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\.is celle de Jérusalem , n'ayant tous qu'un cœur et qu'une âme. Kt devant cette grande multitude réunie sur une vaste place, Ks.Iims lut pendant sept jours consécutifs, d'une voix forte, claire et distincte , le livre où sont renfermés les commandements e! la loi tout entière du Seigneur; et pendant cette lecture, le peuple versait des larmes abondantes. Puis, les vingt-quatre autres jours de ce mois, la même lecture fut continuée quatre fois le jour; et chaque fois le peuple adressait à Dieu ses prières et ses louanges. Par ces pieux exercices, les enfants d'Israël s'excitèrent à la pénitence , rendirent à la religion la force et la grandeur qu'elle avait perdues , et ils accomplirent dans leur cœur une des plus grandes et des plus généreuses actions qui se soient jamais accomplies sur la terre : ils renvoyèrent les femmes étrangères avec lesquelles ils étaient maries , afin que le peuple de Dieu ne demeurât plus mêlé à la race des Gentils.
Il n'est rien en définitive que la parole de Dieu ne puisse réaliser, tout comme Dieu même ; car elle est son instrument, et c'est, avec raison que d'une certaine manière on attribue à l'instrument tous les effets produits par la cause principale. Ainsi donc la parole de Dieu ressuscite les morts, régénère et fortifie les vivants, guérit les infirmes , conserve la santé à ceux qui la possèdent déjà, rend aux aveugles la lumière des deux, enflamme les tièdes, rassasie ceux qui ont faim, donne du courage aux faibles, est la consolation des affligés. On peut la comparer à cette manne tombant du ciel et qui possédait le goût de tous les aliments; car il n'est ni impression ni sentiment qu'une àme désire éprouver et qu'elle ne trouve dans la parole de Dieu. Cette parole dissipe la tristesse, ranime la piété qui s'éteint , fait briller la joie au sein des tribulations, excite au repentir le cœur le plus insensible , attendrit et dilate de plus en plus une âme déjà touchée de l'amour divin.
PR0L0G1 l KM L'AI IBUR.
1 ii grand nombre dfl oea effets nous sont expliqués en peu de Prophète royal . quand il «lit : « La loi du Seigneur mmacalé avertit lésâmes. Les témoignages du Sei-
:it vrais el fidèles; ils donnent la sagesse aux tout petits enfants. Les justices du Seigneur sont la droiture même; elles lissent If cœur. Le commandement du Seigneur est clair et :it . il illumine les yeux de l'àme. La crainte du Seii indienne de La sainteté dans les siècles des siècles. Les jugements divins, ce qui désigne les lois que Dieu luimème a faites , sont inébranlables dans leur vérité et se justifient par eux-mêmes. Leur valeur est bien supérieure à celle de l'or et pierres précieuses; ils sont plus doux qu'un rayon du miel le plus pur. » PscUm. xviu, <S et seq. Dans ce peu de mots le Prophète nous fait e<»imaitreun grand nombre d'effets produits par la divine parole, et plusieurs des vertus qu'elle renferme. Puis il termine cette énumératàon en nous montrant non-seulement le prix et la dignité de la doctrine sainte , mais encore l'ineffable douceur dont elle est la source pour une àme religieuse et pure. De Là vient que le même prophète s'écrie clans un autre psaume : a Quelles sont agréables, Seigneur, à mon palais, vos divines paroles] Pour moi elles sont plus douces que le miel. » Psalm. 'Win . 103. Mais il ne se contente pas de donner ces éloges à la loi du Seigneur , il nous montre toujours dans le même saint cantique , le pur amour, le goût des choses divines , la lumière et la sagesse que nous pouvons puiser dans la lecture assidue de cette loi ; il s'écrie : « Que je suis épris d'amour, Seigneur , pour votre loi Bainte! Durant tout le jour elle est l'objet de ma méditation. L'est elle qui m'a rendu plus prudent que tous mes ennemis, elle qui m'a rendu plus savant que tous mes maîtres; car je '■ occupé a l'étudier et à la contempler. Elle ma rendu plus sage que ],-., vieillards, parce que je m'applique à la garder.»
