‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 17 sur 308 · LIVRE PREMIER, ciivi'iïiu; PREMIER. y · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, ciivi'iïiu; PREMIER. y

choses créées, il nous élève à La muteinplatiou d'un Etre au-dessus de loal être, d'une substance au-dessus do tourte substance, d'une

lumière au-dessus de toute lumière, ou plutôt devait laquelle toute Lumière n'est que ténèbres, d'une beauté au-dessus de toute. beauté j eu comparaison de laquelle toute beauté n'est que laideur C'est ce que nous représente cette obscurité dans laquelle Moïse entra pour parler avec Dieu, obscurité qui cachait à sa vue tout ce qui n'était pas Dieu même, afin qu'il fût mieux en état de çon.naitre cette grandeur suprême. C'est encore ce qui nous est exprimé par l'action d'Elie se couvrant les yeux de son manteau, quand il vit passer devant lui la gloire du Seigneur, III Ileg. xix, 13. L'homme, en effet, doit fermer les yeux à toutes les choses de la terre, s'il veut contempler la gloire de Dieu, celles-là n'ayant aucune proportion avec ce bien suprême.

Cette vérité brille à nos yeux d'un plus vif éclat, si nous considérons avec plus d'attention l'extrême différence qui existe entre cet être incréé et tous les autres êtres, entre le Créateur et les créatures. Celles-ci ont toutes sans exception uu commencement, et peuvent aussi dès lors avoir une fin, tandis qu'il n'est ni commencement ni fin pour cet être éternel. Les créatures reconnaissent toutes un être qui leur est supérieur , elles sont placées dans un état de dépendance; tandis que rien n'est supérieur à Dieu, il ne dépend de rien. Elles sont toutes sujettes au changement ; il est à jamais immuable. Elles admettent toutes une certaine composition de parties, chacune à sa manière ; il est l'Etre souverainement un et simple ; car s'il était composé de diverses parties , il aurait au dessus de lui et avant lui le principe même de cette composition , ce qui est absolument impossible. Elles peuvent toutes être plus qu'elles ne sont, posséder plus qu'elles ne possèdent, savoir plus qu'elles ne savent ; pour lui , il ne peut ni être plus qu'il n'est . puisque tout être est en lui, ni posséder plus qu'il ne possède, puisqu'il est le trésor même où sont renfermés tous les biens, ni savoir plus qu'il ne sait, puisque sa science est infinie et que tout est présent à son éternité. C'est pour cela qu'Aristote le nomme un acte pur , ce qui veut dire la perfection suprême , la perfection à laquelle il est impossible de rien ajouter, et dans laquelle on ne

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saurait concevoir un défaut quelconque. Toutes les créatures militent en quelque sorte sous la bannière du mouvement; pressées par le besoin ei l'indigence, il faut bien qu'elles se meuvent pour aller a la recherche de ce qui leur manque ; mais lui n'a nul bese mouvoir, puisque rien ne lui manque, et qu'il est présent en tout lien. Comme clans tous les autres êtres il y a diversité de parti.-, ces parties peuvent se distinguer les unes des autres; mais comme il est la simplicité absolue, on ne saurait établir en lui un»' telle distinction ; de telle sorte que son être est son essence même, son essence est sa puissance, sa puissance est son amour, son amour est sa volonté, sa volonté est son entendement; le sujet son entendement en est aussi l'objet, c'est-à-dire toujours son être même : et son être est sa science, sa science est sa bonté, sa bout- est >a justice, sa justice est sa miséricorde, car, bien que ces deux derniers attributs se manifestent par des effets contraires, le châtiment «-t le pardon, ils ne sont réellement en lui qu'une seule et même chose, sa justice est au fond sa miséricorde même, et réciproquement sa miséricorde est sa justice.

Il comprend ainsi des œuvres et des perfections qui semblent opposées entres elles et qu'on ne saurait jamais assez admirer, comme le remarque saint Augustin, Médit, cap. i9. C'est un Dieu caché profondément et parfaitement présent partout ; il est la force et la beauté par excellence, immuable et incompréhensible, en dehors de tout lien et remplissant tous les lieux de l'univers, invisible et se manifestant à toute créature, produisant tous les mouvements sans en éprouver aucun lui-même, agissant toujours sans jamais sortir de son repos ; il remplit tout et n'est circonscrit par rien ; il pourvoit à tout et rien ne le distrait de luimême ; il est grand sans qu'il y ait en lui de quantité , et dès lors il est immense ; il est bon sans posséder de qualité , par la raison qu'il est la bonté essentielle et souveraine; on peut même dire que nul n'est bon si ce n'est lui, Matth. xix, t7. Enfin, et pour non- restreindre , les choses créées n'ayant toutes qu'une essence limitée, dans laquelle elles sont comprises, leur pouvoir ne s'étend • - Lement que jusqu'à certaines limites; les œuvres qu'elles peuvent accomplir, l'espace qu'elles occupent, les noms mêmes

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