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l'exemple peut vous être salutaire. Portez vos yeux sur l'exemple de ces hommes qui ont toujours présent à leur esprit le but pour lequel bien les a créés, qui s'occupent incessamment pendant tout le rouis de la vie, d'assurer par leurs travaux et leurs bonnes oeuvres La grande affaire de leur salut, qui sèment laborieuse-» ment sur la terre, pour récolter dans le ciel. De tels exemples ne vous manquent pas; non-seulement ils sont nombreux, nuis vous en avez encore de magnifiques. Grâce à Dieu, nous voyons maintenant la noblesse du monde, les grandeurs et les dignités. le t. dent et la science, l'éloquence et les lettres, passer sous l'étendard de la foi, se soumettre à l'Evangile, aller à l'école du Christ. Nous voyous les têtes les plus altières s'incliner avec respect et îecevoir sur elles le joug suave du Seigneur. Je pourrais vous désigner par leur nom. si c'était nécessaire et si ce n'était pas là s'engager dans un trop long discours, les hommes illustres, les personnages émiuents, qui sont entrés dans la voie étroite, qui pratiquent encore sous nos yeux les austères vertus par lesquelles Dieu veut être servi et honoré. Je ne dois pas cependant les passer tous sous silence; qu'il me soit permis de vous en nommer quelques-uns.
Clément était né d'une famille sénatoriale, le sang même des Césars coulait dans ses veines, il était versé dans toutes les sciences, il brillait dans les arts libéraux; il se fit chrétien , et ses progrès dans la vertu furent si grands qu'il mérita d'être le successeur du Prince des apôtres. Grégoire évêque du Pont avait été l'honneur de l'éloquence et de la philosophie ; mais il les fit servir à rendre plus éclatantes, et la sainteté de sa vie, et ses œuvres merveilleuses. L'histoire nous raconte de lui, entre autres preuves de son mérite et de son pouvoir, que par la vertu de sa prière il transporta une montagne d'un endroit à un autre , afin de permettre aux fidèles de bâtir une église dans le lieu même où ils s'étaient tenus cachés pendant la persécution. L'histoire nous apprend encore qu'il mit à sec une lagune par le même moyen, pour rétablir ainsi la paix entre <\>-> populations qui se disputaient le prix de la pêche. Il est un autre Grégoire bien plus célèbre encore; son esprit était orne de toutes les sciences humaines, et il les méprisa
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toutes pour embrasser la divine philosophie de la croix. I ne ciroonstance de sa vie rentre si bien dans notre sujel que je ne sauçais m'erapêcher de la reproduire. Basile son ami, son compagnon et son émule dans Les études du siècle, enseignait la rhétorique avec le plus grand éclat; Grégoire vin! le prendre par la main dans son école en Lui «lisant : Laisse-là ers vanités, il est temps de songer à ton saint. Basile ne fut pas sourd à cette parole. L'un et l'antre devinrent de grands évêques el dotèrent 1 Eglise catholique des plus magnifiques ouvrages, où reluit La beauté de leuar toi, en même temps que celle de leur génie. Paulin évêque de Noie, L'honneur de notre France, méprisa les plus hautes dignités et Les plus grandes richesses, il foula même aux pieds les palmes de L'éloquence, pour marchera la suite de Jésus Christ; et dans ce nouveau genre de vie, il porta des fruits si abondants de et de salul . que toutes les parties de la terre ont pu y participe;-.
Que dirai- je d'Hilaire et de Pétrone, qui naguère encore étaient
la gloire de l'Italie ! L'un et l'autre descendaient d'une antique et illustre famille; mais ils ont .sacrifié Kur grande position dans le monde, celui-là à l'épiscopat, celui-ci au sacerdoce. Je ne puis que nommer en courant Firmin , Minucius, Cyprien, Evagre, Chrygûstome, Ambroise, Augustin. Tous ont marché par la même voie, et l'exemple de l'un excitait et soutenait l'autre à quitter le pour embrasser le renoncement évangélique.
