CHAPITRE X
De la quatrième fin dernière de l'homme, ou des "peines de l'enfer.
Il faut l'avouer, la moindre partie de cette récompense promise à la vertu suffirait à < mouvoir nos cœurs , à les faire entrer dans la voie qui conduit à cet heureux terme. Que sera-ce donc, si l'on ajoute à la grandeur de cette gloire que les justes doivent posséder , la grandeur des supplices qui sont réservés aux méchants? Aucun moyen, aucun espoir d'échapper à cette alternative; l'homme faible ne saurait se tranquilliser en se disant à lui-même: Après tout , si je ne suis pas heureux , j'en serai quitte pour ne pas jouir de la vision de Dieu; je n'aurai de la sorte ni peine ni bonheur, ni (bâtiment ni récompense. Non, il n'en est pas ainsi; forcément, de toute nécessité, nous aurons à subir l'un de ces deux sorts contraires : il faut que nous régnions éternellement