PROLOGUE DE L'AUTEUR. i'J
lui-même. Quoique la contrition soit un don spécial de la bonté divine, Dieu n'a coutume de l'accorder qu'à ceux qui s'y disposent de leur côté et qui font tout ce qui dépend d'eux pour l'obliiiir. Et comme à la contrition appartient le ferme propos de ne plus pécher, que c'en est même là une partie intégrante , comme en outre la rechute dans le péché , quand elle est prompte et facile , est ordinairement le signe d'un faible repentir , il importe que les enfants de l'Eglise connaissent les remèdes et les précautions qu'ils doivent prendre pour éviter la rechute. Ces moyens consistent surtout dans la fuite des occasions , l'exercice de la prière, la fréquentation des sacrements, la lecture des bons livres, la tempérance dans le boire et le manger , la vigilance enfin à exercer sur tous ses sens, spécialement sur la langue, instrument habituel de tant de fautes ; bien qu'il ne soit pas moins nécessaire de veiller sur ses yeux , par où la mort entre si souvent dans les âmes.
Mais il est un conseil qui semble encore plus important et plus nécessaire , c'est de repousser avec autant de promptitude que de vigueur les mauvaises pensées et les impressions dangereuses , employant à cela le souvenir de la passion du Sauveur , et les autres pieuses considérations appropriées à ce but. Prétendre , en effet* mener une vie vertueuse dans un monde aussi pervers , où se rencontrent à chaque pas tant d'occasions de pécher , revêtus que nous sommes d'ailleurs d'une chair corrompue et sans cesse inclinée vers le mal , entourés d'un si grand nombre de démons , quelquefois assaillis par des hommes qui nous font même une guerre plus cruelle , prétendre se maintenir dans le bien, au milieu de tant de luttes et de dangers , sans avoir recours à ces sages précautions en même temps qu'aux armes spirituelles, c'est vouloir monter au ciel sans échelle. C'est parce qu'on néglige ces moyens que nous voyons si peu d'hommes vivre sans commettre
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de péché mortel. Mais toutes ces choses, quel plus sur moyen de les apprendre el de les graver profondément dans notre pensée, que <!•' les Gré dans les livres où elles sont clairement et solidement erj
Kt quand il s*ai-it .le la saint.- coinmunion, le chrétien pourraitil puiser ailleurs des lumières plus abondantes sur la dignité du
remenl eth grandeur du bienfait , sur la souveraine Majesté Gehn qui se cache sous les voiles eucharistiques? Comment pourraitr-i] mieux se pénétrer de la nécessité où il est d'approcher de ces divins mystères avec un profond sentiment de crainte et de une conscience pure, avec une humilité absolue, s'alnmant pour ainsi dire dans son propre néant , à la vue du Maître de l'univers prêt à descendre dans l'étroite et pauvre demeure de son cœur, afin d'y répandre les trésors de la grâce, toutes les consolations et toutes les joies de l'âme? Communier I les dispositions voulues, c'est, selon l'expression de l'Apôtre, manger et boire sa propre condamnation. Et n'est-il pas à craindre qu'A n'en soit ainsi maintenant d'un grand nombre de personnes, puisque nous les voyons communier sans qu'il y ait jamais d'amendement notable dans leur vie?
Un devoir essentiel du chrétien, c'est encore la prière , devoir qui nous est si souvent et si instamment recommandé par les saintes Ecritures. Par la prière nous demandons à notre Seigneur qu'il nous vienne en aide dans toutes nos nécessités, soit corporelles soit spirituelles , innombrables, hélas ! les unes et les autres. Kt pour que notre prière soit efficace, ne faut-il pas savoir quelles sont les qualités dont elle doit être revêtue, les vertus qui doivent L'accompagner, et dont les principales sont, pour le dire en passant , l'attention . la dévotion , l'humilité , la persévérance , et par-deasuf tout une confiance pleine et entière, conformément à - tuveur : «Quoi que ce soit que vous demandiez