‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 302 sur 308 · A VALERIEN, SON PARENT · texte numérisé non relu

A VALERIEN, SON PARENT

Regardons-nous comme étant toujours à la veille « 1 * - ce jour<|ui dous est caché el quidoil être le dernier de dos jours. Préparonsnous à Qotre dépari de ce monde par des résolutions el des pensées

qui, tout eu nous faisant craindre la mort de loin, la dépouillenl de toutes ses terreurs quand elle Rera présente. Beureus les fidèles disciples du Christ; le souvenir de la mort ne fatigue pas leur âme; ils attendent avec calme et sérénité le dernier instant de leur vie, parce qu'ils ont le désir et la confiance d'échapper aux liens du corps pour être avec leur bien-aimé. Pour ceux qui sont animes de ces heureuses dispositions, mieux vaut aujourd'hui que demain; car ils passent d'une vie périssable à une vie qui ne doit jamais finir.

Beaucoup comprennent ces choses; bien peu en font l'objet de leurs méditations. Mais quand il s'agit de notre éternelle félicité, ne nous laissons pas entraîner par la foule ; la négligence des autres ne saurait être notre loi. Dans une affaire aussi importante, faut-il donc prendre exemple sur ceux qui la compromettent par leurs égarements? Le grand nombre des âmes perdues ne nous sera pas une excuse au tribunal de Dieu; chacun de nous sera examiné en particulier, et c'est sur ses propres mérites qu'il sera absous ou condamné , sans égard à la conduite du reste des hommes. Trêve donc à ces vains prétextes, à ces dangereuses illusions qui nous empêchent de comprendre et de sentir notre propre malheur. Ne vaut-il pas mieux arriver à l'immortelle vie avec le petit nombre , que de nous perdre misérablement avec l'immense majorité des hommes. Bien aveugle et bien coupable es* celui qui court à sa propre perte, pour ne point se séparer de mi sérables créatures dont il ne saurait attendre aucun remède à set. maux. Que l'exemple des pécheurs n'affaiblisse donc pas en nous l'impression de nos péchés; n'allons pas prendre pour guide une prudence qui n'est que folie. Appréciez à leur juste valeur le» œuvres et les discours de ces hommes ; vous serez étonné du désordre et de la faiblesse qui les caractérisent.

Il en est cependant qui méritent de fixer votre attention et dont

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