je vous le demande, qui soit plus digne d'un tel chant que celle des justes? Le Psalmiste s'écrie : «Précieuse est aux yeux du Seigneur la mort de ses saints. » Psal. cxv, t5. Ailleurs il avait dit : « La mort des pécheurs est mauvaise et trèsmauvaise. » Psal. xxxiu, -22. Ce mot dit tout, c'est le mal à sa plus haute puissance; car une telle mort est le plus grand de tous les maux, aussi bien pour l'âme que pour le corps. Voici comment saint Bernard . dansée qu'il appelle ses petits sermons, commente cette parole : « La mort des pécheurs est très-mauvaise; d'abord, elle est mauvaise pare»' quelle nous sépare de ce monde; elle est encore pire parce qu'elle nous sépare de notre propre corps; elle est très-mauvaise enfin parce qu'elle nous précipite dans les feux éternels et qu'elle nous livre à ce ver rongeur qui ne meurt pas. » Serm. ni.i. Et, dans le fait, il en eoùte beaucoup aux pécheurs d'abandonner ce monde, il leur en coûte encore davantage de quitter leur corps; mais ce qui leur est incomparablement plus affreux, c'est d'aller subir les tourments de l'enfer. La réunion de

Page 1