CHAPITRE IX
Sur quelques autres genres de péché contre lesquels un bon chrétien doit se tenir en garde.
Outre les sept péchés capitaux dont nous venons de parler, il en est d'autres que la religion nous apprend à fuir et sur lesquels il est bon d'appeler l'attention de nos lecteurs.
L'un des principaux , c'est de jurer en vain le nom de Dieu. Ce péché attaque directement la Majesté divine ; de sa nature il est
donc plus grave qu'un péché quelconque commis contre le prochain. Kt cola est vrai, non-seulement quand on jure par le nom de Dieu mémo, mais aussi quand on jure par la croix, parles saints, par la vie même de L'homme. Tous ces divers jurements, s'ils ont pour objet d'affirmer un mensonge, sont autant de péchés mortels ; l'Ecriture sainte revient bien souvent sur la gravité de L'offense qu'en pareil cas on fait au Seigneur. 11 est vrai que l'inadvertance peut faire que le péché ne soit pas mortel, puisque un tel péché exige le jugement de la raison et le consentement de la volonté. Mais cette restriction ne s'applique pas à ceux qui ont l'habitude de jurer fréquemment, sans attention, sans regret, sans aucun effort pour se corriger. Ceux qui jurent ainsi ne sont pas exempts de péché, alors même qu'ils ne remarquent pas la portée de leurs paroles, quand ils peuvent et doivent la remarquer. Qu'ils ne donnent pas pour excuse que la volouté de jurer pour le mensonge est aussi loin de leur esprit que de leur cœur; en persévérant dans leur mauvaise habitude, ils en acceptent évidemment les effets; leurs actes sont volontaires dans la cause, ils leur sont imputés à bon droit.
Un chrétien doit, par conséquent, faire tout ce qui est en son pouvoir pour se débarrasser d'une habitude aussi funeste, s'il ne I eut pas s'exposer à commettre un péché mortel, alors même qu'il agit par inadvertance. Pour arriver à ce but, nul moyen plus efficace que de suivre le salutaire conseil qui nous a été d'abord domié parle Sauveur lui-même, et que l'apôtre saint Jacques nous répète en ces termes : « Avant tout, mes frères, ne jurez ni par le ciel ni par la terre, ni par aucun autre objet, quel qu'il soit ; que votre manière de parler soit celle-ci : Oui, oui; non, non. Et de la sorte vous n'encourrez pas un jugement de condamnation. » Jœ. v, 12. Par ces derniers mots il veut dire : Vous ne tomberez pas ainsi dans l'habitude de jurer, si bien que vous en veniez à jurer pour le mensonge, vous exposant dès lors à subir un jugement qui vous condamne à la mort éternelle. Mais on ne doit pas travailler uniquement à se mettre soi-même a l'abri d'un vice aussi dangereux ; il faut travailler encore à l'exclure de sa famille, de sa maison , en avertissant d'abord, en reprenant ensuite les