LIVRE PREMIER, CHAPITRE XXVI
Or, si les élus, d'après Le témoignage de L'Ancien el du Nouveau Testameni . sont de beaucoup inférieurs en nombre aux réprouvés, ne ressentirez-vous aucune crainte en présence de ce péril? V<»us avez vu toul à L'heure combien, parmi Les Israélites, jouirent des fruits de La protection divine. Les parts fussent-elles ('•raies, prous ne devriez pas vous défendre d'une juste terreur. Qui' dis- je, égales? En vérité, n'y eut-il qu'un seul homme destiné aux supplices de L'enfer, ces supplices son! tellement épouvantables que cette seule appréhension devrait suffire pour faire trembler les autres. Quand le Sauveur, à la dernière cène, déclara à ses apôtres, que l'un d'entre eux le trahirait, ils se mirent tous à trembler, bien que leur conscience ne leur reprochât rien. lu mal redoutable, ne menacàt-il qu'une seule tète, inspire toujours de l'effroi. Je suppose une foule, considérable rassemblée dans la campagne. Si l'on apprenait tout à coup, à n'en pouvoir douter, que la foudre en tombant ferait une victime, il n'y aurait personne qui ne craignit pour lui-même. Et si la foudre devait tuer la moitié de cette foule et même davantage, combien l'effroi redoublerait ! — Mais Dieu ne vous révèle-t-il pas, ô homme si sage pour les choses de la terre, si stupide pour les choses du salut, le nombre des victimes que frappera sûrement la foudre de sa justice? Vous savez que très-peu échapperont à ses coups, vous ignorez si vous serez de ce nombre, et nonobstant vous conservez votre sécurité ! L'enfer serait-il donc par hasard moins à redouter que la foudre? Dieu vous a-t-il lui-même rassuré? Tenez-vous en main la promesse authentique de votre salut? Cependant je n'aperçois jusqu'ici rien qui justifie votre confiance; vos œuvres vous condamnent ; et à vous j uger tel que vous êtes , vous seriez infailliblement condamné : et malgré tout cela vous êtes tranquille !
Vous répétez sans cesse que vous comptez sur la miséricorde divine. Et moi je vous répète que cela ne détruit en rien les raisons qui vous ont été données ; je vous répète que la miséricorde divine ne fait pas que le nombre des damnés soit moins considérable, et elle ne fera pas que yous ne soyez pas l'un d'entre eux si vous persévérez dans cette voie. Ne comprenez- vous pas, mal^