I.IVTtl' PIŒUIKR, CHAPITIŒ Mil
maux? Que feront-ils alors, et quelles pourront être leurs paroles'.' Combien ne s'aeeuseront-ils pas eux-mêmes? Quels ne seront pas leurs gémissements et leurs plaintes? Et tout cela en vain ; car les matelots sont inutiles quand le navire a sombré, et toute la science des médecins est superflue quand le malade a rendu le dernier soupir! Alors, mais trop tard, ils repasseront douloureusement la longue série de leurs égarements passés; ils s'écrieront dans leur douleur tardive : Yoilà ce qu'il nous eût fallu faire pour échapper à cetle fatale destinée; on nous en avertit bien souvent , et tous les avertissements sont demeurés inutiles. Les Juifs eux-mêmes connaîtront alors celui qui vint au nom du Seigneur; mais de quoi leur servira désormais cette connaissance , après qu'ils l'ont repoussée dans le temps où elle pouvait les sauver ? Que pourrons-nous donc alléguer , malheureux que nous sommes, dans ce jour où le ciel et la terre , le soleil et la lune, les jours et les nuits, toutes les créatures enfin qui composent cet univers élèveront la voix contre nous et rendront témoignage contre les désordres auxquels nous les avons fait servir, ou dont nous leur avons du moins présenté le spectacle? Et , alors même que les créatures garderaient le silence , notre conscience toute seule ne suffirait-elle pas pour nous accuser et nous condamner?
Toutes ces paroles sont à peu près extraites de saint Jean Chrysostome ; et rien ne saurait mieux nous montrer combien nous devons vivre chaque jour dans la crainte de ce jour suprême où nous devons rendre compte de notre vie. Saint Ambroise la portait constamment dans son cœur, lui néanmoins qui semblait devoir être si parfaitement rassuré par sa ferveur et sa vigilance ; voici dans quels termes enflammés il l'exprime, en un passage de son commentaire sur saint Luc : « Malheur à moi si je ne pleure pas mes péchés ! Malheur à moi si je ne me lève pas dans la nuit pour confesser et proclamer, Seigneur, la gloire de votre saint nom ! Malheur à moi si je ne dissipe pas les illusions de mes frères et si je ne fais pas briller à leurs yeux la lumière de la vérité ! La cognée est déjà à la racine de l'arbre. Que celui donc qui le peut encore dorme des fruits de grâce et de salut ; et que celui qui est
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redevable à la justice du Très-Haut donne des fruits de pénitence. Le Seigneur esi proche, il vient nous demander ces fruits dus à sa justice on à SOU a:nour; il donnera l'immortelle vie aux ouvriers conragenz et fidèles, il condamnera à une éternelle mort . viteurs négligents et stériles. »