‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 192 sur 308 · LIVRE PREMIER, CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAPITRE XXVII

(Jroyes plutôt avec certitude que 1 > î< ■ 1 1 vous donnera la force nécessaire pour mortifier 1rs fâcheuses inclinations dont vous êtes tourmenté. Ces! une des principales grâces que nous ail obtenue le sang du Rédempteur, un des fruits les plus précieux qu'ail produit l'arbre de vie. « Notre vieil homme, «lit saint Paul, a été crucifie en même temps que Jésus-Chris! . pour détruire le corps du péché, pour (pic nous n'en fussions plus les esclaves. » Rom. vi , (>. L'Apôtre appelle vieil homme, corps du péché, notre appétil sensitif avec ses inclinations mauvaises. 11 ajoute que ce vieil homme a été crucifié comme Jésus-Christ, parce que le divin sacrifice de la croix nous a procuré la grâce et la force de résister a sa tyrannie et de nous dérober à sa servitude. Nous trouvons dans Isaïe l'annonce de celte victoire, xli, lOet seq. : « Ne crains pas, Israël, dit le Seigneur, car je suis avec toi ; ne t'éloigne pas, car je suis ton Dieu. Je t'ai fortifié, je t'ai secouru, et la main de mon Juste (c'est-à-dire de Jésus-Christ) t'a soutenu. Tu chercheras vainement ceux qui s'élevaient contre toi ; ils seront comme s'ils n'étaient pas ; et ceux qui te faisaient la guerre seront comme des vaincus aux pieds de leur vainqueur, parce que c'est moi, le Seigneur ton DieU, qui ai pris ta main en te disant : Ne crains pas; moi , je t'ai secouru. » Avec un tel secours, qui se découragerait? Qui faiblirait par crainte de ses mauvais penchants , lorsque la grâce les surmonte ?

ÏI.

Réponse à quelques objections.

Et si, malgré cela, vous m'objectez que les justes ont leurs difficultés secrètes ; que bien des pensées surgissent et les torturent, comme elles torturaient Job, xvn, 11, le même prophète vous répond par cette seule parole : « Elles seront comme si elles n'étaient pas. » Ces difficultés persistent, mais pour notre exercice et non pas notre scandale, pour nous stimuler et non pas pour nous maîtriser , pour devenir une occasion de plus grand mérite, et non une occasion de péché , pour notre triomphe et non pour notre chute , pour nous éprouver , nous humilier , nous éclairer sur notre faiblesse, et pour rendre à la grâce divine la gloire qui

LA t.l IDE DES PÊCHEl RS.

lui est duo. Elles sont une source d'avantages réels pour nous ; car, iK' même crue Les animaux , de nuisibles qu'ils sont à l'état sauvai:.', nous deviennent très-utiles à L'état domestique, de même les [lassions, lorsqu'elles sont réglées et modérées, nous facilitent la pratique de la vertu.

le Seigneur étanl ainsi pour vous, qui sera contre vous? Le - gneur vous soutenant de la sorte, qui vous renversera? «Le S< gneur est ma Lumière et mon salut, disait David, r.salm. xxvi, I et seq., qui pourrai-je craindre? Le Seigneur est le défenseur de ma vie; quiredouterai-je? Une armée d'ennemis camperaient sous mes yeux que mon cœur ne battrait pas d'effroi ; ils me livreraient bataille, que j'espérerais encore. » Assurément, mon frère, si de telles promesses ne vous déterminent pas à servir Dieu , il faut que votre lâcheté soit bien grande ; et si vous n'avez pas confiance en elles , il faut que vous soyez bien déloyal. Dieu vous certifie qu'il vous donnera un autre cœur, qu'à la place d'un cœur de pierre il mettra un cœur de chair, qu'il mortifiera vos passions, qu'il vous rendra méconnaissable à vos propres regards; que vous chercherez en vain vos penchants criminels, affaiblis extrêmement par sa grâce : que voulez-vous déplus? que désirez- vous davantage ? que vous manque-t-il, sinon une foi vive, une confiance ardente pour vous reposer de tout cela sur Dieu et vous jeter dans ses bras?

Vous n'avez, ce me semble, qu'une chose à me répondre, à savoir que vos péchés sont trop nombreux , qu'ils seront un obstacle invincible à la réception de cette grâce. — Loin de vous cette pensée ! vous ne sauriez faire au Seigneur une plus mortelle injure. Ne comprenez-vous pas que vous lui déniez le pouvoir ou la volonté d'exaucer sa créature , quand elle se tourne vers lui en implorant sa miséricorde? Ne vous en rapportez pas à moi; mais rapportez-vous-en à Moïse qui paraissait songer à vous, vous montrer le chemin , lorsqu'il écrivait ces mots : « Si la malédiction vous enveloppe, et que saisi de repentir vous reveniez à votre Dieu de tout votre cœur et de toute votre, âme, il aura pitié de vous, il vous ramènera de votre captivité, et fussiez-vous aux extrémités de la terre, il vous conduira dans votre patrie. Bien plus, il circoncira votre cœur, et celui de vos descendants, afin que vous

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