CHAPITRE VIII
Le huitième motif par lequel l'homme est obligé à la pratique de la vertu, à savoir, le jugement dernier, qui est la seconde de nos dernières fins.
Immédiatement après la mort de chaque homme , vient son jugement particulier ; mais il est de plus un jugement universel où tous les hommes doivent comparaître, et c'est alors que s'accomplira cette parole de saint Paul : « Il faut que nous soyons tous manifestés au tribunal du Christ, afin que chacun rende compte du bien ou du mal qu'il aura fait dans les jours de sa vie mortelle. » II Corinth. v , 10. Et comme nous avons traité dans un autre ouvrage, le Livre de l'Oraison, des signes terribles qui doivent précéder ce jugement et des circonstances qui doivent l'accompagner, nous parlerons uniquement ici du compte rigoureux qui doit nous y être demandé de nous-mêmes , et des suites encore plus terribles de ce jugement dernier. L'homme verra là un nouveau motif d'entrer dans le sentier de la justice et de la vertu.
Ce qui frappe d'abord, à la pensée du jugement universel, ce qui frappait d'étonnement et de stupeur l'àme du saint homme