‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 228 sur 308 · I.lMiK II. CHAPITRE III · texte numérisé non relu

I.lMiK II. CHAPITRE III

Lnûnimenl supérieurs à tous les trésors île La terre '.' L'homme qui s'expose volontairement à de si grands maux, a-t-il donc la raison .•h partage?

Guidé par ces incontestables principes, travaille/., mon cher livre, travaille/, à payer exactement tout ce que vous pouvez devoir au prochain. Evitez avec le plus grand soio de lui causer un préjudice quelconque. Ne laissez pas séjournel• dans votre maison le prix du travail de l'ouvrier, le fruit de ses sueurs. Ne le faites pas venir et revenir sans cesse pour vous arracher ce qui lui appartient à m juste titre; ne lui laissez pas le droit de dire avec raison qu'il lui en coûte plus pour recouvrer son salaire que pour le ga- -. N'est-ce pas à cela qu'aboutissent souvent les interminables dt lais des mauvais payeurs? Si le devoir d'exécuter un testament vous est imposé, gardez-vous de soustraire aux aines des morts •cours qui leur est dû, afin qu'elles ne portent pas par une expiation prolongée le poids de votre négligence , et que la responsabilité n'en retombe plus tard sur votre propre âme. Si vous avez des serviteurs envers qui vous ayez quelques dettes, tenez leurs comptes dans un ordre parfait, donnez-leur des garanties solides, mettez-vous en règle vis-à-vis d'eux pendant la vie, pour ne pas laisser votre mémoire et votre conscience elle-même entachées après la mort. Ce que vous pouvez vous-même exécuter de vos volontés dernières , n'en laissez pas le soin à ceux qui vous survivront ; car , si vous négligez vos propres affaires , comment pourrez-vous espérer que d'autres s'en occuperont avec un zèle efficace?

Tenez à honneur de ne rien devoir à personne, et vous aurez ainsi un sommeil tranquille , une conscience libre , une paisible vie, une mort calme et douce. Et le moyen d'obtenir ces heureux résultats, c'est délimiter vos désirs, de mettre un frein à vos appétits, de mesurer vos entreprises à vos ressources, de ne jamais dépenser ce que vous n'avez pas ; et de la sorte , ayant toujours réglé, non sur de dangereuses illusions, mais sur l'inflexible réalite, la marche de vos affaires, nulle dette imprévue, nul embarras possible. Ne l'oublions pas, en effet, nos dettes proviennent toujours de nos appétits désordonnés ; des goûts simples et sagetom. x. 28

ment modérés valent mieux que des rentes splendides. Comptez que les meilleures richesses. 1rs seuls véritables trésors , sont ceux dont parle l'Apôtreà son disciple Timothée: « Pour vous, ô homme de Dieu, fuyez la concupiscence, embrassez Injustice, la piété, la foi, la charité, la patience et ta mansuétude. » I Tint. vi, II. Vivons contents dans la position que Pieu nous a faite. Si les hommes ne portaient pas leur ambition au delà des limites que la Providence leur a tracées, leur vie s'écoulerait dans une paix profonde ; mais quand ils veulent franchir ces limites , c'est toujours au détriment de leur repos; on ne saurait obtenir des succès réels ni des prospérités solides, quand on agit contre la volonté de Dieu.

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