LIVRE PREMIER, CHAPITRE IX. H
■•e qu'il veut <]iii'lt' prophète fasse de oe même soleil, s'il Le fera se pr.ripiter en avani ou revenir su arrière, lui faisant entendre ainsi que l'un ne lui est pas plus difficile que l'autre. Le prophète Hlie suspend à son gré et pour tout le temps qu'il juge convenable les ailées du eiel ; puis il les ramène et les t'ait éclater par la seule puissance de sa prière . III Ikij. xvu et xvm. Et ce n'est pas uniquement durant sa vie , c'est encore après sa mort, qu'il dispose d'un semblable pouvoir, eonime si la vertu d'en baut imprégnait encore ses tendres. Qui ne rend gloire à Dieu , en voyant les ossements d'Elisée ressusciter un mort que des voleurs ont jeté par hasard dans sa tombe? Qui ne reconnaîtrait également et ne proclamerait la puissance divine . aussi bien que sa munificence à l'égard des saints , en lisant dans les annales du christianisme que le jour anniversaire de la mort de saint Clément, martyr, la mer Couvrait dans un espace de trois milles , pour que les hommes eussent la faculté d'aller voir et de vénérer les ossements d'un généreux défenseur de la foi, immolé depuis longtemps par la rage des ennemis du nom chrétien.
Dieu a voulu qu'une fête solennelle fût célébrée dans toute l'Eglise en l'honneur de la chaîne portée par saint Pierre , pour montrer en quelle estime Dieu tient le corps des saints ; car il a suffi que les fers des prisonniers les aient touchés pour devenir , d'un objet infâme , un objet de vénération et d'honneur. Mais qu'est-ce que tout cela comparé à la merveilleuse puissance que le Seigneur a communiquée, non plus à la chaîne de l'Apôtre , ni à ses ossements, ni à son corps lui-même , mais bien à l'ombre de son corps, puisque du moment où elle passait sur les malades, elle leur rendait aussitôt la santé, comme le rapporte saint Luc dans les Actes des Apôtres ? 0 bonté admirable de notre Dieu ! Oh ! qu'il se montre ainsi l'Etre souverainement bon ! Oh ! qu'il sait magnifiquement honorer ceux qui s'efforcent d'être bons comme lui I 11 donne à un homme un privilège dont il n'a pas voulu jouir luimême. Nous ne lisons pas, en effet, que le Christ ait guéri les malades avec l'ombre seule de son corps , tandis que cela nous est raconté de saint Pierre. Mais si Dieu se plaît tant à honorer les saints , dans un temps même et dans un lieu qui sont destinés au
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travail et non à la récompense, (|ui pourrait exprimer ou même concevoir la gloire qu'il leur réserve dans cet éternel séjour où il se propose de leanonorer et de s'honorer lui-même dans ses fidèles serviteurs? Celui qui manifeste ainsi le désir et fait éclater de la Brie U' pouvoir de glorifier les saints, que nefera-t-il pas dans ut quand il laissera pleinement déborder sur eux son amour et B8 puissance?
Plusieurs traits empruntés à nos Livres saints nous font connaître encore comment Dieu sait récompenser les services qu'on lui rend. 11 ordonne au patriarche Abraham de lui sacrifier un fils uniquement aimé ; et quand ce tendre père est sur le point d'accomplir le redoutable sacrifice , Dieu lui commande de ne pas sacrifier son enfant, puisqu'il a déjà suffisamment manifesté sa générosité et son obéissance. Le Seigneur lui promet de plus, il jure par lui-même de lui donner par ce fils une postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et les grains de sable de la mer ; il s'engage enfin à faire naître de sa race celui qui doit être le Sauveur du monde , et qui sera en même temps le fils d'Abraham et le Fils de Dieu. Que vous semble-t-il d'une telle récompense? Elle est en vérité digne de Dieu; car Dieu doit toujours agir en Dieu; sa divinité doit éclater dans la manière dont il récompense la vertu comme dans celle dont il punit le vice ; il est semblable à luimême dans toutes les œuvres qu'il accomplit.
Une nuit David se prit à penser qu'il avait lui une magnifique demeure, tandis que l'arche du Seigneur était encore sous une tente, et aussitôt il prend la résolution de lui élever une demeure digne d'elle. Peu de jours après Dieu envoie un prophète pour lui dire : « Puisque tu as formé dans ton cœur le projet de m'élever une demeure, je te jure de fonder pour toi et tes descendants une maison impérissable , un royaume éternel, dont jamais je ne détournerai ma miséricorde. » Ainsi l'avait-il dit, ainsi l'aecomplitil; car jusqu'à L'avènement du Christ les descendants de David ne cessèrent de régner sur la maison d'Israël ; et le Christ lui-même, lie du sang de ce roi , doit régner dans les siècles des siècles. Or , si la gloire du paradis n'est autre chose qu'un paiement complet , une rétribution surabondante de tout ce que les saints ont fait
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pour Dieu, et si telle est bu outre la munificence de ee Maître suprême, commenl Berions»nbus en étal de nous former une idée, de nous retracer même une l'aiblc image de celte gloire céleste! Là &'abimen1 toutes mis pensées et se confondent tous nos sentiments.