Les ignorants eux-mêmes s'élèvent à cette haute vertu et nous ravissent le ciel; tandis que nous, avec toutes nos lumières, noua nous traînons dans la chair et le sang. Ils ont conçu dans leur cœur cette pensée généreuse, ils ont eu le courage de l'accomplir; ils ont abandonné des choses de peu de valeur , pour gagner à la place des biens inappréciables dans la joie du Seigneur. Parmi les hommes célèbres qui, pour obéir à la voix d'en haut, ont abandonné les honneurs que le monde prodigue à la naissance, au travail, au génie, j'ai choisi quelques noms à peine qui brillèrent dans les rangs des simples particuliers. Pourquoi nerappellerais-je pas aussi le nom des rois et des maîtres du monde? Certes je n'entreprendrai pas non plus de nommer tous ceux qui, dans les splendeurs du trône , ont fait éclater leur amour pour la religion,
LETTRE DE SAINT El'CHER, ont sa reconnaîtra ses grandeurs invisibles. Je n'irai pas demander aux inciens temps Les exemplesd'un David ou d'un Ezéchias; qu'il m»' suffise de vous renvoyer aux pages éloquentes du livre
divin. 11 ne manque pas, même à cotre époque, de rois puissants, d'illustres reines, qui se sont dévoués, aVec une admirable piété,
au service du seul Roi véritable, du souverain Monarque de l'univers, du Roi des rois, du Seigneur des seigneurs. De tels exemples toucheront davantage votre cœur, parce qu'ils sont en quelque sorte présents à vos yeux; ils vous stimuleront plus èffleaeement à chercher cette vie bienheureuse dont ils vous aplani— Mit le chemin.
Si vous voulez aller plus loin , s'il vous faut d'autres encouragements puisés dans des natures étrangères , voyez la succession des jours et des années ; considérez le soleil , la lune et tous les astres qui brillent dans les cieux : comme ils accomplissent avec ponctualité, sans effort et sans peine, les ordres du Tout-Puissant; comme ils concourent d'une manière infaillible à la merveilleuse harmonie de l'univers! Et nous, pour qui toutes ces créatures ont été faites, qui contemplons avec ravissement ce magnifique spectacle, nous qui connaissons la structure du monde et les mouvements du ciel, nous enfin qui n'ignorons pas dans quelle vue le créateur a disposé toutes ces choses et qui sommes forcés d'y reconnaître autant de voix qui nous rappellent à lui , fermeronsnous obstinément nos oreilles à ses divins commandements? Quoi! les créatures insensibles faites pour le service de l'homme , n'ont entendu qu'une seule fois, à l'instant même de leur création, une seule parole sortie de la bouche de Dieu; et cette parole leur a suffi pour toute la suite des siècles, jamais elles ne l'oublient, jamais elles ne la transgressent. Et nous, pour qui furent écrits tant de livres inspirés, établies tant de lois si sages , nous ne cessons de désobéir à notre Créateur; le spectacle de l'univers et l'exemple des êtres qui le composent ne peuvent émouvoir notre cœur, et cela, quoique nous ne puissions pas ignorer combien c'est une étrange folie à l'homme d'oser s'élever contre Dieu, quoique nous sachions de plus que celui qui refuse d'aimer son Bienfaiteur , n'échappera pas aux mains du souverain Juge. Car enfin
A Wli.uiA, SON PARENT, uù pourraient Be réfugier ceux qui s'éloignent * 1 « ■ Dieu? Le Prophète royal s reliait : a Où irai-je pour me dérober à votre esprit? Où fuirai-je pour me cacher de votre face ? Si .p- m'élève dans les deux . c'esl là votre demeure; si je descends dans les enfers, je vous y trouve encore; si je prends des ailes et m'envole au delà des mers, c'est votre main elle-même qui m'aura transporté aux extrémités du monde, s Psalm. cxxxvni, 7 et seq. Unsi donc,
qu'ils Le veuillent on ne le veuillent pas, C6UX dont la volonté l'ail
effort pour si- soustraire à l'autorité du Maître universel, retomberont inévitablement sous son empire. Ils sont loin de lui par leurs affections; il est sur eux par sa puissance. Les insensés! Ils s'imaginent être sortis de son domaine , avoir échappé à sa juridiction; et cette juridiction divine les enveloppe de tontes parts. Ils se persuadent avoir fui la justice suprême, quand ils sont enchaînes aux pieds de son tribunal. Si l'homme a le droit de poursuivre son esclave fugitif et de le ramener sous sa puissance, Dieu se serait-il dépouillé de ce même droit, lui le Seigneur des sei gneurs, à qui seul appartient par essence la suprême domination sur tous les mortels ? Celui qui exerce la justice par les autres, ne pourrait-il donc pas l'exercer par lui-même.
