LIVRE PREMIER, CHAPITRE Mil. \U
mente ei les délices? Oh ! qu'ils on1 été rapides les plaisirs qui i ni engendré une si longue suite de misères! <> hommes également insensés ei malheureux! de quoi vous servent maintenanl vaincs distractions dont vous avez si peu joui, puisque vous voilà condamnes à des pleurs éternels? Que sont devenues vos richesses? Où Boni désormais vos trésors , vos coupables plaisirs et vos joies insensées ? Les sept années d'abondance sont passées, et les autres sept années de disette sont maintenant venues, qui dans un clin d'œil ont dévoré toute cette stérile abondance, sans quïl en reste plus ni trace ni souvenir. Votre gloire s'est évanouie , et votre félicité d'autrefois s'est engloutie dans cet abîme de douleurs. Vous en êtes arrivés à ce point de sécheresse et d'aridité que pas une goutte d'eau ne vous est désormais accordée pour apaiser la soif brûlante qui vous dévore. Non-seulement cette prospérité ne vous servira de rien , mais elle sera même l'une des choses qui vous causeront les plus cruels tourments. C'est alors que s'accomplira ce qui est écrit au livre de Job , xxiv , 20 : « Les délices des méchants n'auront engendré que des vers. » C'est alors , comme le dit saint Grégoire, que « la pensée de leurs plaisirs passés leur fera sentir avec plus de force l'amertume de leurs douleurs présentes , et qu'en songeant à la manière dont ils se sont vus autrefois et à ce qu'ils sont maintenant devenus , ce qui fut d'une si courte durée dans leur existence leur rendra plus intolérable ce qui doit éternellement durer. » Moral, xv, 26, et xvi, 31. Ils connaîtront alors avec une terrible évidence à quel point l'ennemi s'est joué de leur faiblesse , et revenus de leurs erreurs, mais trop tard , ils rediront alors ces paroles du livre de la Sagesse : « Malheureux que nous sommes 1 Nous voyons maintenant combien nous nous sommes égarés loin du chemin de la vérité ; la lumière de la justice n'a point guidé nos pas et le soleil de l'intelligence ne s'est pas levé sur nos têtes ! Nous avons marché comme des insensés dans les voies du crime et de la perdition ; nos sentiers ont été âpres et difficiles , et nous n'avons pas su garder cette voie droite que le Seigneur lui-même nous avait tracée. » Sap. v, G et seq. "Voilà quelles seront les plaintes que les réprouvés feront entendre, quel sera le repentir qu'ils éprouveront , à quelle sorte de péni-
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tence ils seront condamnés; pénitence inutile, puisque Le temps de mériter sera désormais passé sans retour.
Toutes ces choses, quand on les considère de près, sont bien fajtes pour nous reveiller de notre indifférence el nous stimuler
dans la pratique de la vertu. C'est le moyen dont se sert fréquemment pour cela le bienheureux saint Jean Chrysostome. Celte pensée réparait dans plusieurs passages de ses éloquentes homelies. Voici quelques-unes de ses expressions : « Si vous voulez travailler efficacement à faire de votre âme le temple et le séjour de la divinité, ne perdez jamais de vue le jour solennel et terrible où nous devrons tous paraître au tribunal du Christ pour y rendre raison de chacune de nos œuvres. Songez à la manière dont ce Maître suprême viendra juger les vivants et les morts. Voyez ce n« mbre infini d'anges qui viennent l'accompagner; et pensez que la voix du Christ, prononçant la sentence de l'univers , retentit déjà à vos oreilles. Voyez la séparation qui doit suivre cette sentence ; les uns sont précipités dans les ténèbres extérieures, les autres franchissent le seuil de la patrie céleste, pour aller recevoir la récompense que leur ont méritée les glorieux labeurs de la vertu. Ceux-là, comme les mauvaises herbes qu'on lie en faisceau , seront jetés au feu, livrés au ver qui ne meurt pas, aux larmes intarissables, à l'éternel grincement de dents. Puisque tel est le sort qui nous menace , comment ne nous écrierions-nous pas avec le Prophète des douleurs : « Qui donnera de l'eau à ma tête, à mes yeux une source de larmes, et je pleurerai nuit et jour... » Jerem. ix. I . Ah ! tandis qu'il en est temps encore, songeons à prévenir l'arrêt du Juge suprême par l'humble et sincère confession de nos pèches; car il est écrit: «Dans l'enfer , Seigneur, qui pourra se confesser à toi ! » Psalm. vi, G.
Une réflexion doit nous frapper ici : Dieu nous a donné deux yeux, deux oreilles, deux pieds el deux mains; de telle sorte que, si nous venons à perdre l'un de ces membres, nous puissions encore nous aider de l'autre. Mais il ne nous a donné qu'une âme ; . t si celle-là est condamnée à la mort, que nous restera-t-il pour être en état de posséder la vie glorieuse et immortelle? Ne négligeon sdonc rien pour sauver cette âme unique, puisque c'est elle