LIVRE PREMIER, CHAPITRE VII
Mile? quelle protection pourront-ils implorer? Les Larmes ne
sont |»liis là d'aucune utilité ; le repentir est hors de saison; les priera ne s<mt [dus entendues; les promesses de mieux faire à l'avenir sonl désormais impuissantes; le temps de la pénitence est passé pour toujours. Le dernier instant de la vie une fois expiré, l'homme n'est plus admise expier ses crimes. Moins encore pour-* rait-il appeler à son aide ses trésors, si noblesse . son crédit et sa puissance dans le monde, a Les richesses, dit le Sage, ne servent plus de rien au jour de la vengeance; alors la justice seule peut délivrer de la mort. » Kcrli. v, 1. Au milieu de tant d'angoisses, que pourra faire une âme infortunée si ce n'est de s'écrier avec le Prophète : a Les ombres de la mort m'ont enveloppé et les douleurs de l'enfer me cernent de toutes parts. » Psal. cxiv, 3. Misérahle que je suis, dans quel cercle funeste m'ont jeté les péchés dont je me rendis coupable! Ah ! comme cette heure fatale est tombée sur moi à l'improviste ! Avec quelle effrayante rapidité n'est-elle pas survenue ! Que me sont maintenant mes honneurs et mes dignités d'autrefois? Que peuvent désormais pour moi mes serviteurs et mes amis, mes trésors et mes terres? On va me donner six pieds de terre , avec un pauvre cercueil; c'est tout ce que je puis prétendre.
1 t ce qu'il y a de plus malheureux , c'est que mes richesses resteront ici-bas pour être dissipées par mes héritiers, tandis que les péchés dont je me rendis coupable dans l'injuste acquisition de ces funestes biens, me suivront dans l'autre monde, où seul j'aurai à les expier. A quoi me servent maintenant mes péchés passes et toutes les satisfactions que j'ai pu goûter dans le vice? Tous ces vains plaisirs n'existent plus désormais pour moi ; il n'en reste plus rien , si ce n'est les regrets et les remords dont ils ont été la source, épines cruelles qui transpercent aujourd'hui mon cœur et le déchireront à jamais. Comment ne me suis-je pas mieux préparé à cette dernière heure? Combien de fois ne m'en a-t-on pas averti , et pourquoi suis-je demeuré sourd à ces avertissements salutaires ? Insensé, j'ai eu la discipline en horreur, j'ai refusé d'obéir à la voix de mes maîtres, j'ai foulé aux pieds les sages enseignements qui m'étaient donnes! Vivant au sein de l'Eglise
et de mon peuple , je n'ai cessé d'y commettre toutes sortes de ptv!
Telles seront les angoisses, les plaintes, les pensées amères des méchants à L'heure de leur mort. Pour que vous os vous trouviez p i- dans eette atlVeuse situation , je vous conjure , mon frère , de recueillir ces trois choses de tout ce que nousavons dit jusqu'à ce moment . et de les nies graver dans votre mémoire : La première c'est la grandeur de la peine que vous causeront , à l'approche de la mort , les offenses que vous aurez commises contre Dieu. La seconde c'est l'ardent mais inutile désir que vous éprouverez alors de l'avoir fidèlement servi , afin qu'il vous fût propice à cette heure suprême. La troisième c'est la résolution où vous seriez d'embrasser toutes les pénitences possibles , si l'on vous donnait encore le temps de les pratiquer. C'est ainsi que vous vous déciderez à vivre actuellement comme vous désireriez alors avoir vécu.