LIVRE PREMIER, CHAPITRE XXIX
peut rien désirer du monde, parce qu'il est plus grand que le momie. — Il n'es! besoin ni de richesses ni d'ambition pour parvenir à celte félicité : elle est nn don que Dieu fait ;'i l'âme religieUse. Comme le soleil échauffe, comme le jour éclaire, l'eau de la source coule, la pluie tombe; ainsi l'Esprit de Dieu se répand généreusement dans les Anus. Vous doue, mon frère, qui êtes déjà inscrit parmi les soldats de cette armée céleste, efforcez vous d'en observer avec soin la discipline et les habitudes. Ayez pour compagnes inséparables la prière et la lecture : parlez tantôt avec Dieu, et tantôt écoutez-le vous parler lui-même. 11 vous enseignera ses commandements, et il réglera toutes les occupations de votre vie. Celui qu'il aura fait riche, que personne ne le tienne pour pauvre. La pauvreté et la faim ne déchireront pas la poitrine qui a été inondée de l'abondance des bénédictions d'en haut. Alors vous mépriserez les palais revêtus de marbre, les lambris revêtus d'or. Vous comprendrez que votre âme seule mérite d'être ornée, et que tout palais le cède à celui où Dieu repose comme en un temple vivant, et où l'Esprit-Saint a établi sa demeure. Revêtons, oui, revêtons ce palais des couleurs de l'innocence ; qu'il resplendisse de l'éclat de la vertu. Cette lumière n'aura à redouter ni affaiblissement, ni déclin ; ces couleurs ne perdront pas leur lustre comme l'or et les couleurs qui recouvrent des murs. Toutes les œuvres d'art sont caduques : Rien n'en garantit la durée, de sorte que leur possession n'est pas une possession véritable. Mais pour l'œuvre de l'Esprit-Saint, elle conserve toujours la vivacité de ses couleurs, l'éclat de sa beauté ; aucun souffle ne la renverse ni ne la flétrit, quoiqu'elle puisse recevoir, à la résurrection des corps, une perfection nouvelle. » Lib. II Ep. ad Don.
Si quelqu'un touché des raisons exposées dans ce livre, et principalement de la grâce de Dieu sans laquelle aucun bien n'est possible, désire embrasser la vertu, il apprendra dans le livre suivant quels sont les moyens les plus propres à l'y conduire.