Nous avons encore on moyen de nous élever à la considération de la béatitude éternelle . c?es( de ronger au prix que Dieu met à la gloire qu'il veut nous donner, lui néanmoins si riche et si libéral dansées récompenses. Après le péché* [tour nous rendre participants de cette gloire , il n'exige pas un moindre prix que le sang et la vie de son Fils unique. C'est donc parla mort d'un Dieu que L'homme participée La vie divine; o'e>t par les tristesses d'un Dieu que l'homme entre en possession delà divine allégresse; c'est parce que Dieu lui-même a été crucifié entre deux larrons, qu'il est donné à l'homme de prendre rang parmi les chœurs des anges. Maintenant dites-moi, s'il est possible de le dite, quel doit être ce bien qui n'a pu vous être accordé qu'à la condition qu'un Dieu suerait des gouttes de sang, qu'il serait chargé de liens, abreuvé d'outrages , meurtri de coups , couvert de crachats , honni, souffleté, mis en croix? Quel sera donc, en tenant toujours compte de la suprême munificence, l'équivalent d'un tel prix ? Celui qui saurait plonger dans de semblables abîmes , pourrait mieux de la sorte comprendre la grandeur de la gloire future , que par tous les autres moyens accessibles à l'imagination humaine.
Dieu nous demande encore quelque chose de plus, ce que l'on peut demander de plus fort à l'homme. C'est que nous prenions notre croix pour marcher à sa suite ; c'est que nous arrachions notre œil droit s'il est pour nous un sujet de scandale ; c'est que nous renoncions à notre père et à notre mère , à une créature quelconque, en un mot, si elle se met en travers de la volonté de Dieu. Et après que nous avons fait tout cela pour obéir à cette volonté sainte, le souverain rémunérateur nous assure encore qu'il nous fait un don gratuit en nous faisant entrer dans sa gloire. Yoici ce qu'il nous dit par la bouche du Prophète de Pathmos : « Je suis le principe et la fin de toutes choses ; je donnerai gratuitement à celui qui a soif l'eau de la vie éternelle. » Apoc. xxi, o.
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l'ouvez-vous concevoir, je vous ha demande encore, la grandeur efl le pril d'tia bien pour l'acquisition duquel Dieu demande tant à l'homme, d'un bien qui demeure cependant un don gratuit. après que l'homme sVsf imposé pour l'obtenir de si nombreux et de si grands sacrifices? Oui, ce dOQ «•>! grefoit à ne eoner que la valeur naturelle de nos oeuvres ; mais non si l'on fait attention au prix qui leur est communiqué par la grâce. Vous sivcz combien ce Maître suprême est magnifique et généreux dans les récompenses qu'il accorde ; vous n'ignorez pas non plus les bienfaits sans nombre qu'il se plait à répandre sur nous dès la vie présente. Or, si le ciel et la terre , toutes les créatures qui composent cet univers, sont indifféremment au service de tous les hommes, si les justes et les injustes jouissent en commun de tout ce que le monde renferme, qui nous dira les biens que la sagesse infinie tient en réserve pour les justes seuls? Celui qui répand de si précieux trésors sur ceux qui n'ont aucun droit à ses largesses, que ne donnera-t-il pas à ceux dont il s'est constitué le débiteur? Celui qui donne avec tant de libéralité, combien ne paierat-il pas avei- abondance? Comment saura récompenser celui qui donne de la sorte? Quand la bonté se manifeste ainsi, que ne doitelle pas être en s'unissant à la justice? Assurément la parole humaine est impuissante à exprimer la gloire qui sera départie aux serviteurs fidèles et reconnaissants, puisqu'elle ne saurait rendre les bienfaits accordés aux prévaricateurs et aux ingrats.
Ce qui peut encore relever en nous l'idée que nous devons nous former de cette gloire future, c'est la situation, c'est l'incalculable hauteur du lieu où cette gloire doit éclater. Ce lieu n'est autre que le ciel empyrée. Comme c'est là le plus grand de tous les cieux. celui qui embrasse et gouvernr tons les autres, il est aussi le plus noble de tons, le pins digin-, le plus riche et le plus beau. Il est appelé dans l'Ecriture « la terre des vivants, » Psalm. xxvi, t '.. par opposition à ce triste séjour que nous habitons et qui n'est en réalité que la terre des mourants. Mais , si dans cette demeure terrestre, vrai séjour de mort, qui ne semble habitée que par des