‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 285 sur 308 · LIVRE II, CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XVII

yeux, nos oreilles, noire langue et notre cœur ; pratiquons la sobriété dans le boire el le manger. Si la modération règne dans nos

paroles et QOS mouvements, si QOUS aimons la solitude et le silence, si nous ne négligeons aucun moyen extérieur propre à enflammer noire âme, nous conserverons intact ce précieux trésor. Si nous laissons de côté cesavis, nous pouvons cire assurés de le perdre «ivanl longtemps.

Ces diverses réflexions déclarent suffisamment l'importance de la seconde classe de vertus. Elles serviront en même temps à saisir les rapports des unes et des autres. Les unes jouent le rôle de lin, les autres de moyen; les unes sont en quelque sorte la santé de l'a nie, les autres sont les remèdes nécessaires pour obtenir cette santé. Les unes sont l'esprit de la religion , les autres sont le corps dont l'esprit a un besoin indispensable pour accomplir ses opéralions. Les unes sont le trésor; les autres sont la clef qui en ouvre l'entrée. Les unes sont le fruit de l'arbre, les autres sont les feuilles qui ornent l'arbre et protègent le fruit ; avec cette différence que les feuilles ne font pas partie du fruit , tandis que les vertus extérieures font partie de la justice, et contribuent, aussi bien que toute autre vertu animée par la charité , à augmenter nos mérites el notre gloire.

Voilà, mon frère, l'importance que vous devez attacher à chaque vertu. Vous pouvez, en observant la règle que nous avons donnée , en déterminer la valeur, et par cela même éviter deux erreurs également nuisibles, l'erreur des pharisiens du temps de Jésus-Christ, et l'erreur des hérétiques d'aujourd'hui. Les pharisiens , hommes charnels et ambitieux, accoutumés de plus à l'observance littérale d'une loi qui s'adressait elle-même à des hommes de chair, ne faisaient aucun cas de la vraie justice et des vertus spirituelles , comme le montrent les récits évangéliques : se souciant peu de la réalité de la vertu , ils se contentaient, selon le mot de l'Apôtre, d'en revêtir l'image; et tandis qu'ils paraissaient bons au dehors, ils étaient abominables au dedans. Les hérétiques de nos jours, pour fuir cet excès, se sont précipités dans un excès opposé, et ont prêche le mépris des vertus extérieures. La doctrine catholique évite ces deux écueils. Tout

.j LA GUIDE DES PECHEURS.

en maintenant la prééminence îles vertus spirituelles , elle ivi sonnait le mérite et L'utilité des autres vertus. De la sorte, comme

dans une république bien ordom files out toutes les droits et

les prorogatives qui leur conviennent.

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