LIVRE PREMIER, CHAPITRE XXVII
Lacté dans la voie * 1 * - vos commandements, Seigneur, comme dans tontes les richesses de la terre; » Psahn. cxvui, li; et encore: ifos lois Boni plus désirables <p"' l'or et les pierres précieuses ; ••lies sont plus douces qu'un rayon de miel. » Psalm. xvm, il. 11 ne se contente pas de signaler l'excellence que personne ne conleste à la vertu ; il lui attribue formellement ce que le monde lui refuse, la douceur et la suavité. Tenez donc pour certain que les chrétiens auxquels son joug paraît pesant sous la loi de grâce n'en ont pas sondé le mystère. Dites-moi , vous qui prétendez être chrétien : Pourquoi le Christ est-il venu parmi les hommes? pourquoi a-t-il répandu son sang? pourquoi l'institution des sacrements , la mission du Saint-Esprit? que signifient les mots d'Evangile el de grâce? que signifie surtout le nom de Jésus, le nom de ce Seigneur que vous adorez ? Si vous l'ignorez , interrogez l'Evangéliste ; il vous répondra : « Vous l'appellerez du nom de Jésus, parce qu'il sauvera son peuple de ses péchés.» Matth. i, 21. Or, qu'est-ce que sauver et délivrer du péché sinon octroyer le pardon des fautes passées , et la grâce d'éviter les fautes à venir. Qu'est venu faire le Sauveur sur la terre , sinon vous aider à vous sauver ? ' Pourquoi est-il mort sur la croix, sinon pour immoler le péché? Pourquoi est-il ressuscité, sinon pour vous taire naître à une nouvelle vie? Pourquoi a-t-il versé tout sou sang, sinon pour qu'il servît à guérir toutes vos plaies? Pourquoi a-t-il établi les sacrements, sinon pour vous fortifier contre le mal ? Un des principaux fruits de sa venue et de sa passion n'est-il pas de nous avoir aplani le chemin du ciel auparavant si étroit et si raboteux? C'est ce qu'annonçait Isaïe quand il disait du Messie, qu'il redresserait les chemins tortueux , qu'il aplanirait les chemins remplis d'aspérités. Pourquoi surtout a-t-il envoyé le Saint- Esprit, sinon pour mettre en vous l'esprit à la place de la chair? Pourquoi l'envoya-t-il sous forme de feu , sinon pour qu'il vous embrasât, vous éclairât , vous communiquât sa nature , et vous transportât au ciel d'où il était descendu? Et la grâce avec les vertus infuses qui en découlent , quel est son objet , sinon de rendre suave le joug de Jésus-Christ , facile l'exercice du bien, de nous remplir de joie dans les tribulations , d'espérance dans les
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dangers, d'une force irrésistible dans les tentations? tel est le principe el la fin de l'Evangile. Un homme terrestre el pécheur nous avait faits terrestres el pécheurs; an homme céleste H juste
- a laits justes et célestes. Que rapporte l'Evangile , qu'ont prédil tes prophètes, qu'ont prêché tes apôtres de différent! Vous ■ ici L'abrégé de la théologie chrétienne : c'esl la parole sommaire que Dieu a réalisée sur la terre. C'est la consommation dont parle le Prophète, laquelle a été la source des plus abondants trésors d<' justice el de vertu.
Mais expliquons cette vérité avec plus de détails. D'où résulte , je vous prie, la difficulté que vous offre la vertu ? Vous me répondrez qu'elle résulte des inclinations mauvaises de notre cœur, de notre chair conçue dans le péché, et du conflit perpétuel qui existe entre elle et l'esprit , comme nous le disions tout à l'heure. Supposons maintenant que Dieu vous tienne ce langage : «Si tu le veux, je t'enlèverai ce cœur vicié dont tu te plains , et je te donnerai un cœur nouveau, et avec ce cœur la force de réprimer tes inclinations criminelles. » Le chemin de la vertu, dans ce cas, vous semblerait-il aussi difficile ? Evidemment non. <>r , la promesse de ce changement, le Seigneur ne vous la fait-il pas , ne la confirme-t-il pas dans les saints Livres. Ecoutez comment il parle aux hommes qui vivent sous la loi de grâce, par l'organe d'Ezéchiel . xi . I '.» et -20 : « Je vous donnerai un cœur nouveau ; je mettrai un esprit nouveau en chacun de vous ; et à la place de ce cœur de pierre je mettrai un cœur de chair. Mon esprit habitera au milieu de vous : et je ferai que vous marchiez dans le sentier de mes commandements, que vous observiez la justice, que vous la mettiez en œuvre, et que vous demeuriez dans la terre que jai donnée à vos pères : ainsi vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu. » De quoi douteriez-vous? de L'accomplissement de cette promesse, ou de la possibilité d'observer avec le secours divin la loi du Seigneur? En doutant de la première de ces choses, vous accusez Dieu de mensonge, et vous commettez un énorme blasphème; en doutant de la seconde, vous l'accusez d'imprévoyance ou d'impuissance, puisqu'en voulant soulager l'homme, il ne le soulagerait qu'insuffisamment. Encore une fois, de quoi pourriez-vous douter?