‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 286 sur 308 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

De quatre conséquences importantes de la doctrine qui précède.

De la doctrine précédente il résulte quatre conséquences de la plus haute importance pour la vie spirituelle. La première est celle-ci : Le véritable serviteur de Dieu ne doit pas s'appliquer seulement à acquérir les vertus spirituelles, encore qu'elles soient les plus nobles de toutes ; il faut qu'il y joigne les vertus extérieures, soit afin de conserveries autres vertus, soit afin d'arriver a la parfaite justice. Considérons en effet que si l'àme ou le corps isolés ne constituent pas l'homme, l'àme sans le corps n'étant qu'une partie de l'homme , et le corps sans l'àme n'étant qu'un peu de boue; les vertus spirituelles ne constituent pas davantage à elles seules la perfection chrétienne , laquelle exige les vertus • xterieures aussi bien que les vertus intérieures. D'un côté la conservation de celles-ci et l'accomplissement de toute justice deviennent impossibles sans celles-là ; de l'autre , les vertus extérieures isolées sont avec la perfection dans le même rapport que le corps sans l'àme avec l'humanité. De même que le corps reçoit de 1 unie la dignité et la vie , les vertus extérieures reçoivent leur vie et leur valeur des vertus intérieures, et principalement de la charité.

Par suite , quiconque désire éviter toute illusion et devenir un chrétien parfait , ne doit pas plus séparer ces deux classes de vertus qu'il ne séparerait lame du corps pour former un homme. Qu'il embrasse simultanément le corps et l'àme, le coffre et le trésor, la vigne et son appui, c'est-à-dire les vertus spirituelles is qui les protègent. Autrement, ou bien il perdrait iremièi es ; ou bien , en se bornant aux secondes, il n'en reti-

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