LIVRE PREMIER, CHAPITRE SXVII
mal sans réserve ; de même La miséricorde de Dieu ne serl de rien,
cl à bon droit , à celui qui s'en autorise pour ne pas rompre avec It- péché.
i esl h :onsidération à Laquelle devraient B'arrêter les dispensateurs de la parole divine. Faute d'examiner à qui ils onl affaire, ils fournissent souvenl aux pécheurs l'occasion de persévérer dans leurs désordres. Ils ne doivent jamais oublier que les pécheurs ressemblent à Ai'<. malades : [tins on accorderait de nourriture à un malade, plus on aggraverail sa maladie; de même plus on expose de sujets de confiance aux âmes enfoncées dans le péché, plus on leur donne de raisons pour continuer leurtristegenrede vie.
Rappelons-nous, en terminant, cette pensée de saint Augustin, qu'avec L'espérance et le désespoir les hommes se jettent dans l'enfer ; avec l'espérance quand elle est fausse durant leur vie ; avec le desespoir, quand il les surprend au lit de mort. Quittez donc , mon frère, cette confiance présomptueuse, et souvenezvous que Dieu est justice aussi bien que miséricorde. Si la considération de sa miséricorde vous inspire de l'espoir, la considération de sa justice doit vous inspirer de la crainte. Car, selon la parole de saint Bernard , Dieu a deux pieds , l'un de miséricorde et l'autre de justice, et il ne faut jamais embrasser l'un sans l'autre. La justice séparée de la miséricorde nous jetterait dans une terreur voisine du désespoir. La miséricorde séparée de la justice communiquerait une présomption qui laisserait sans remède notre coupable vie.