‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 245 sur 308 · LIVRE II. CHAPITRE IV M · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE IV M

plusieurs, une blessure encore fraîche est moins difficile à guérir qu'une plaie invétérée.

Que la tentation elle-même vous soit une occasion de progrès. Ne vous contentez pas d'y résister, tirez-en de nouveaux motifs pour avancer dans la pratique de la vertu. En correspondant ainsi à l'action de la grâce, non-seulement vous n'aurez rien soutier! de la tentation , vous en sortirez encore meilleur. Les attaques de l'ennemi tourneront de la sorte à votre avantage. Etes-vous tenté de gourmandise et de sensualité, retranchez quelque chose de vos repas ordinaires, bien qu'ils n'aient rien d'illégitime et d'excessif ; livnz-vous avec plus d'ardeur à la pratique du jeune et aux autres exercices de la piété. Etes-vous en butte aux suggestions de l'avarice, augmentez vos aumônes accoutumées et le nombre de vos bonnes œuvres. Est-ce la vaine gloire qui cherche à vous entraîner, allez au devant des humiliations, ne perdez pas une occasion de vous abaisser aux yeux des hommes. Peut-être alors le démon craindra-t-il de vous tenter, voyant que vous faites tourner la tentation au triomphe du bien , et que ses manœuvres ont un résultat contraire à celui qu'il se propose. Fuyez l'oisiveté autant que cela vous sera possible, ne soyez jamais tellement inoccupé que dans le repos môme vous n'ayez en vue quelque chose d'utile. Que vos occupations, d'autre part , ne soient jamais tellement absorbantes qu'elles vous empêchent d'élever quelquefois votre cœur à Dieu et de traiter intérieurement avec lui.

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