A VALÉRIEN, BON PARENT
forces H par tous les moyens qui sont en notre pouvoir. La soutenir et la diriger sans relâche, c'esi garder fidèlement le dépol qui doil un jour nous être demandé. Quel es! L'homme qui voulant élever un édifice, oe s'occupe avant tout d'en bien asseoir les fondements? Quel est l'homme qui ne regarde la vie comme lé premier de tous les biens, sachanl qu'il n'en peul posséder aucun sans la vie elle-même? Si le premier de tous les biens nous fait défaut, sur quel fond entasserions-nous les autres? Commenl songer à vivre dans le bonheur, quand on n'a pas l'essence même de la vie? En vérité, une vie qui n'est pas, ne saurait jamais être une vie heureuse. El (pu-Ile vie peuvenl donner les mets abondants et délicats, alors qu'on ne possède pas de quoi satisfaire à la faim de l'âme? -Ne vous étonnez donc pas si le Sauveur dit dans son Evangile : «■ De quoi sert à l'homme de gagner le inonde entier, s'il vient à perdre son àme? » Matth. xvi , 20. Il n'est pas d'acquisition, en effet, qu'on puisse regarder comme un gain, quand elle implique la perte d'un bien spirituel; et si notre àme souffre quelque atteinte, tous les biens temporels ne sont plus rien ; car le seul vrai bien de l'homme consiste uniquement dans son àme. N'épargnons donc ni soins ni peines pour acquérir les seuls trésors assurés , les trésors et les richesses de l'âme , avant qu'elle arrive au terme de sa course ici-bas.
Dans ce petit nombre de jours qui nous sont donnés nous pouvons acquérir une vie étemelle, pourvu que nous n'allions pas nous contenter de ces quelques jours que nous avons à passer sur la terre ; car alors même que nous pourrions y trouver un bonheur véritable et certain, leur peu de durée ne nous permettrait pas encore de leur accorder notre estime. Une chose qui doit finir en peu de temps, ne mérite jamais d'être appelée grande; et l'on ne doit pas davantage appeler long un temps qui doit nécessairement avoir un terme. Bien courte est la joie que la vie peut donner, puisque la possession de cette vie est elle-même si courte. A ne considérer même les choses que sous cet unique aspect, nous devrions toujours préférer aux plaisirs de la vie présente , les délices de la vie à venir; celle-là n'a qu'un temps, celle-ci est éternelle; et n'est-il pas évident que mieux vaut posséder des
tiens étemels, que des biens périssables? Mais il y a bien autre chose à considérer, un tout antre mobile à nos désirs. Seule la vie future nous promet le vrai bonheur, la félicité suprême. La vie présente passe rapidement, et ce court espace est encore rempli de beaucoup de douleurs et de misères, les unes attachées à notre nature elle-même, les autres tombant sur nous comme par surcroît et souvent par notre tante. Y a-t-il une chose au monde moins assurée , plus trompeuse, aussi changeante et fragile que cette même vie? Que de labeurs, de tristesses et de dangers, que de soucis, d'infirmités et de craintes ! Elle est inquiète et tourmentée comme une mer sans cesse bouleversée par les tempêtes.
Quel est donc le motif, ou quel est l'intérêt qui peuvent engager l'homme à négliger les biens éternels pour s'attacher aux faux biens , aux fragiles plaisirs de la terre ? Voyez la conduite des hommes du siècle : Quand ils doivent pour longtemps fixer leur séjour dans une contrée , ils s'efforcent d'y réunir des biens abondants, ils travaillent chaque jour à augmenter leur patrimoine ; tandis qu'ils n'ont garde d'entasser des richesses, de réunir de grandes provisions, dans un pays et dans une demeure qu'ils vont bientôt abandonner. C'est ainsi que nous devons agir nousmêmes : Nous n'ignorons pas quelle est la fragilité du monde et la brièveté du temps , nous savons aussi que les siècles à venir n'auront pas de fin , que la patrie céleste ne saurait jamais être ébranlée; c'est là que nous devons jeter des fondements inébranlables, travaillons à être heureux là où nous devons habiter pour l'éternité. Ne détournons pas nos soucis et nos soins de leur véritable objet, ne mettons pas le désordre dans l'activité de notre âme , en la portant davantage sur ce qui est de nul prix et de courte durée , beaucoup moins sur ce qui est inestimable et éternel.
Ce que je dis est tellement certain , que je ne sais vraiment ce qui est le plus capable d'exciter dans nos cœurs le désir du ciel , ou la pensée des biens que nous y devons posséder , ou le sentiment des maux que nous éprouvons ici-bas ; si , d'une part , nous sommes attirés par de douces et chastes délices, nous sommes repousses , de l'autre , par de continuels tourments. Voilà donc