LIVRE II, CHAPITRE XV. .il
rait-Hle pas remplie de confiance? Est-ce que Dieu n'est pas le meilleur et le plus puissant des pères? Le grand nombre de vos fautes, l'absence de tout mérite vous effraient-ils ; jetez les yeux sur la bonté du Seigneur, sur son fils adorable, notre Sauveur et cotre médiateur, et vous reprendrez bientôt courage. Lorsque vous traversez une rivière rapide, si l'impétuosité de l'eau vient à vous troubler , alors au lieu de regarder les flots qui s'écoulent, vous élevez vos regards en liaut, et vous retrouvez ainsi le calme et l,i sécurité. Faites de même dans le cas présent ; ne considérez ni ee que vous êtes ni les fautes que vous avez commises. Que devrai-jc donc considérer? demanderez-vous. Considérez d'abord la bonté et la miséricorde infinies de votre Dieu qui daigne apporter remède à tous les maux que renferme le monde. Considérez la vérité de sa parole , car il a promis aide et secours à tous ceux qui invoqueront humblement son nom sacré et se mettront sous sa protection. Un ennemi même ne refuserait pas d'ouvrir sa porte à son ennemi si ce dernier cherchait dans le péril un refuge auprès de lui. Codsidérez encore les bienfaits innombrables que jusqu'ici vous avez reçus de sa main paternelle ; et par l'expérience de sa bonté passée apprenez à compter sur sa bonté à venir. Considérez sur toutes choses les mérites et les souffrances du Sauveur ; c'est là notre principal titre à obtenir l'assistance divine. D'un côté, en effet, ces mérites ont une valeur infinie ; de l'autre ils forment le trésor où l'Eglise puise le remède à ses besoins et à ses maux. Tels sont les principaux fondements de notre confiance ; tels sont les motifs qui rendaient l'espérance des saints aussi ferme que la montagne de Sion.
Ce qu'il y a de déplorable c'est que malgré tant de raisons puissantes notre confiance laisse beaucoup à désirer. Dès que nous voyons le danger nous tombons dans l'abattement et nous allons en toute hâte en Egypte demander du secours à Pharaon. Isai. xxx. Vous rencontrerez un grand nombre de serviteurs de Dieu s'adonnant avec zèle à l'aumône, à l'oraison, aux mortifications, mais qui sont bien éloignés- de cette confiance inébranlable que sainte Suzanne conservait dans le Seigneur , suivant l'Ecriture, lorsqu'elle était condamnée et près de subir sa sentence.
Dan. xiii. 35. Si l'on ne désire que des autorités pour être persuadé de L'excellence de cette vertu, qu'on parcoure les psaumes et les livres des prophètes : on y verra peu de choses aussi instamment conseillées qu'une confiance pleine et sans limites dans le Seigneur.
Du zèle de la gloire de Dieu.
La quatrième vertu à laquelle nous devons ouvrir notre âme est le zèle de la gloire de Dieu. Si nous en sommes pénétrés , nous n'aurons rien tant à cœur que de voir la gloire de Dieu se répandre en tout heu, son nom adorable sanctifié, sa volonté accomplie au ciel et sur la terre. Par contre , la plus vive de nos peines sera de voir le culte et l'amour du Seigneur négligé par La plupart des hommes. Ce zèle a toujours été le caractère des saints; et l'un d'entre eux exprimait à quel point il en était rempli par ces termes énergiques : « Le zèle de la gloire de votre maison me dévore , Seigneur. » Psalm. xlviii, 40. En sorte que son corps aussi bien que son âme témoignait de l'ardeur avec laquelle il se réjouissait de l'honneur de Dieu ou s'affligeait de l'oubli dont il était l'objet. Que ce zèle s'allume dans nos cœurs , et nous recevrons sur le front le signe glorieux qui protège les élus contre les fléaux et les châtiments de la divine justice.
De la pureté d'intention.
La pureté d'intention qui se présente ensuite à nous , fait que dans toutes nos œuvres, au lieu de chercher notre satisfaction ou notre intérêt, nous nous proposons uniquement la gloire et le bon plaisir de notre Dieu , sachant fort bien que plus complet sera notre sacrifice, plus abondante sera notre récompense. Ce pointai est de la plus haute importance. C'est pourquoi il faut en toutes nos actions examiner si nos yeux se portent sur un autre objet que Dieu. Rien n'est plus subtil que l'amour-propre, »'t il n'est pas d'action où il ne tâche de se glisser. Bien des personnes très-ricin sa en bonnes œuvres seront peut-être trouvées pauvres au jugement