PROLOGUE DE LAITEIR
après qu'ils seraient entrés dans la terre promise, d'élever de grandes pierres pour y graver les paroles de la loi ; de telle sorte que ceux qui allaient et revenaient par les chemins au bord desquels ces pierres étaient dressées , fussent frappés par la vue de ces caractères, et touchés par l'éloquence de cette prédication muette. C'est d'après ces principes que Salomon instruit cet enfant symbolique auquel s'adresse le livre des Proverbes : « Gardez bien, mon fils, les commandements de votre père, et ne vous écartez jamais de la loi qu'une mère vous a imposée. Portez-la toujours gravée dans votre cœur ; qu'elle soit suspendue à votre cou comme un joyau d'un prix inestimable. Quand vous marcherez , qu'elle marche avec vous ; quand vous dormirez , qu'elle soit à votre chevet ; et quand vous vous réveillerez , entretenez-vous avec elle. Car le commandement de Dieu est un flambeau , sa loi est une pure lumière , sa discipline est le chemin qui conduit à la vie. » Prov. vi, 20 et seq.
Mille passages semblables pourraient être cités à l'appui de la même vérité ; ils abondent dans ce livre et dans tous les autres qu'on appelle sapientiaux. Là les hommes sont exhortés de toutes les manières à l'étude et à l'amour de la divine sagesse, sagesse qui consiste à lire , écouter , se rappeler et méditer nuit et jour la loi de Dieu. C'est là, selon l'expression de l'Evangile, Luc. x, 42, la meilleure part . celle qui fut choisie par Marie , elle que nous voyons assise aux pieds du Sauveur, écoutant sa parole en silence.
Que dirai-je maintenant des profondes énergies et des effets merveilleux de cette parole? Quand Dieu voulut rappeler son peuple du désordre et du péché, il ordonna à Jérémie d'écrire toutes les prophéties qu'il lui avait révélées contre ce peuple, et de les lire en public. Cette lecture frappa tellement les auditeurs de surprise et d'effroi, qu'ils se regardaient les uns les autres, plongés dans la confusion et la douleur. Le saint roi Josaphat vou-
| PROLOGUE Pi: I/.U'TITR.
lant UlTIMlf HMB6 au culte du Seigneur et à lasoumis-
utre iiH'% t'ïi prit-il , que d'envoyer des
dans toutes les villes ilu royaume, portant
eux !•• livre de la loi divine, la lisant au peup e réuni et lui
en faisant connaître le sens '. Pour nous montrer les heureux fruits
qui résultèrent de cette tentative. l'Auteur sacre ajoute aussitôt :
là Dieu répandit une telle frayeur chez tous les habitants du
royaume, qu'ils n'osèreni pas prendre les armes contre le roi Jo-
hai; et de la sorte B8 gloire s'éleva jusqu'au ciel , ses richesses
multiplièrent et si puissance s'affermit. » II Paralip. xvn, o.
Je voudrais que ce chapitre du Livre saint fût écrit dans le cœur
de tous les prélats de l'Eglise chrétienne, afin qu'ils imitassent
l'exemple de ce saint roi. Car, s'ils avaient recours aux mêmes
moyens . nul doute que l'empire des chrétiens ne fût maintenant
aussi florissant que le devint alors son royaume ; n'est-ce pas le
même Dieu que nous servons, et n'a-t-il plus aujourd'hui les
mêmes recompenses à donner aux mêmes actes de soumission et
de zèle ?
De tous les exemples qu'on pourrait citer pour montrer les heureux fruits de la sainte doctrine , aucun n'est plus digne de vivre dans notre mémoire que celui du pieux roi Josias; et cet exemple sort admirablement par la manière dont il est retracé dans les divines écritures. Josias commença à régner dès l'âge de huit . et il trouva le royaume comme perdu par suite des désordres de son père A mon et de son aïeul Manassès, les plus pervers de tons les nommes et qui se plaisaient à répandre le sang des prophètes. Mais la douzième année de son règne, on lui remit de la part du grand prêtre Helciasle livre de la loi de Dieu, que le pontife avait trouvé dans le temple, livre qui contenait non-seulement l'expression des volontés du Seigneur, mais celle encore des