LTVRB PREMIER, I HAP1TRE VII
Quand la maladie esl arrivée à un certain degré, eUe-mêi 1
le médecin se chargent «le nous désillusionner el «le détruire en nous la dernière espérance de la vie. Quelles ne doivent pas être alors les angoisses qui s'emparenl de notre àme ! Aussitôt se présentent à notre espril , et ce départ précipité, et cette séparation violente de toutes les choses que nous avons aimées sur la terre. Des entants bieu-aimés, une épouse chérie, les amis, les parents, la fortune , les honneurs , les titres et les emplois , au moment de nous échapper avec la vie , se pressent en foule à nos regards. Viennent ensuite les accidents suprêmes, ceux qui se confondent en quelque sorie avec la mort elle-même , plus terribles encore (pie ceux dont il vient d'être parlé. Le froid de la mort gagne les extrémités, le visage se couvre d'une pâleur sépulcrale, la langue se refuse à remplir son devoir accoutumé , enfin, dans la précipitation de ce départ suprême, tous les membres et tous les sens sont dans l'agitation et le trouble. De telle sorte qu'en sortant de ce monde , l'homme expie les angoisses qu'il a fait éprouver aux autres en y entrant ; il souffre à la mort les douleurs que sa mère éprouva en lui donnant la vie. Etrange et terrible ressemblance <-ntre le commencement et la fin de notre pèlerinage ici-bas; mystérieuses douleurs qui semblent s'appeler et se répondre des deux extrémités de la carrière.
Lame effrayée se représente alors les horreurs de l'agonie, l'inévitable écueil où vient se briser son existence temporelle , les ténèbres de la tombe, la destinée qui attend le corps, qui va bientôt servir de pâture aux vers, et bien plus encore le sort incertain de lame elle-même , qui , du corps qu'elle habite , passera dans quelques instants à des régions inconnues. Vous vous imaginerez déjà que vous êtes en la présence de votre souverain Juge, et que tous vos péchés sont là pour vous accuser devant lui et pour lui demander justice contre vous-même. Vous verrez alors à découvert quelle était la grandeur du mal que vous commettiez avec tant de facilité ; vous maudirez cent fois le jour où vous avez péché , et le honteux plaisir qui fut la cause de vo'.re désordre. Vous serez pour vous-même un sujet d'étonnement et de stupeur; vous ne saurez comprendre comment pour des choses aussi
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futiles que celles dont L'amour vous a tellement possédé, vous ayi'z affronté des douleurs aussi grandes que celles dont vous commences alors à ressentir les atteintes. Le coupable plaisir est déjà passé depuis longtemps, vous voyez maintenant ce qu'il était ru réalité*
Ce qui de soi n'était que peu de chose et qui va tout h l'heure . r d'être, n'est désormais plus rien pour vous; et ce qui de soi est vraiment grand et s'offre maintenant à vous dans toute sa réalité , vous le voyez clairement et sans nuages. Pour des choses aussi vaines vous êtes au moment de perdre le plus grand des biens ; et , de quelque côté que vous tourniez vos regards , vous ne voyez plus autour de vous que des sujets de terreur et d'angoisse. Le temps de la vie s'est écoiûé sans retour, il ne vous reste plus un moment pour faire pénitence, vous touchez au terme de vos jours, ni les amis qui vous furent si chers, ni les idoles que vous avez adorées , ne peuvent plus vous être d'aucun secours ; bien au contraire, c'est ce que vous avez aimé le plus dans la vie, qui vous cause à la mort le plus cruel supplice. Ditesmoi donc, je vous le demande, au moment de cette crise suprême, quels seront vos sentiments ? Où se tournera votre pensée ? Que ferez-vous alors ? De qui vous réclamerez-vous ? Revenir en arrière , c'est une chose impossible ; se précipiter en avant , c'est précisément l'idée de cet avenir que vous ne pouvez tolérer ; demeurer immobile au même point , c'est ce qui ne vous est pas permis. Que ferez-vous donc , je vous le demande encore une fois?
« Alors, dit Dieu par la bouche de son Prophète, Amos, vm , 9 et 40 , le soleil se couchera pour les méchants au milieu même du jour, et je ferai que la terre pour eux se couvre de ténèbres quand le jour était encore dans tout son éclat. Je changerai leurs |.l. s en deuil, et de la fin de leur vie je ferai un jour de douleur et d'amertume. » Quelles paroles que celles-là , et combien elles sont terribles ! Alors , est-il dit , le soleil se couchera au milieu même du jour ; car à cette heure les méchants verront se dresser devant eux la multitude de leurs péchés , et sentant que la justice de Dieu les pousse avec une effrayante rapidité vers le terme