‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 252 sur 308 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

De quelques autres remèdes plus abrégés contre toute espèce de péchés, et >/" ialement contre les péchés capitaux.

Les considérations que nous venons d'émettre suffisent à diriger l'homme dans la voie périlleuse de Ja vie; il n'est pas de péché contre lequel il ne puisse se défendre avec de telles armes. Dans Le moment même du combat cependant, vous pourrez avec avantage vous servir des courtes sentences qui suivent , et que nous a laissées par écrit un homme d'une grande sainteté. 11 en avait fait lui-même l'heureuse expérience, dans les luttes qu'il avait si 'iitenues contre tous les vices qui peuvent assaillir notre cœur.

Au sujet de l'orgueil, il disait: Quand je considère à quel degré profond d'humilité le Fils de Dieu, égal au Père, est descendu [tour moi, je défie une créature de m'abaisser tellement que je ne me juge digne d'un abaissement plus grand encore.

Au sujet de l'avarice : Une fois que j'eus compris que rien au monde ne saurait combler les désirs de mon àme, si ce n'est Dieu seul, je demeurai convaincu que c'était une bien grande folie de désirer autre chose que ce bien suprême.

Voici comment il repoussait la luxure : J'ai vu l'incomparable dignité dont mon corps est revêtu quand il reçoit le corps adorable du Christ; et j'ai jugé que ce serait un horrible sacrilège de profaner par des plaisirs charnels le temple que Dieu lui-même s'est consacré.

Contre la colère il s'armait de cette simple réflexion : Aucune injure qu'un homme puisse me faire ne sera capable de me trou- . si j'ai présentes à mes yeux les injures dont je me suis rendu moi-même coupable envers Dieu.

Il chassait ainsi de son cœur toute pensée de haine ou d'envie: Après que le Seigneur a daigné recevoir en sa grâce un aussi ni pécheur que moi, je ne puis plus refuser à personne ni -"ii pardon ni mon amitié.

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