LIYRB II, CHAPITRE XVI
béifl à Dieu. Saint Paul établit cette obligation quand il recommande ans esclaves d'être soumis à leurs maîtres, comme ils le .sir.uVnt à Jésus-Christ. A plus forte raison, l'inférieur doit-il être soumis à son supérieur auquel il est lit'' par la chaîne de l'obéissance.
L'obéissance renferme trois degrés: le premier consiste à exé- •■uirr simplement la chose commandée; le second à y joindre Une
bonne volonté ; le troisiè à faire de [dus abnégation de son
propre jugement. Certains accompliront bien les ordres qu'on leur donne ; mais ils ne les approuveront pas et ne les exécuteront qu'avec répugnance. D'autres les accomplissent volontiers; mais ils trouvent quelque chose à reprendre. D'autres enfin soumettant leur intelligence au joug du Christ exécutent de grand cœur les ordres de leur supérieur, comme ils exécuteraient les ordres de Dieu , c'est-à-dire en approuvant humblement ce qui leur est commandé, et sans se constituer juge de celui qui un jour les jugera.
Appliquez-vous, mon frère, à obéir de la sorte à vos supérieurs, et souvenezTvous de la parole du Sauveur : « Celui qui vous écoute m'écoute ; celui qui vous méprise me méprise. » Ne mnrmurez jamais contre eux, de crainte qu'on ne vous dise un jour : « Ce n'est pas à nous que vos murmures s'adressent, mais à Dieu. » Exod. xvi. x. Ne les mésestimez pas, afm que le Seigneur ne leur dise pas aussi : « Ce n'est pas vous que l'on repousse , c'est moi , de peur que je ne règne sur eux. » I Beg. vin, 7. N'employez pas envers eux la duplicité et la ruse , car vous entendriez cette parole : « Ce n'est pas aux hommes que vous avez menti , mais à Dieu. » Act. v, 4. Et peut-être cette faute serait-elle suivie du même châtiment.
Les personnes mariées s'occuperont d'abord de soigner leur maison, leurs enfants et de contenter leur mari. Ces obligations remplies, elles pourront se livrer à toutes les pratiques de dévotion qu'elles voudront.
Les pères de famille ne devraient jamais perdre de vue le redoutable châtiment qu'attira sur la tète d'IIéli sa négligence envers ses enfants. Non-seulement il les frappa tous trois de mort ;
mais il leur enleva irrévocablement le souverain pontificat.
1 Reg. iv, 10. Les péchés des enfants sont jusqu'à un certain point, les péchés des parents; la perte du fils est aussi dr la même maniciv la perte du père ; car il ne mérite pas le nom de père, celui qui ayant engendré des enfants pour ce monde ne les engendre pas aussi pour le ciel. Ne leur épargnez donc pas les reproches et 1rs conseils ; éloignez-les des mauvaises compagnies ; cherchezleur de bons maîtres, faites-leur aimer la vertu, et mtruisez-les dès leur enfance, comme Tobie, à craindre le Seigneur. ToU. iv. Ne craignez pas de les contrarier quand il le faut, et puisque vous avez été avant leur naissance le père de leur corps, soyez après le père de leur àme ; car il n'est pas digne de l'homme que la paternité n'aille pas plus loin chez lui que chez les animaux. Que votre paternité soit celle d'un homme, celle d'un chrétien, celle d'un vrai serviteur de Dieu qui donne à Dieu des enfants, au ciel des héritiers, au lieu de donner à Satan des esclaves, à l'enfer des victimes.
Les personnes qui ont un nombreux domestique ont à se souvenir de la sentence de saint Paul : « Si quelqu'un néglige les siens, et principalement les gens de sa maison, il a renoncé à toute foi, et il est pire qu'un infidèle. » I Timoth. v, 8. Les serviteurs sont pour ainsi dire les brebis de votre troupeau ; vous en êtes le pasteur et le gardien ; et un jour il vous en sera demandé compte en ces termes : « Où est le troupeau qui vous fut confié ? Qu'avezvous fait du dépôt précieux qui vous avait été remis ? » Jer. xiii , ■20. Le Prophète a raison d'appeler ce dépôt, précieux ; il l'est et à cause du prix auquel l'homme a été racheté, et à cause de la noblesse que l'incarnation a communiquée à notre nature : en sorte qu'il n'y a pas d'esclave et de misérable qui n'ait été délivré et ennobli par le sang et l'humanité du Christ.
I n bon maître aura soin encore qu'aucun de ses serviteurs ne soit entaché d'un vice public, comme serait la haine, l'amour du jeu, l'habitude du parjure, des blasphèmes et de l'impureté. Il leur procurera le moyen de s'instruire sur la doctrine chrétienne, et d'observer les commandements de Dieu et de l'Eglise, principalement en ce qui regarde l'assistance à la messe aux jours de di-