PROLOf.rE DE I/AI III H. Il
Si les effets que eette Lumière produit dans 1rs âmes sont sj grands et si merveilleux , que peut-il y avoir de plus déplorable,
commi' nous l'avons dit au commencement . quel plus juste sujet de larmes, que de voir cette divine lumière si obstinément re- BOUSsée par le monde? Nous marchons encore dans les plus épaisses ténèbres. Quelle ignorance dans les enfants et dans les patente, quel étrange oublide la sainte doctrine ! Aussi quel aveuglement et quels instincts grossiers dans la majeure partie des Chrétiens? Quelle est la chose au monde plus digne d'être apprise, que la loi de Dieu , et quelle est celle qui est plus profondément oubliée? Quelle chose à la fois plus précieuse et moins estimée? Qui comprend la grandeur et l'étendue de l'obligation où nous sommes d'aimer et de servir notre Créateur? Qui connaît l'efficacité que les mystères de notre foi possèdent pour nous exciter à cet amour? qui conçoit la laideur et la malice du péché, au point de l'abhorrer par-dessus tout ce qu'on peut abhorrer sur la terre ? qui assiste au redoutable sacrifice de nos autels et aux autres offices divins avec le respect qu'ils méritent? qui sanctifie les jours de fête avec la dévotion et le recueillement qu'ils devraient nous inspirer? Nous vivons comme des hommes dont un charme aurait détruit les facultés, aveugles au milieu de tant de lumières, insensibles parmi des mystères aussi touchants, ingrats à l'égard de tant de bienfaits, nous roidissant contre tant de coups qui nous frappent , demeurant sourds à tant de voix qui nous avertissent, froids et glacés au milieu des célestes ardeurs et des éclats fulgurants de la charité divine ! Si nous savons quelque chose des commandements de Dieu et de la doctrine chrétienne, c'est pour notre àme un aliment sans goût , une chose à laquelle nous n'attachons ni sentiment ni pensée. On peut dire dès lors que nous savons les noms des choses , plutôt que nous n'en connaissons le fond , les titres des mystères chrétiens , et non ces mystères eux-mêmes.
li PROLOGl B 1»I. I M 1T.IR.
Parmi les remèdes qu'on peut indiquer pour guérir une telle ignorance, le premier, le principal sans nu] doute, c'est la lecture
lue «les liwvs qui renferment une doctrine saine et pure, dont - tuteurs oe se jettent pas dans des questions subtiles et eumais traitent <l»'s sujets utiles et salutaires. Les saints - nous recotiamandeni beaucoup de semblables lectures. Saint Jérôme écrivant à une vierge delà plus haute naissance, nommée Démétria . et d'une charité si grande qu'elle consacrait tout son patrimoine au soulagement des pauvres, lui conseille avant tout la lecture des bons livres. « Semez dans la bonne terre de votre cœur, lui dit-il, la parole de Dieu comme une heureuse semence, de t.-;:,- sorte que le Bruit se manifeste ensuite dans les œuvres de la vie. » Kt après un grand nombre d'autres instructions qu'il lui donne dans la même lettre , au moment de la terminer, il veut , dit-il , que la fin réponde au commencement , et il insiste de nouveau sur la nécessité des bonnes lectures. Sainte Paule, à qui sa tendre dévotion faisait pour ainsi dire verser des larmes continuelles, reçoit de lui le conseil de faire effort pour tempérer ces larmes , et cela de peur que sa vue ne s'affaiblisse et qu'elle ne se trouve ainsi dans l'impossibilité de vaquer à l'exercice de la lecture. Kn demandant à un ami quelques bons livres, le même saint lui donne pour raison de son désir, que la vraie nourriture de lame est de méditer la loi du Seigneur le jour et la nuit. Saint Bernard écrivant à sa meut, lui recommande instamment le même exercice . et se plaît à lui en énumérer les heureux effets fruits abondants.
Mais il y a quelque chose de plus frappant encore: c'est que l'apôtre saint Paul conseille à son disciple Timothée, que l'Espritt avait déjà rempli de ses grâces, de s'a ppliquer à la lecture des livres saints, en attendant que l'Apôtre se rende auprès de lui. Timothée avait appris les divines Ecritures déjà dès son enfance.