Non-seulement les objets que nous avons sous les yeux sont faits pour toucher notre âme ; mais encore elle doit être ébranlée par les divines promesses, qui retentissent chaque jour à nos oreilles. Considérons avec attention, pesons avec le plus grand soin les enseignements qui nous sont donnés; croyons avec une complète docilité , aspirons avec ardeur aux biens qui nous sont promis. L'Auteur de toutes les choses que nous voyons , établit sur des fondements inébranlables notre foi à celles que nous ne voyons pas. Si nous savons donner à notre vue un exercice intelligent et salutaire , si l'admiration que nous fait éprouver le magnifique tableau de la création, nous élève à la connaissance du Créateur; si la faible étincelle qui nous éblouit ici-bas, nous fait pressentir l'éclatante lumière qui doit nous inonder dans la patrie céleste, en un mot , si de la beauté des choses périssables,
■068 savons conjecturer L'inénarrable beauté des choses éternelle^ nos sens eux-mêmes dous apprendront à désirer ces liions dont ils ne n ooivent pas L'impression.
\'i- pas uniquement de nos sons corporels pour leurs
pins bas offices; faisons-les servir, dans L'ordre voulu de Dieu, à l'une ei à l'autre de nos vies. Que le concours qu'ils donnent à la vie temporelle, ne nous soit pas une entrave, mais plutôt un moyen, pour acquérir l'éternelle vie. Si nous sommes entraînés par l'amour des créatures ei par le plaisir que nous y trouvons, deux causes qui agissent si puissamment sur le cœur humain, combien plus ne devrions-nous pas aspirer au bien suprême, au bien souverainement délectable de l'éternité? Celui-là ne mérite ■ point seulement notre amour, mais il le mérite seul, à l'exclusion de tous les autres. Ce bien est Dieu lui-même; et nous ne pouvons tellement aimer Dieu, qu'il ne mérite un amour plus grand encore. Ce que nous avons dit plus haut en parlant des honneurs, trouve ici une application non moins frappante : au lieu des plaisirs mondains , les justes goûtent une félicité mille fois plus profonde et plus pure. Etes-vous donc épris des grandeurs de la terre, songez qu'il n'y a rien qui soit aussi grand que Dieu. Si c'est la gloire du monde qui vous séduit , que pouvez- vous concevoir de plus glorieux que de posséder Dieu même? Si la splendeur des choses visibles fascine vos regards, contemplez l'immortel éclat des choses invisibles. Si les beautés créées ont pour vous tant de cbarmes, élevez votre cœur vers la beauté suprême. Si vous allez à la recherche de la vérité , ne dédaignez pas la vérité par essence. Si c'est la libéralité qui plaît à votre cœur, qu'il remonte à la source même de toute magnificence. Est-ce la pureté et la sin«cérité qui sont l'objet de votre admiration, que pouvez-vous concevoir de pur et de sincère comme la divine bonté? Avez-vous rêvé la réunion de tous les biens, vous trouverez en Dieu tous les trésors imaginables. Vous faut-il un ami fidèle, vous n'en troiirverez pas d'aussi fidèle que lui. Si c'est votre avantage que vous ambitionnez, lien ne saurait vous être avantageux comme son amour. Aimez-vous dans un être la force et la suavité, il n'en est •pas d'aussi fort et d'aussi suave. S'il vous faut une consolation