‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 165 sur 308 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

De ceiLX qui renvoient à une autre époque leur changement de vie et diffèrent de jour en jour d'ernbrasser la vertu.

Nul doute que ce que nous avons dit jusqu'ici ne suffise et audelà, pour atteindre le premier but que nous nous sommes proposé, et qui consiste à incliner le cœur des hommes, avec le secours de la divine grâce , à l'amour et à la pratique de la vertu. Malgré tout cela cependant, les excuses et les prétextes ne manquent pas à la malice humaine pour se défendre et se tranquilliser dans le mal. Le Sage l'avait dit : « L'homme pécheur fuira la correction; il aura toujours une raison spécieuse pour persévérer dans sa coupable vie. » Eccli. xxxn, 21. Salomon disait dans le même sens : « Celui qui veut rompre avec son ami va cherchant toujours des occasions et des prétextes. » Prou, xviii, 4. Ainsi font les méchants pour se tenir éloignés de Dieu ; chacun a son motif à donner. Les uns renvoient à une autre époque cette affaire importante ; les autres la réservent pour l'heure de la morl ; ceux-là disent qu'ils redoutent une semblable entreprise , parce qu'ils n'en voient que les difficultés; ceux-ci se consolent dans l'espoir que la divine miséricorde ne leur fera pas défaut, jugeant qu'ils pourront se sauver par la foi et l'espérance, sans le concours de la charité ; il en est, enfin, qui sont épris de l'amour du monde, et qui ne veulent pas abandonner la félicité qu'ils possèdent pour celle que Dieu leur promet.

Voila les illusions les plus communes, les piégea les plus fréquents, auxquels l'ennemi du bien a recours pour tromper et séduire les hommes; c'est ainsi qu'il les retient souvent pendant

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